DE LA COMEDIE GRECQUE
phane l'avait tenu, vers les limites du nouveau territoire où Ménandre allait le faire régner. L'histoire de la comédie attique se divise en trois périodes, que trois noms dominent et résument : la comédie ancienne, et Aristophane ; la comédie moyenne, et Antiphane 1 ; la comédie nouvelle, et Ménandre. Nous avons là trois genres bien distincts : la comédie moyenne elle-même, qui fut une transition, fut une transition originale. Mais autant les caractères de ces trois écoles de poètes sont différents et nettement déterminés, autant sont vagues et douteuses les limites qu'on essaye de leur assigner dans l'ordre des temps. Les révolutions littéraires, les seules qui ne se fassent jamais par brusques catastrophes et par avènements soudains, échappent toutes aux calculs rigoureux de la chronologie. Nous pourrions dire l'année où la comédie moyenne parut sur la scène pour la première fois ; mais la comédie ancienne partagea longtemps encore avec elle l'attention et les applaudissements. Quand la comédie moyenne resta-t-elle seule maîtresse du terrain? Quand céda-t-elle elle-même à la comédie nouvelle la place tout entière? C'est ce que personne ne peut dire : toute date précise serait arbitraire, et démentie par des faits certains. Pour comprendre l'un ou l'autre des divers genres de la poésie comique en Grèce, il faut les étudier tous trois, en
i Antiphane et Alexis étaient les deux plus célèbres écrivains de la comédie moyenne ; mais Antiphane la représente mieux, car Alexis est bien plus voisin de la comédie nouvelle.