ACTE DEUXIEME
vous, VOUS avez taché de m'inspirer du mépris pour M. de Faverolles, à l'aide de mensonges, de calomnies.
VICTOR
On a pu m'induire moi-même en erreur !...
JEANNE
Qui?
VICTOR
Les uns et les autres. Les gens sont si bavards. Un surtout, un petit, qui tire à cinq, au cercle... Quand je le rencontrerai, celui-là...
JEANNE
N'essayez pas de me donner le change !
Voilà maintenant que vous prenez le parti de votre premier mari contre ntoi! C'est lui qui a eu tous les torts, qui vous a méconnue, trompée, délaissée... Ce n'est pas de la calomnie, c^la ; c'est officiel, judi- «Liire, imprimé dans les journaux. On ne divorce pa» jinur des prunes ! Et c'est à lui que vous élevez un piédestal I Quant au brave garçon, qui vous a donné son nom pour vous sortir d'une situation fausse, celui-là a tous les torts!
JEANNE
Vous me rendrez cette justice... c'est que je vous ai épousé par dépit, par lassitude, par obsession.
VICTOR
Dites tout de suite que je vous ai hypnotisée !...
JEANNE
Je vous dis que sans votre stratagème honteux, et que rien n'excuse, je ne serais pas votre femme aujourd'hui.
VICTOR
Stratagème que vous excuseriez si vous m'aimiez
H MENAGES PARISIENS
Alors, attendez que je vous aime !
VICTOR
Vous savez que j'ai retenu un appartement à l'hôtel d'Angleterre !
J'en suis fâchée, mais je n'irai pas.
VICTOR
Eh bien, soit, restons ici. Vous voyez... on fait tout ce que vous voulez !
JEANNE
Je vous demande la permission de m.e, retirer.
VICTOR
Je crois bien, nous allons rentrer... je vous consolerai.
JEANNE
Demandez une chambre, voulez-vous?
VICTOR
Mais nous en avons uae, le 146, vous l'avez oublié?
JEANNE
Non, mais je vous prie de demander une autre chambre pour vous.
VICTOR
Gomment, pour moi? Voj^ons, Jeanne, c'est une plaisanterie. Vous savez que nous sommes mariés.
JEANNE, à mi-voix.
Hélas I
VICTOR
Vous savez que je vous aime... j'ai mis assez de temps pour vous conquérir.