‹ MénandreChapitre 141 sur 212 · Ô0 DE L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

Ô0 DE L'HISTOIRE

« rugissant1?» Cette révolution dans la prose attique, ce vent de guerre et de feu qui enveloppe la tribune auxharangues, on ne comprendrait pas que la poésie attique y eut échappé ; et si quelque genre de poésie a dû s'en ressentir plus singulièrement et avant tout autre, c'est à coup sûr la comédie. Aussi bien, la comédie ancienne tout entière appartient-elle à cet atticisme si différent de celui de Périclès. Libre organe d'une société démocratique, elle fut, naturellement et dès l'origine, belliqueuse et passionnée, au milieu des autres arts majestueux et sobres. Quand on lit ce qui reste des poètes comiques contemporains de Périclès, et qu'on songe à Périclès lui-même et à son genre d'éloquence, on croit voir passer, à travers les profondeurs limpides d'un lac Léman qui ne peut arrêter le fleuve, le courant impétueux i et moins chaste d'un Rhône qui ne se mêle pas au lac. L'ancienne comédie Athénienne, c'est l'atticisme sans frein et admettant le cynisme, mots qui jurent, et toutefois rigoureusement vrais.— Mais après Périclès, pour être au ton de la génération nouvelle , si la comédie n'avait qu'à se continuer dans le même esprit, la ragédie avait à changer sa voix , et elle se renouvela , en

i Pline le Jeune, II, m, 10.

2 Ainsi parlait de lui-même le vieux Cratinus, dans sa comédie de la Bouteille : « 0 roi Apollon! quel flot devers! Ce sont des « cascades qui bondissent : sa bouche est une source à douze jets; « il a l'Ilissus dans le gosier. Que te dirai-je? Si quelqu'un ne lui « ferme pas la bouche, il inondera de poésie la place entière. » (Ilutivn, fr. VII ; Mein., Fr. Corn. Gr., II, p. 119.)

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