‹ MénandreChapitre 108 sur 212 · DE LUCIEN · texte numérisé non relu

DE LUCIEN

C'est une scène entre un parasite, un soldat fanfaron et une courtisane : Léontichus parle des ravages qu'il a faits dans l'armée des Gallo-Grecs : Chénidas l'excite par ses éloges et ses questions, si bien que la belle Hymnis se lève et déclare que Léontichus est trop cruel pour être son amant. Que faire? Il faut que Léontichus choisisse entre sa maîtresse et sa gloire. Avouera-t-il que les Gallo-Grecs sont peu à se plaindre de lui? ou soutiendra-t-il jusqu'à bout son personnage de matamore, malgré le dégoût d'Hymnis ? Il se décide enfin : « Va, » dit-il au parasite, « dis à Hymnis que j'ai beaucoup menti;... mais ne dis « pas que j'ai menti tout le temps. » Le dernier mot est très-comique, car le fanfaron reparaît dans l'amant. Mais Lucien n'a pu conserver au personnage de Ménandre toute son originalité : ce qui rend dramatique le rôle de Thrasonide, c'est qu'il est tour à tour ridicule par sa jactance, et intéressant par la passion qui humilie son orgueil. Combien d'art et de ménagements Ménandre ne dut-il pas employer pour que le même caractère pût à la fois expliquer la haine de la jeune captive, et se concilier par l'émotion la faveur des spectateurs !

Tous les soldats fanfarons de Ménandre n'étaient pas des amants aussi soumis et aussi respectueux que Thrasonide. Dans la comédie qui avait pour titre les Cheveux coupés ', Polémon s'emportait aux derniers excès de la

* Cfr. Agathias Scholast., Anthol. Pal, I, p. 147.

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