LE SOLDAT
Dêmyle; d'ailleurs, l'habitude de gronder, de maudire et de tourmenter sa femme est devenue le fond de son caractère, Tunique affaire de sa vie , et pour ainsi dire sa seule consolation au milieu de tant de soucis. Il lui faut un rude châtiment, et il n'y échappera pas. L'effet suit de près la menace; Dêmyle est appelé au tribunal, et s'entendant condamner, sans doute à quelque grosse amende, « Voilà,» s'écrie-t-il, « où vous amènent deux pages de l'écriture « d'un greffier, et une seule drachme consignée entre les « mains d'un juge ' ! » Nous ne croyons pas Dêmyle corrigé : s'il avait profité -de la leçon , ce serait lui-même , et non le greffier employé par sa femme, qu'il accuserait de son nouveau chagrin.
Il est un autre personnage que Ménandre a souvent reproduit dans ses pièces et qu'il a varié avec un grand art : le soldat fanfaron. Les matamores de notre ancien théâtre nous ont habitués à faire peu de cas de ce personnage et à le considérer comme un expédient convenu pour mettre de la gaîté, bonne ou mauvaise, dans les comédies qui en manqueraient sans lui. Ni le Pédant joué de Cyrano de Bergerac, ni le Brave de Baïf, ni Jodelet duelliste de Scarron, ni même l'Illusion de Corneille n'ont dû changer cette opinion. Même sur le théâtre Romain, ce personnage nous semble le moins heureux de tous. La verve folle et entraînante de Plaute a su le rendre prodi-
i Ménandre, Miaoyùv-r(;;VII; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 16G.
FANFAKON. 249
gieusement bouffon; la grâce poétique et les malices mesurées de Térence nous font oublier parfois qu'en lisant l'Eunuque, nous nous amusons moins de Thrason lui-même que de la courtisane et du parasite qui le jouent. Mais les plaisanteries excessives de l'un et les nuances trop adoucies de l'autre prouvent également que nul fanfaron vivant et vrai n'avait posé devant Térence ni devant Plante. Quand ils mettaient en scène des pères, des amoureux , des courtisanes , des parasites , leurs propres observations venaient s'ajouter à celles des poètes qu'ils imitaient , et ils mêlaient les mœurs Romaines aux mœurs Grecques de leurs modèles; mais de leur temps, le soldat fanfaron était le personnage le plus étranger, le plus inconnu, le moins naturel à Rome, où le courage était trop général pour n'être pas modeste, et où un faux brave n'aurait pu risquer le récit de ses victoires imaginaires, sans que les vraies victoires des soldats Romains ne vinssent à la fois démasquer ses mensonges et dépasser ses fictions !
La Grèce, au contraire, sous les successeurs d'Alexandre, avait perdu ses antiques vertus nationales, et ne connaissait plus guère, en fait de courage, que celui de ses maîtres et celui de ses menteurs. Le peuple ne voyait plus dans la guerre que la vie incertaine et la mort violente : « Servir dans les armées, » disait un personnage delà comédie de Ménandre appelée le Dépôt, « ce n'est pas « un métier qui enrichisse, c'est un métier qui nous fait
250 LE STRUTHIAS
« seulement vivre au jour le jour, et qui peut d'un jour « à l'autre nous laisser mourir de faim; car nous le savons « par expérience, les soldats n'ont pas d'avenir assuré l. » — « Tu n'es pas un homme, » écrivait Philémon : « tu « es un soldat, c'est-à-dire une victime nourrie pour le « sacrifice 2. » Aussi, ce n'était plus parmi les descendants indignes de Thémistocle et de Miltiade, mais parmi les barbares, Macédoniens ou Gala tes, que les rois Grecs d'Asie recrutaient leurs armées : à leur service, quoi qu'en ait dit Ménandre, enrôleurs et soldats s'enrichissaient promptement, et sans grande dépense de belles actions. Ils venaient apporter leur luxe de parvenus et leurs prétentions de gloire à Athènes, la cité des plaisirs faciles et des faciles auditeurs. Si leur bravoure était fausse, leur or était de bon aloi; et quand, parmi les oisifs de l'agora, ils n'avaient pas trouvé des dupes sincères, prêtes à croire de bonne volonté à dix géants tués et à deux montagnes aplanies, ils prenaient à leurs gages des parasites qui se faisaient de la crédulité une profession et un revenu, et dont l'admiration les flattait encore, bien qu'ils en connussent par avance la feinte et le prix. Vrais personnages de comédie, dont les diverses aventures et les ridicules apparents étaient bien faits pour attirer l'attention de Ménandre, et contribuèrent pour une large part à sa célébrité.
i Ménandre, tftapwtàraWjîCTi, II; Mein., Fr. Corn. Gr., IV. p. 183. 2 Philémon, fr. incert. LXIII, a; Mein., Fr. Com. Gr., IV, p. 55.
