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Quand se permettait-il un court aboi

46. Cet extérieur si calme, si détaché, si philosophique de Zamore que cachait-il ?

CÔTÉ DES CHIENS

le plus complet écart avec le caractère apparent, physique et moral, de cette bête si sérieuse qu’elle en était presque triste ?

Eh quoi ! allez- vous dire que cet honnête Zamore avait des vices cachés : il était voleur? — Non. — Libertin? — Non. — Il aimait les cerises à l’eau-de-vie? — Non. — Il mordait? — Nullement. Zamore avait la passion de la danse ! C’était un artiste éperdu de chorégraphie.

Sa vocation lui fut révélée de la façon suivante: Un jour parut sur la place de Passy un âne grisâtre, à l’échine pelée, aux oreilles énervées, une de ces malheureuses bourriques de saltimbanque, que Decamps et Fouquet savaient si bien peindre ; deux paniers, en équilibre sur le chapelet écorché de son échine, contenaient une troupe de chiens savants déguisés en marquis, en troubadours, en Turcs, en bergères des Alpes ou en reines de Golconde, selon le sexe. L’impresario mit les chiens par terre, fit claquer son fouet, et tous les acteurs quittèrent subitement la ligne horizontale pour la ligne perpendiculaire, se transformant de quadrupèdes en bipèdes. Le fifre et le tambourin se mirent à jouer, et le ballet commença.

Zamore, qui flânait gravement par là, s’arrêta émerveillé du spectacle.^ Ces chiens habillés de couleurs voyantes,^

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