ET DU STYLE DE PHILÉMON
« la mort. Elle saura quel homme je suis. » Philémon ne se permettait pas, ou plutôt ne savait pas employer ces demi-silences éloquents et ces brusques soubresauts. Tout dans son style se suivait et s'enchaînait strictement selon les règles de la grammaire et de la dialectique. Au milieu de l'action comique, il déroulait à son aise de longues périodes de raisonnements : ainsi : « L'homme juste, » disait-il, « n'est pas seulement un homme qui ne com* \ « met pas d'injustices, mais encore un homme qui pom> « rait en commettre et ne le veut pas ; non-seulement un « homme qui ne dérobe pas de petites choses, mais encore « un homme qui pourrait dérober de grands biens et les « garder impunément, et qui a la force de ne le pas faire; « non-seulement un homme qui observe toutes ces règles, « mais encore un homme dont la nature est sans fraude « et de bon aloi, et qui veut non-seulement paraître, mais « être juste 1. » On sent là l'auteur qui suit le courant de son propre esprit et qui oublie, pendant ce temps, ses personnages. Aussi les comédies de Philémon brillaientelles plus à la lecture, tandis que celles de Ménandre gagnaient, au mouvement de la scène et au jeu des acteurs, une animation et un intérêt que la simple lecture ne faisait pas assez ressortir 2.
Par là Ménandre avait rapproché son style de la réalité et de la prose. Ce n'était pas une réforme qui dût étonner
i Philémon, fr. iuc. X ; Mein, Fr. Corn. Gr., IV, p. 37. 2 Démétrius, loc cit.
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ses auditeurs. La comédie eu véritable prose n'était même pas inconnue aux Grecs : Asopodore de Phlionte, peu après la naissance de l'art dramatique, et Ion de Chios, du temps de Périclès, en avaient donné des exemples souvent cités1. Mais c'était surtout Euripide qui avait habitué les Athéniens à entendre tous les personnages parler sur la scène le langage familier. Il avait ôté aux caractères cette apparence idéale qu'Eschyle faisait consister dans la grandeur, et Sophocle dans la noblesse; il avait donné à tous ses héros plus de faiblesses humaines et une personnalité plus marquée : il avait dû en même temps ramener le ton poétique de la tragédie au niveau du langage de tous les jours. Il est bien loin, cependant, de l'avoir abaissé jusqu'à la trivialité des locutions populaires, comme Aristophane aurait voulu le faire croire2. Pour descendre si bas, Euripide était à la fois trop poète par nature, trop philosophe et trop rhéteur par l'éducation. Il n'éleva plus ses personnages au-dessus de l'humanité, mais il ne les confondit pas avec les derniers rangs de la société : il exprima les passions et les pensées tragiques dans le langage ordinaire des hommes cultivés et polis de son temps. Ainsi fit Ménandre, admirateur fervent et studieux imitateur d'Euripide 3. Les changements que l'un
1 Alliénée, X, scct. G3, p. iib, bj Suidas, in A'.Ou^aaêoo'.oa^/.a/.o'., de loue Cliio.
2 Aristophane, fragm. ap. Schol. Ptaloiris Ciarkianum, p. 330, cil. Bekkeri; Mein., Fr. Corn. GY., !I, p. I] i-\
s Quînlilien, X, l.
avait faits dans la tragédie, l'autre les accomplit dans la comédie. Ménandre ne créa plus, comme Aristophane, des personnages plus grands que nature : il ne mit sur la scène que des hommes mesurés à la taille de ses contemporains; en même temps qu'il rejetait les mots grossiers et burlesques que la licence démocratique avait introduits dans la comédie ancienne, Ménandre en abandonna aussi le ton lyrique que les chœurs y avaient d'abord maintenu, et que la multiplicité des parodies avait en partie perpétué jusque dans la comédie moyenne. Euripide avait tout soumis, passions et pensées, à une analyse rigoureuse et fine qui remplissait ses tragédies de sentences : Ménandre lui emprunta son mode d'observation, souvent même plus d'une sentence toute faite ' . Mais Euripide, en métamorphosant la tragédie , avait fait plus que préparer à la comédie une langue voisine de la réalité et un vaste trésor de sentences morales : il avait accompli dans l'art dramatique une révolution radicale,, dont le succès de Ménandre ne fut presque que le couronnement.
