‹ MénandreChapitre 149 sur 212 · DE MÉN ANDRE A ROME · texte numérisé non relu

DE MÉN ANDRE A ROME

vie et l'impatience de la douleur? N'allons pas aussi loin , mais avouons que , pour solliciter au suicide un homme malade d'âme et de corps comme Pornponius, il pouvait suffire d'un de ces élans de tristesse que nous avons remarqués dans la comédie nouvelle , surtout si l'empereur s'appelait alors Claude ou Néron , ou si Pomponius avait vu quelqu'un de ses amis se tuer , un stoïcien par orgueil, ou un épicurien par sceptique insouciance !

Le nom d'un autre poëte, qui vivait sous Trajan et qui composa des comédies sur le modèle de celles deMénandre, nous a été transmis par une lettre de Pline le Jeune, qui mérite d'être rapportée en entier :

« Pline à Caninius, salut *.

« Je suis de l'école de ceux qui admirent les anciens, « mais sans dédaigner, comme certains autres, les génies « de notre siècle, moi qui ne crois pas la nature fatiguée et « épuisée au point de ne pouvoir plus rien produire qui « mérite nos éloges. Je suis donc allé dernièrement enten- « dre Virgilius Romanus lire en petit comité une comédie « imitée de la comédie ancienne : et l'ouvrage est si remar- « quable, qu'il pourra lui-même être imité quelque jour. « Je ne sais si vous connaissez l'auteur , un homme que « vous devez connaître, cependant : car la pureté de ses « mœurs, l'élégance de son esprit, la variété de ses talents « sont de ces qualités qui font remarquer. 11 a écrit des

i Pline le Jeune, Epist. VI, 21 .

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