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DU PLAN

noté par un sylphe que des vers écrits par un homme ? Mais un obstacle invincible empêcha les poètes de suivre cet exemple, et de conserver dans leurs comédies la partie lyrique, même modifiée selon les lois. Les chœurs coûtaient cher : vingt-quatre chanteurs, des costumes bizarres que changeait chaque nouvelle pièce, et la nécessité de régler soigneusement les danses et la musique, entraînaient de grands frais. Longtemps les Athéniens riches s'étaient chargés de cette dépense, se faisant de leur générosité un titre à la faveur du peuple. Mais, appauvris par la guerre du Péloponèse, ils se montrèrent d'abord moins magnifiques, Aristophane lui-même l'atteste, et ne tardèrent pas à refuser l'honneur coûteux de la chorégie1. Alors les poètes eurent à dédommager les spectateurs de cet amusement perdu. Le génie des Athéniens était trop fécond pour manquer de ressources nouvelles, quand il s'agissait de plaire au peuple et de servir les arts. Ils le prouvèrent aussitôt.

La réalité faisait le fond de la comédie ancienne : la fantaisie lui donnait sa forme poétique. La comédie moyenne ne négligea pas, sans doute, pour divertir le peuple, le secours de ce piquant contraste. Antiphane et Eubulus, dans leurs pièces sur les héros et sur les dieux, continuaient à opposer plutôt qu'à mêler la vérité et la fiction, en ramenant les aventures fabuleuses de la

1 Voir Boeckh* Économie publique d'Athènes, III, § 22.

mythologie aux proportions de la réalité la plus vulgaire. Mais les sujets nouveaux qu'ils avaient admis dans leurs œuvres les forcèrent à chercher aussi des formes nouvelles. Disons avant tout qu'en étudiant le volume où M. Meineke a réuni ce qui reste de leur théâtre, nous nous sommes souvent demandé comment les morceaux que nous avions sous les yeux pouvaient avoir place dans une action comique. Il nous semblait que nous lisions des vers extraits de quelque satire, non de comédies. Et nous en revenions toujours à penser aux pièces que, dans la littérature moderne, on appelle comédies à tiroirs, aux Fâcheux de Molière, par exemple, chef-d'œuvre d'un genre imparfait. Dans ce genre-là, point de véritable intrigue : mais une seule situation répétée ou prolongée, où le poëte engage les uns après les autres des personnages dont une scène est tout le rôle, peu de dialogue proprement dit, mais une conversation inégalement coupée en questions courtes, en longues tirades, et en courtes répliques^ où l'un des interlocuteurs n'est présent que pour provoquer ou écouter les discours de l'autre, non pour montrer, en agissant et en parlant, son propre caractère; des portraits, des récits, des dissertations ingénieuses et faites à plaisir; genre comparativement facile, et où il suffit, pour réussir, d'avoir beaucoup d'esprit. Telles devaient être, si nous ne nous trompons, un grand nombre des pièces d'Antiphane, d'Épicrate et d'Eubulus; car la plupart des fragments auxquels leurs noms sont attachés nous semblent s'accommo-

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