Appartenant à un temps où tout était en question et où la critique envahissait tous les genres, Euripide la porta hardiment dans la tragédie, qu'il rendit ainsi agressive et polémique, comme nous l'avons déjà dit. C'est par cette raison qu'il aurait pu répondre aux reproches dont Aristophane le poursuivait : car en mettant sur la scène des
1 Cfr. Meiii., Ft\ Corn. Gr.t IV, p. 705-709.
passions et des vices que ses grands prédécesseurs, Eschyle et Sophocle, avaient toujours évités, Euripide n'avait pas imprudemment exposé aux yeux des Athéniens des exemples immoraux, pas plus que Molière ne peut être accusé d'avoir répandu l'hypocrisie en peignant Tartufe. Dans Euripide comme dans Molière, à côté des mauvais instincts de Fhomme représentés avec l'ardeur qui leur est propre et qui leur donne, dans la réalité, tant et de si dangereux avantages sur le bien, moins entraînant, il y a toujours la critique vive et profonde de ces vices et de ces passions, faite tour à tour par les agitations mêmes qu'ils excitent ou par les catastrophes qu'ils amènent, plus souvent encore par les paroles des divers personnages, interprètes du poëte qui juge, blâme et attaque en même temps qu'il reproduit et colore tous les défauts humains. Là est la moralité des pièces d'Euripide, et Aristophane, en la méconnaissant, ne se souvenait pas de lui-même. Lui-même, en effet, faisait-il autre chose que combattre les désordres et les ridicules de la vie publique, avec cette même arme qu'Euripide tournait contre les désordres cachés et douloureux de l'âme?
Mais par là Euripide avait confondu les genres. En introduisant la polémique dans la tragédie, il y avait introduit la comédie même, sous toutes ses formes et avec toutes ses libertés. La comédie de son temps est la satire appliquée aux affaires publiques ? Les affaires publiques auront
SUR LA COMÉDIE. SQ'i
aussi place dans la tragédie d'Euripide1. Sous un voile transparent, il attaque Cléophon, le ïhraee qui est venu se faire démagogue à Athènes 2. Il attaque « l'anarchie des « matelots 3; » et que lui importeraient les matelots de l'Aulide ? Ce sont ceux du Pirée qu'il accuse d'être turbulents. Il aime la population laborieuse des campagnes, « véritable et seul soutien du pays *, » ces hommes simples et tranquilles en l'honneur de qui Aristophane avait fait les Acharniens, « bons administrateurs de leurs maisons et de leur patrie 8 ; » tandis qu'il ne voit dans les villes que « corps sans âmes, statues creuses qui décorent inutilement l'Agora. » La flotte Athénienne part pour l'expédition de Sicile, et les Dioscures terminent YElectre en disant qu'ils vont « en hâte vers la mer de Sicile afin de « protéger les proues des navires plongées dans les flots 6. » Enfin, ne croirait-on pas lire une belle parabase d'Aristophane, quand Euripide, dans les Suppliantes, fait sa profession de foi politique en ces mots : « Il y a trois classes « de citoyens : les uns sont riches, inutiles , et convoitent
1 On a remarqué aussi dans Eschyle quelques allusions aux affaires publiques de son temps, mais elles sont bien plus rares que dans Euripide, et surtout elles n'ont rien de polémique ni de comique.
2 Euripide, Oreste, 904 et sqq.
3 Euripide, Hécube, 606-608; Iphigénie en Aultde, 914.
4 Euripide, Oreste, 920.
s Euripide, Electre, 386-388.
e Euripide, Electre, 1347.
