‹ MénandreChapitre 64 sur 212 · G8 PREMIERES TRACES · texte numérisé non relu

G8 PREMIERES TRACES

der parfaitement à ce genre de comédies, et seraient inadmissibles dans tout autre.

Tant qu'ils s'en tenaient à leur métier de nouvellistes plaisants et à la satire successive des divers philosophes et des diverses courtisanes en renom, les auteurs de la comédie moyenne ne pouvaient faire que des pièces à tiroirs, et leurs sujets mêmes leur imposaient cette forme. Mais dès qu'ils avançaient un peu plus vers le genre, encore indistinct et incertain, mais destiné à dominer bientôt, de la comédie de caractères et de mœurs, ils reconnaissaient les exigences nouvelles de leur art ennobli, et ils s'inquiétaient d'inventer des incidents vraisemblables et de les régler soigneusement. Ce fut alors qu'on commença à comprendre et à pratiquer les lois de l'intrigue comique. Antiphane ne se faisait pas illusion sur les difficultés de cette tentative, et en rendait compte à ses auditeurs, dans une pièce intitulée la Poésie. « Décidément», disait-il, « la tragédie est « un genre facile et heureux. D'abord les sujets qu'elle « traite sont connus de tous les spectateurs, avant qu'un « seul personnage ait parlé : le poëte n'a qu'à rappeler des « souvenirs. Que je nomme seulement OEdipe, vous savez « tout le reste, son père Laïus, sa mère Jocaste, ses filles, « ses fils, ses crimes, ses malheurs. Qu'on nomme Alca méon, le premier enfant venu vous dira : Alcméon a tué « sa mère dans un accès de folie, Adraste indigné va faire « son entrée tout à l'heure, puis il s'en ira.... Puis lors- « qu'ils n'ont plus rien à dire, et qu'ils sont tout à fait las

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