CHAPITRE IX
La dernière métamorphose de la tragédie n'avait pas seule agi sur l'esprit et sur les œuvres de Ménandre. Un écrivain si occupé de bien connaître et de bien peindre l'homme, ne pouvait être resté étranger aux progrès de la philosophie Grecque. Le yv£6i seauTov de Socrate, en donnant la psychologie pour base à la philosophie, et, pour base à la psychologie elle-même , l'observation personnelle, avait à jamais fondé la science de l'âme humaine. Mais la connaissance de soi-même ne suffi pas, et Ménandre avait raison de vouloir que le connais-toi toi-même fût complété par le connais les autres1. Il ne faisait là que répéter l'opinion d'Aristote, qui trouvait plus facile de lire dans l'âme des autres que dans la sienne propre. On a remarqué un fait, singulier dans les écrits d'un disciple de Platon, c'est qu'Aristote
i Ménandre, ©paovXéwv, I; Mein., Fr. Corn. Gr., IV, p. 139.