Dans cinq, an moins, des pièces de Ménandre dont nous avons quelques fragments , un des principaux rôles était celui du soldat fanfaron. C'est au Flatteur que Térence a emprunté le Thrason et le Gnathon de YEunuque i ; mais dans la pièce Grecque le soldat s'appelait Bias "•, et le parasite Struthias 3. Comme le titre l'indique assez, le sujet de la comédie était surtout l'adresse avec laquelle Struthias savait satisfaire et mettre à contribution le grossier orgueil de son patron. Bias se flattait d'être également invincible à la guerre et en amour, et aussi beau parleur que bon convive : ne l'eût-il pas dit, Struthias l'aurait deviné. .« Bias : En Cappadoce, Struthias, j'ai bu « trois fois une coupe qui contenait cinq setiers de vin, et « pleine à rase-bords ! — Struthias : Oh ! tu es un meilleur « buveur encore que le roi Alexandre. — Bias : Un aussi « bon buveur, oui , je l'avoue. — Struthias : Tu as fait là « quelque chose de grand * !... Et ton anecdote du « Cyprien qui me fait mourir de rire 5 !.. . N'as-tu pas aussi « possédé Chrysis, Corône, Anticyra, Ichas, enfin la petite « Nannium qui est si charmante 6 1 » Le jeune roi de Macé-
i Térence, Eunuch., Prol. 30 et sqq. :
Colax Menandri est ; in eâ est parasitus colax Et miles gloriosus : eas se non negat Personas transtulisse in Eunuchum suam.
s Plutarcb., De adulât, et amie, p. 57, a.
3 Athénée, X, sect. 44, p. 434, c.
4 Ménandre, KoXaÇ, I; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 15-2.
s Ménandre, K6Xa£, II; Mein., Fr. Com.Gr., IV, p. 153. — Cfr. Térence, Eunuch., III, I, 29-43, et III, II, 45.
e Ménandre, K6Xoc£, IV; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 154.
252 LE STRATOPHANE
doine avait vivement frappé les imaginations par ses exploits, dont l'histoire semblait si fabuleuse que les Grecs ne tenaient plus aucune conquête pour incroyable, si ce n'est les conquêtes mêmes dont Alexandre les avait rendus témoins. Aussi son nom servait-il souvent de point de comparaison, et comme d'autorité, aux héros subalternes qui se chargeaient du soin de leur propre glorification : Ne « suis-je pas un véritable Alexandre ? » disait Fun d'entre eux : « quand je cherche quelqu'un, ce quelqu'un se préce sente aussitôt comme de lui-même; s'il me faut aller « quelque part, que ce soit au delà des mers, eh bien ! « les mers me livrent passage !. » Mais le rôle d'un Stru-
i Méoandre, fr. incert. XXXIX; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 246. — Il est fait allusion, dans ce fragment, à l'expédition d'Alexandre en Pamphylie, dont Plutarque parle ainsi : « La facilité avec laquelle « il courut au long de la coste de Pamphylie, a donné occasion et « matière à plusieurs historiens d'amplifier les choses à merveilles, « jusques à dire que ce fut un exprès miracle de faveur divine que « cette plage de mer se soubmeit ainsi gracieusement à luy, veu « qu'elle a autrement tousjours accoustumé de tourmenter et tra- >< vailler fort asprement ceste coste-là, tellement que bien peu sou- « vent elle laissa à découvert les poinctes de roc, qui sont toutes « de reng assez drues le long du rivage, au-dessoubs des haults « rochers droits et couppez de la montagne. Et semble que Ménan- « der même en une sienne comédie tesmoigne cette miraculeuse « félicité, quand il dit en se jouant :
« Cecy me sent son grand heur d'Alexandre,
« Car si quelqu'un je cherche, il se vient rendre
* Incontinent devant moi de luy mesme.
« Si par la mer, qui maint homme fait blesme,
« Il me convient aucun lieu traverser,
« Je puis ainsi que sur terre y passer. »
(Plutarque, Vie d'Alexandre, XVII. Traduction d'Amyot, c. xxx.)