« toujours de plus grandes richesses ; les autres ne possé- « dant rien, et manquant du nécessaire, violents et s'aban- « donnant pour la plupart à l'envie, déçus par les langues « de conseillers corrompus , lancent contre ceux qui pos- « sèdent des traits méchants. C'est la classe moyenne qui « fait le salut des États, en y maintenant l'ordre établi1. » — La comédie s'occupe de critique littéraire ? Euripide, sur la scène tragique même, critiquera les tragédies d'Eschyle. L'Étéocle des Phéniciennes i reproche à l'Étéocle des sept Chefs devant Thèbes sa longue description des guerriers qui sont sous les murs de la ville et dont il faudrait repousser plutôt que raconter les armes ; l'Electre nouvelle 3 raille l'Electre antique d'avoir prétendu reconnaître à la couleur d'une boucle de cheveux son frère qu'elle n'a pas vu depuis son enfance. — La comédie moyenne, qui est encore à naître, aimera les énigmes? Euripide , en ce goût singulier , la devance et fait une énigme du nom de Thésée; laissant à ses auditeurs le plaisir subtil de deviner lettre après lettre , il met dans la bouche d'un pâtre ignorant cette minutieuse et obscure description du mot Grec 0H2EY2: « Le premier signe est « un rond qui semble fait au tour : au milieu du rond « est une barre distincte. Le second signe est composé de
1 Euripide, les Suppliantes, 238-245.
4 Euripide, les Phéniciennes, loi ; cfr. Eschyle, les sept Chefs, devant Thèbes, 360-661.
3 Euripide, Electre, 527 et sqq.; cfr. Eschyle, Us Choè'phores, 16o et sqq.
« deux traits, qu'un autre trait réunit par le milieu. Le « troisième signe est comme un cheveu qui se tord. Le « quatrième, c'est une ligne verticale à laquelle trois lignes « horizontales se rattachent. Le cinquième est difficile à « expliquer : ce sont deux branches dont le sommet « s'écarte, mais dont l'extrémité inférieure se rejoint dans « un même tronc. Le dernier signe est semblable au troi- « sième *. » — La comédie moyenne fera servir l'histoire des dieux à la satire des hommes ? Euripide inaugure cette nouveauté, dans le drame satirique , étranger avant lui 2 et par lui ouvert aux remarques moqueuses sur les mœurs des contemporains : ici, c'est une tirade contre la folle admiration des Grecs pour les athlètes, combattants de parade, ce esclaves de leurs mâchoires et vaincus par a leur estomac , qui sont beaux pendant leur jeunesse, « mais qui s'en vont en vieillissant comme des manteaux « dont le fil s'use 3 ; » là ce sont des malices, comme les aimait Antiphane , sur les courtisanes Corinthiennes : « Celle-ci te suivra si tu lui amènes un poulain ; celle-là, « si tu lui en donnes deux ; cette autre n'ira habiter avec
i Euripide, Thésée, fragm. III ; Fragm. Eurip., p. 711 (éd. Wagner, ap. Didot). Cette énigme a été reproduite aussi dans des tragédies, par deux poètes, dont l'un, Agathon, était contemporain d'Euripide, mais plus jeune que lui, et dont l'autre, Théodecte, florissait sous le règne de Philippe (Agathon, Télèphe; Théodecte, Thésée; Fragm. tragic. Grœc, p. 57 et p. 116, éd. Wagner, ap. Didot).
8 Voir chap. V, p. 214, note 1.
3 Euripide, Autolycus, I; Wagner, Fr. Enrip., p. 681.
« toi que si elle obtient un attelage de quatre chevaux « d'argent ; elles aiment aussi les vierges d'Athènes, quand « on leur en apporte beaucoup 1 ; » or , ces vierges , ces chevaux sont les images empreintes sur les monnaies d'Athènes et de Corinthe. Qu'est-il donc advenu au drame satirique, pour que, contrairement à ses règles premières, il sorte ainsi de la mythologie et s'occupe des athlètes et des courtisanes? surtout pour qu'il aille, comme il le fit un peu plus tard, jusqu'aux attaques directes et personnelles contre des philosophes et un général 2 ? Rien n'est advenu, si ce n'est qu'Euripide, de sa main robuste et facile, s'est emparé à la fois de tous les genres de l'art dramatique, les a remaniés et fondus tous ensemble , et a porté tour à tour la comédie humaine dans le drame satirique et dans la tragédie, là où il n'y avait, avant lui, que des dieux en gaîté ou des héros en pleurs.
