CHAPITRE VIII
En traduisant les fragments de Ménandre que nous avons cités, nous nous sommes efforcés de ne rien changer à ses pensées : nous n'espérons pas avoir rendu le charme de son style. L'atticisme est comme un de ces fruits dorés qui ressemblent à des fleurs, — tant leurs couleurs sont vives et délicates !— et qu'on ne peut toucher sans les flétrir. Plutarque , dans sa comparaison d'Aristophane et de Ménandre, a comparé le style de ces deux poètes , et quelque injuste que nous semble la sentence qu'il porte contre le premier, nous sommes frappés de ses observations. « Chez « Aristophane, » dit-il, «le choix et l'arrangement des mots « est tantôt tragique, tantôt comique, fastueux ou terre à « terre, obscur et commun, enflé et prétentieux, mêlé de « bavardage et de futilités qui donnent la nausée. Ce style « qui a tant d'incohérence et d'inégalité ne prête pas à « chaque personnage le ton qui lui convient et lui est