DE MENANDRE. 253
Ihias serait trop facile, s'il n'avait qu'à laisser parler le Bias dont les dieux lui ont accordé l'utile amitié. Il faut encore provoquer par des questions un récit déjà vingt fois entendu : c'est surtout dans les festins, et quand les auditeurs abondent, que le parasite doit ce secours à son patron; car, si le fanfaron se contente d'un confident, un seul admirateur ne lui suffit pas. «D'où te vient cette bles- « sure?» demande le compère. — «D'un javelot lancé avec « une courroie, » répond le charlatan guerrier. — « Et où « l'as-tu reçue, au nom des dieux? — A un assaut, pendant « que je montais à l'échelle pour escalader le mur. . . .Quoi ! « je parle sérieusement, et les voilà qui recommencent à « ricaner * ! » Car tous les auditeurs n'étaient pas complaisants, et le faux Hercule en rencontrait parfois qui distinguaient fort bien sa massue fragile et creuse de l'armé solide dont le lion de Némée avait senti le poids 2. Stratophane 3 s'entendait rappeler le temps où « il n'avait qu'une « mince chlamyde et un seul esclave 4; » on lui disait en face : « Aspect dur au dehors, mais cœur lâche au dedans 3. » Il était forcé de s'avouer que « ses manières d'étranger « et de soldat prêtaient aux moqueries 6. » Alors il se
i Ménandre, fr. incert. XXXVII; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 245.
2 Ménandre, WeuSïipaxXy-t;; Plularque, De adulât, et amie, p. 59, e.
3 C'était le nom d'un autre soldat fanfaron de Ménandre, dans la pièce intitulée Zixuwvioç. Plante le trouva expressif et appela Stratophane son soldat, dans le Truculentes.
* Ménandre, Ewwarewç, H; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 200. 1 Ménandre, Etxwâvioç, V; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p, 201. s Ménandre, £r/.vœvio;; I; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 200.
254 LE THRASONIDE
plaignait d'Athènes « où un étranger qui débarque est « aussitôt considéré comme ennemi et ne peut apporter « un mobilier, sans que quelqu'un lui vienne enlever « et confisquer tout1. » Mais son flatteur lui-même ne l'écoute plus, et commence à réfléchir tout haut sur le brave discrédité : « Il m'assassine. Ses festins ne font que « me maigrir. Ah ! quel habile homme et quel grand géné- « rai.... en paroles! Te maudit fanfaron M » Il ne reste plus au parasite qu'à quitter la robe noire ou brune de son état, pour prendre la robe blanche des fiancés, et pour aller célébrer ses noces 3 : il oubliera vite de quelle dupe lui viennent les richesses qui ont décidé ce mariage. Nous le soupçonnons même (ô dernière insulte!) d'épouser la jolie servante dont Stratophane s'était épris autrefois et qu'il avait achetée pour lui faire donner une éducation libérale 4. Stratophane est à plaindre, assurément.
Trouver des incrédules n'était cependant pas, dans les comédies de Ménandre, la plus grande mésaventure des soldats fanfarons ; il les a montrés encore plus mal accueillis par leurs maîtresses que par leurs auditeurs. Son amant détesté, qu'il avait nommé Thrasonide, était un de ces pé-
i Ménandre, 2iy»va>vioç, IV; Mein., Fr. Com. Gr., IV, p. 201.
2 Ménandre, fr. incert. XXXVIII; Mein., Fr. Com. Gr., IV, p. 246.
3 Pollux, IV, 119.
4 Cfr. Ménandre, Sixvoovioç, 111; Mein., Fr. Com. Gr., IV, p. 301: « ...Il acheta en place une charmante fille dont il était amoureux, et o il se garda bien de la donner à celle femme. Il l'a logée à part, et « la fait élever comme il convient à une personne de condition libre- »
DE MENANDKE. 253
dants militaires, ainsi que les nomme Addison j— qui ont
...toujours en bouche angles, lignes, fossés, Vedette, contrescarpe et travaux avancés,
ainsi que Ta dit Corneille 2, — qui « font voler les armées « comme des grues et tomber les murailles comme des « cartons, » ainsi que Ta dit Montesquieu3. Mais le mensonge réussit moins bien à Thrasonide qu'à Dorante. Il a beau dire : « J'ai servi sous Callas et sous Agallias, sous « Ménétas et sous Perdiccas, et depuis trois ans entiers, « de par Jupiter ! sous Cinesias ; j'ai aussi vaillamment « combattu à Chypre, car j'ai encore servi sous un des « rois de ce pays-là 4; » en vain même il ajouterait à la liste de ses généraux celle de ses richesses, comme le soldat des Pêcheurs : il peut dire, en enflant la voix : « Nous « sommes riches, démesurément riches : voici de l'or de « Cyndes, et des costumes Persans, et dans la maison, « citoyens, nous avons des étoffes de pourpre, des ou- « vrages faits au ciseau et au tour, des figures en relief, « de petites coupes, d'autres coupes où sont sculptés « des animaux fabuleux, à moitié boucs, à moitié cerfs, « et d'autres encore qui ont de grandes anses 5 ; » ni ses
i Dans le Spectutor.
