DES TROIS PÉRIODES
autres comédies, dont les plans seraient fort divers1, mais on ne saurait en imaginer une seule qui ne dût pas rentrer, de toute nécessité, dans le genre de la comédie nouvelle. Les personnages seraient toujours de simples citoyens, occupés de leurs propres affaires ; les incidents et le langage seraient imités de la vie réelle; l'intrigue, un roman d'intérieur. L'Hypobolhnœiis <^e Philémon avait révélé un système entier de poésie dramatique, dont les richesses n'avaient pas encore été nettement comprises, et ne demandaient qu'à être exploitées.
C'était une réforme naturelle, qui se préparait depuis longtemps, à l'insu des hommes mêmes qui contribuaient le plus à la préparer. Avant Philémon, le théâtre d'Athènes était occupé par des poètes qui avaient déjà déplacé l'intérêt et changé le but de la comédie ; le style s'était formé à plus de modestie ; l'art avait passé, des régions où Aristo-
i C'est, en effet, un titre qui se retrouve souvent dans l'histoire de la comédie grecque : parmi les derniers poètes de la comédie moyenne, on trouve un certain Cratinus, mal à propos confondu avec le rival d'Aristophane, et qui écrivit une pièce intitulée T-noêoXijxaïo;, et une autre intitulée Wz'jvjxoSol'.y.ciXo; (peut-être ces deux pièces n'en font-elles qu'une). L'oncle de Ménandre, Alexis, donna aussi un Fils supposé. Mais il ne faut pas conclure de là que l'honneur d'avoir définitivement établi sur le théâtre athénien la comédie d'intérieur .doive être retiré à Philémon et à Ménandre, puisque Cratinus et Alexis vécurent jusqu'au temps de Ptolémée Philadelphe (Mein., Hist.crit. coin, gr., 37o et 411), et par conséquent jusqu'au plus complet développement de la comédie nouvelle. On trouve encore un MVjo-j-oëoXiuaïo: de Crobylus et un eT*rofo>ifiaïoç d'Eu- •loxus (Mein., Wst. Crit. corn, gr., 491 et 492). *