LES DERNIERS IMITATEURS
Ici, quale quale est, chartis mandatum, diu Vitae mî agundœ delectamento fuit.
Verùm vexatus animi curis anxiis, Nonnullis etiam corporis doloribus, Utrumque utesset taedio mî ultra modum, Optatani mortem sum aptus : quae dédit mihi Suo de more cuncta consolamina :
Vos in sepulchro hoc dicier concedite, Quod sit docimento, post fatales exitus, lmmodicè ne quis vitae scopulos horreat, Quum sit paratus portus flagitantibus, Qui nos excipiat ad quietera perpetem.
Sed jam valete, donec vivere expedit.
« Pour ne pas passer ma vie comme une bête brute et
« sans rien faire, j'ai traduit quelques élégantes comédies
« deMénandre; moi-même, j'en ai soigneusement composé
« de nouvelles. Confié par moi au papier, ce travail, quelle
« que puisse être sa valeur, a été longtemps le charme de
« ma vie. Mais j'ai eu l'âme travaillée par des inquiétudes
« sans trêve, le corps aussi aiteint de quelques douleurs,
« et comme tout cela me pesait à l'excès , j'ai embrassé
« la mort souhaitée , et selon sa coutume elle m'a donné
« toute consolation. Souffrez que , de mon tombeau , je
c< vous parle ainsi : moi qui ai déjà franchi le fatal pas-
« sage , je puis vous apprendre à ne pas trop redouter les
« écueils de la vie , puisqu'il y a un port toujours ouvert
« à qui le désire , un port où nous pouvons nous réfugier
(.< dans l'éternel repos. Mais adieu : portez -vous bien,
« tant que la vie vous plaira. » Était-ce de Ménandre que
ce Chatterton d'un autre âge avait appris le dégoût de la