- Dans le Menteur, acte 1er, scène vi. 3 Dans la 109e Lettre persane.
* Ménandre, Miaroupevoç, II; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 168, 169. s Ménandre/AXteîç, IV; Mein., Fr. Corn. Gr-, IV, p. 74.— On lit dans le texte :
ïïepffixai croXat 8'dxeïvai, îtopcpupaï, TOfeû^xata
evoov èai' , àvopeç, 7tOTY)pî8ia, TOpevfJUXTa....
250 LE THRASONIDB
trésors ni ses exploits ne l'embellissent aux yeux de celle dont il est amoureux ; car elle est d'avis que « jamais un « soldat n'a d'élégance, Jupiter lui-même essayât-il de le « façonner 1 ! » Pour comble de honte, c'est de sa propre captive que Thrasonide souffre ainsi les dédains : «Une « femme de rien, » dit-il, « une.petite servante m'a rendu « esclave, moi qu'aucun ennemi n'a jamais pu dompter2. « Elle est dans ma maison, elle est en mon pouvoir, je la « désire. ... et je me laisse refuser ce que je pourrais exiger « d'elle 3. » Aussi ne peut-il rester en place, même la nuit; il sort de sa maison et se met à marcher en long et
Comment croire que deux vers de suite finissaient par le même mol? Nous avions conjecturé que, dans l'un des deux, il fallait lire xofvsy(xaTa, lorsque nous avons trottvé dans Athénée (XI, sect. 17, p. 781, e) ces mots : MsvavSpoç Se ttou <pr,<n xai TroTYjpiov Topvewàv, xal Topôvxà. En recourant à la première édition de Ménandre par M. Meineke, nous y avons trouvé ce passage d'Athénée {fr. incert. CDXXXIV), et plusieurs exemples de topevtov et Topveûrov confondus; ce qui nous a semblé rendre notre conjecture assez probable, et nous avons traduit avec TopvevpiaTa.
i Ménandre, fr. incert. CXCII; Mein., Fr. Çcm. Gr., IV, p. 277.
2 Ménandre, Miaoujuvoç, III et IV; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 169. — Peut-être Jaques Grévin songeait-il à ce fragment, quand il écrivait dans sa comédie de la Trésorière :
Les escadrons et les cWbats
N'eurent oncque si grand'puissance
Que Monsieur n'y feit résistance :
Et maintenant une beauté
Triomphe de sa liberté.
Encor' vraiment la damoiselle,
Quand tout est dict, n'est pas si belle ....
(acte 111, se. h ; Théâtre de Jaques Grévin, p. 80, éd. de 1372).
3 Ménandre, Mi<j«v[xevoç, V; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 170.
DE MÉXAXJUŒ. 257
on large au milieu de l'obscurité; triste, car sa captive, l'entendant remuer dans la maison, vient de lui dire : « Pourquoi ne dors-tu pas ? tes promenades me rompent « la tête1; » — seul, car son serviteur Géta a peur de l'ombre et refuse de suivre Thrasonide au delà du seuil \ Pendant que le pauvre amant se désole, « 0 Apollon !» s'écrie Géta, « vis-tu jamais un homme plus malheureux que lui, « un amant plus contrarié dans ses vœux 8? » Thrasonide, en marchant, jette quelques paroles entrecoupées : puis il s'arrête devant son serviteur, et lui dit d'un ton de douloureuse envie : «Tu n'as jamais aimé, Géta? — Non, cer- « tes », répond celui-ci, « ayant toujours eu l'estomac « creux *. » Cependant le désespoir de Thrasonide va toujours croissant : il demande son épée, s'emporte contre l'esclave dévoué qui la lui refuse; puis, soudainement revenu de la fureur à l'abattement le plus tendre, il envoie des présents à celle qui le déteste, il la supplie et il pleure ; que ne peut-il se faire aimer? « S'il m'était donné », dit-il, « de voir mes souhaits ainsi exaucés, je reprendrais pos- « session de mon âme : car maintenant.... mais où trouer ver des dieux assez justes pour le permettre, ô Géta!5 » Enfin il se laisse aller un moment à l'espoir de fléchir la
i Ménandre, Miffou^evoçj X; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 172.
2 Arrien, Dissert. Epict. III, 26.
3 Ménandre, M-.cto-j^svo:, VI; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 170.
* Ménandre, Mtaoùpvo;, VIII ; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 170. 5 Ménandre, M!<jou[x£vo;, VII; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 170.