‹ MénandreChapitre 109 sur 212 · POLÉMON · texte numérisé non relu

POLÉMON

jalousie contre sa maîtresse qu'il soupçonnait d'infidélité : il l'accablait de reproches,, lui déchirait ses vêtements, et mettait le comble à ses outrages en la dépouillant de sa belle chevelure. Mais bientôt il se repent d'une telle violence; tout à l'heure il restait incrédule aux protestations de sa maîtresse : maintenant, il la voit honteuse et toute en larmes : il pleure lui-même, il se jette à genoux, il implore son pardon ' : « Malheureux que je suis ! » dit-il : a mauvais fanfaron et mauvais jaloux! Quelle femme j'ai « maltraitée2! » et c'était par ces alternatives d'emportement cruel et de tendres remords que se développait le caractère de Polémon : car c'est un sujet également inépuisable pour tous les genres de l'art dramatique, qu'une lutte engagée entre des habitudes grossières, une nature emportée, et la passion qui tour à tour affermit les âmes les plus lâches et amollit les cœurs les plus durs.

i Philostral., Épist. XXVI; Ed. Boissonade, p. 1 1 . — Cfr. quoque Philostral., Epist. 6i, p. 38.

s Ménandre, nepwteipojiéviq, lVetV; Mein., Fr. Corn. Gr., IV. p. 186.

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