M. MEINEKE
« Puis à sa ville dit adieu,
« Et vint à Rome. La friponne
« Aisément de Plaute en ce lieu
« Distingua la mine bouffonne, » etc.
C'était en savoir assez pour un poëte sans prétention. Mais pour mériter le surnom de Quintilien français, Laharpe aurait dû en savoir davantage. Et pourtant, qu'on réunisse les vers de Collin d'Harleville et ceux de Boileau; qu'on y joigne les trois pages de Plutarque, dénaturées par une traduction peu scrupuleuse ; voilà tous les matériaux que Laharpe a su recueillir et mettre en œuvre. Il ignorait jusqu'à l'existence des fragments de Ménandre : « La postérité a consacré sa mémoire, » dit-il dans le Lycée*, « mais le temps a dévoré ses écrits. Ils ne nous o est connu que par les imitations de Térence qui lui « emprunta plusieurs de ses pièces, dont il enrichit le a théâtre de Rome. » Deux ouvrages, cependant, avaient paru, depuis peu, où les fragments de Ménandre étaient traduits en partie, à la suite des Caractères de Théophraste, par Lévesque', et du Théâtre d'Aristophane par Poinsinet de Sivry 3 ; et malgré leur médiocrité, ces travaux auraient dû suffire, sinon à compléter le jugement de Laharpe, du moins à lui épargner une aussi singulière erreur.
Le xixe siècle devait venger Ménandre de l'obscurité où
i Lycée, liv. I, cbap. vi, section l«*e. » Paris, 1*82.
s Paris, 178i.