Mais de tous les genres de la comédie Athénienne, celui dont Euripide se rapproche le plus, ce n'est ni la comédie de son temps, celle d'Aristophane, ni celle du temps qui suivit, celle d'Antiphane et d'Eubulus : c'est la comédie encore lointaine et non prévue de Ménandre et de Philémon. Ici, les points de comparaison abondent, et nous
i Euripide, Sciron, II; Wagner, Fr. Eurip., p. 782.
2 Nous avons déjà cité (chap. II, p. 79) le fragment du drame satirique de Python, relatif à Harpalus. De même, Sosithée raillait le stoïcien Cléanthe, et Lycophron dirigeait tout un drame satirique contre Ménédème, celui qui fonda l'école philosophique d'Érétrie (Wagner, Fr. trag. Gr., p. 149 et p. 153).
craignons plutôt d'en omettre que de les exagérer. Au fond, et malgré les noms traditionnels que ces personnages portent encore, Euripide ne met plus vraiment en scène les personnages de la tradition, élite fabuleuse des premiers Grecs : sous leur nom et dans le cadre de leurs aventures, il peint la vie privée telle qu'il la voit autour de lui, les passions de chacun, « ces affaires de la maison qui « nous sont familières à tous1, » comme le disait Aristophane, qui croyait lui faire un reproche, ces intérêts, ces sentiments quotidiens et éternels qui sont la véritable histoire de l'âme,tandis que les grandes aventures et les grands sentiments n'en sont que le roman passager. C'est là le sujet même de la comédie nouvelle, et la raison simple de toutes les singularités qu'on a remarquées dans les tragédies d'Euripide. Ainsi s'expliquent et une Electre mariée à un paysan et qui lui reproche d'inviter soudainement à sa table des étrangers, quand elle n'a rien de prêt pour le repas *, et une Médée qui déplore le malheur des femmes, obligées d'être riches pour s'acheter par leur dot un mari qui sera leur maître 3, et une Hermione qui conseille à tous les hommes prudents de pas souffrir que leurs maisons soient ouvertes ni que leurs femmes prêtent l'oreille aux femmes du dehors, habiles maîtresses de vices, qui, soit par instinct débauché, soit à prix d'argent, soit pour pré-
1 Aristoph., les Grenouilles, 959.
2 Euripide, Electre, 404-425.
3 Euripide, Médée, 230-247.
388 DE L'INFLUENCE D'EUKlPLDE
parer à leurs propres fautes des complices et des excuses, vont détruisant l'honneur conjugal1. Cette importance même des femmes, cette étude tour à tour complaisante et acharnée de leur nature compliquée et de leurs devoirs, cette préoccupation constante du mariage 2 sont autant de traits remarquables de la comédie nouvelle que nous retrouvons dans Euripide. Bien plus : si le temps avait aussi impitoyablement mutilé les deux poètes, s'il ne restait de tous les deux que les fragments cités çà et là par les autres
i Euripide, Andromcque, 930-953.
