‹ MénandreChapitre 138 sur 212 · SELON LES GRAMMAIRIENS. J · texte numérisé non relu

SELON LES GRAMMAIRIENS. J

« dre ', » Pour se permettre une indulgence si hautaine envers un poëte fameux, et pour lui attribuer ainsi, comme par grâce spéciale et de leur autorité propre, le monopole du style négligé, quels titres avaient donc ces rhéteurs ? Aucun autre que celui dont notre Régnier a fait justice :

Un savoir qui s'étend seulement A regralter un mot douteux au jugement.

Les hommes qui n'ont jamais étudié de l'art d'écrire que | ses raffinements et ses difficultés, ne savent guère com- | prendre les franchises du génie, ni pardonner quelques I écarts au libre essor de l'inspiration.

Peut-on défendre ainsi, tour à tour, contre Plutarquele style d'Aristophane, contre Julius Pollux le style de Ménandre, et, de deux écrivains si contraires, peut-on également dire qu'ils furent attiques? Non, sans doute, si l'atticisme réside uniquement dans la pureté du dialecte : car, à ce compte, les grammairiens que nous venons de citer auraient raison contre Ménandre et contre nous. Non, d'autre part, si l'atticisme a toujours et tout entier résidé dans les qualités auxquelles notre langue réserve en général ce nom, c'est-à-dire la grâce et la délicatesse

i Sur le mot jjiôvaoç. On trouve bien dans Aristophane, qui est fort attique, ypaùv \h3vorp (Arist., Nub., 555); mais les scrupuleux ne disaient yiOuao; et [xôôugy] que des femmes, et le crime de Ménandre était d'avoir appliqué cet adjectif à un homme, au lieu de ^eôùcov

j ou tJ.sôua-Tiy.6;, qui étaient d'usage (Cfr. Thom. Magistr., p. G02, éd.

I Bernard, Lugd. Bat., 1757).

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