A la voir, qu’est-ce qu’on en aurait dit
Myrza, qui passe les trois quarts de son temps à dormir, dont, si on l’empaillait, la vie ne serait pas changée, et qui ne semble pas très spirituelle dans le commerce ordinaire, a cependant donné un jour une preuve d’intelligence telle, que nous n’en connaissons pas d’autre exemple. Bonnegrâce, l’auteur des portraits de Tchoumakoff et de M. E. H . . . , si remarqués aux expositions, nous avait apporté, pour en avoir notre avis, un de ces portraits peints à la manière de Pagnest, dont la couleur est si vraie et le relief si puissant. Quoique nous ayons vécu dans la plus profonde intimité avec les bêtes et que nous puissions citer cent traits ingénieux, rationnels, philosophiques, de chats, de chiens, d’oiseaux, nous devons avouer que le sens de l’art manque totalement aux animaux. Nous n’en avons jamais vu aucun s’apercevoir d’un tableau, et l’anecdote sur les oiseaux becquetant les raisins peints par Zeuxis nous paraissait controuvée. Ce qui distingue l’homme de la brute, c’est précisément le sens de l’art et de l’ornement. Aucun chien ne regarde une peinture et ne se met de boucles d’oreilles. Eh bien, Myrza, à la vue du portrait dressé contre le mur par Bonnegrâce, s’élança du tabouret sur lequel elle était roulée en boule, s’approcha de la toile et se mit à aboyer avec fureur, essayant de mordre cet inconnu qui s’était ainsi introduit dans la chambre. Sa