2 Entre autres passages, voir un fragment sur les vieillards qui se marient ; Wagner, Fr. Eurip., p. 695.— On trouverait aussi bien des vers à rapprocher de ceux de Ménandre et de Philémon que nous nous avons cités, sur les riches et les pauvres (cfr. Wagner, Fr. Eurip. , p. 693). Quand Ménandre disait, par exemple : « J'aurais « honte, pour ma part, de faire des présents à un ami riche, car je « passerais pour fou ou mes dons sembleraient des demandes, » il ne faisait, sauf deux mots, que copiei*Euripide (Wagner, Fr. Eurip., p. 676). Traduisons encore ce plaidoyer d'un Harpagon cynique en faveur de l'or : « Peu m'importe d'être mal famé, pourvu que je « sois riche. On demande toujours : Cet homme est-il riche? et non : « Est-il vertueux? ni : D'où lui viennent ces richesses? mais : Com- « bien sont-elles grandes? On est selon ce qu'on a. Est-il rien qu'il « soit honteux de posséder, si ce n'est le rien lui-même? C'est bien « mourir que de s'enrichir en mourant. 0 or! le plus agréable à « recevoir de tous les hôtes ! Ni mère, ni père, ni lils ne donnent « aux hommes un bonheur égal aux voluptés de ceux qui te tiennent « dans leur maison ! Si Vénus porte vraiment ton éclat dans les « yeux, il n'est pas étonnant qu'elle enfante les amours par mil- « liers. » (Wagner, Fr. Eurip., p. 684.) La tragédie, si peu soucieuse, jusqu'à Euripide, de la question d'argent, comme on dit aujourd'hui, semble ici une autre Danaë, que les richesses corruptrices seraient venues chercher dans sa pudique retraite.
auteurs, ces fragments comparés suffiraient encore, sans le secours des pièces entières d'Euripide, à prouver sa parenté avec Ménandre. L'amour surtout, dont Ménandre était le poëte favori et l'initié, selon Plutarque, apparaît à chaque instant dans les débris des tragédies perdues d'Euripide ; et lorsque nous l'y voyons décrit sur ce ton de satire piquante : « L'amour est chose paresseuse et qui « porte à la paresse ; il aime les miroirs et les couleurs « qui rendent les cheveux blonds ; il fuit le travail, et j'en « ai une preuve : c'est que jamais mendiant ne fut amou- « reux, tandis que l'amour est tout-puissant parmi les « riches S » ne pourrait-on pas aisément se tromper et se demander avec doute, à l'égal honneur de l'un et de l'autre, qui, d'Euripide et de Ménandre, savait observer et railler si délicatement ?
Ainsi, le plus tragique4 des trois grands poètes qui honorent immortellement la tragédie Grecque, celui qui a le mieux su émouvoir la pitié, est aussi, par une action indirecte mais visible, le premier en date, et non le moindre en fait, des poètes qui ont contribué à créer en Grèce la comédie de la vie privée et des moralistes réfléchis; et comme, en faisant un seul genre des deux genres de l'art dramatique, il avait réussi sans conteste, Ménandre n'eut pas de peine à imiter cette heureuse confusion et, parti
i Wagner, Fr. Eurip., p. 692.
2 Arislote, Poétique, XIII, 10:6 E-JpiTuSr,:.... Tpay-xto-arô? ye twv 7ro*.r,Tc5v çaîvsTai.
370 EUKIPIDE ET MÉN ANDRE.
d'un autre point, à atteindre le même but. La satire animée et pénétrante des sentiments, des vices et des ridicules humains, voilà, dans Euripide, les antécédents de Ménandre. L'émotion profonde, le regard sérieux allant d'un homme à l'autre et de misères en misères, les plaintes qui éclatent et l'éloquence des conseils, voilà, dans Ménandre, l'héritage d'Euripide; et peut-être, si nous lui lisions ce que nous venons d'écrire, — peut-être le vieux serviteur de la cour du Danemark, le subtil et pédant interlocuteur de Hamlet, Polonius qui distinguait si bien sur un théâtre les drames avec unités des poèmes sans règles et la pastorale historique de l'histoire pastorale1, nous conseillerait-il ici de nous résumer à sa manière, en appelant, par exemple, tragédie comique YAlceste d'Euripide, et comédie tragique Y Héautontimormnenos de Ménandre : tant les deux poètes sont voisins !
1 Shakspeare, Hamlet, acte II, se. II.