MYTHOLOGIQUES
Bacchus, patron delà comédie, Minerve, qui avait choisi Athènes pour son sanctuaire, Jupiter même, le roi des dieux, furent mis en scène sans respect K On les représentait venant au monde au milieu des plus grotesques incidents. A côté d'eux les héros primitifs, que la crédulité antique avait faits descendants et presque égaux des dieux, redevenaient des hommes , et même se transformaient en mille caricatures. L'avantage de cette sorte de sujets, c'est que les tragédies de chaque année et l'éternelle popularité d'Homère entretenaient dans tous les esprits un minutieux souvenir de ces poétiques figures, et qu'en même temps le peuple inconstant d'Athènes, à force de les avoir vues poétiques et embellies , se plaisait à les voir ridicules et rapetissées. Il n'avait oublié ni dieux ni héros, mais il ne les respectait plus. Il les connaissait toujours, tout comme des contemporains, mais il ne les tenait plus que pour de simples citoyens. La moindre allusion était comprise, et la plus audacieuse parodie était permise. Les poètes de la comédie moyenne usèrent largement de cette double facilité2. Au milieu de genres si divers , et à la faveur même des incohérences inévitables d'une époque transitoire, il était
i La peinture avait devancé la comédie dans cette voie : Gtésilochus, élève et peut-être frère d'Apelle, petulanti picturâ innotuit-, dit Pline l'Ancien, JoveLlberum parturiente mitrato etmuliebriteringemiscente inter obstetricia deorum (Hist. nat., XXXV, 40, § 33.— Suidas, s. v.
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2 Mein., Hist. Crit. Corn.. Gr.> p. 278-285.