‹ MénandreChapitre 65 sur 212 · D'INTRIGUE COMIQUE · texte numérisé non relu

D'INTRIGUE COMIQUE

« de leur drame, ils lèvent une machine, c'est aussi aisé « que de lever un doigt, et les spectateurs se déclarent satis- « faits. Nous autres, poètes comiques, nous n'avons pas « tant de facilités. Il nous faut imaginer tout, des noms « nouveaux, les événements qui ont dû précéder Faction, « les événements qui doivent se passer sous les yeux du « spectateur, une entrée en matière, un dénoûment, que « sais-je? Si quelque Chrêmes ou quelque Phédon manque « à ces conditions exigées, il est sifflé. Les licences ne « sont faites que pour Pelée et Teucer l. » On sent, à ces quelques vers, que les conditions de la poésie comique sont changées, depuis qu'Aristophane n'est plus; et en cherchant dans les fragments d'Antiphane comment il appliqua les préceptes qu'il posait ainsi, on y trouve quelques traces certaines d'intrigues à la fois romanesques et possibles, inventées par le poëte, mais modelées à l'image de la vie usuelle, et aussi évidemment inconciliables avec les libertés de la comédie ancienne qu'avec celles delà tragédie. Rapprochez ce titre : la Petite Fille, et les huit vers qui nous restent seuls de la pièce ainsi nommée : « J'étais « un enfant lorsque je suis venu ici avec ma sœur; c'est « un marchand qui nous a amenés à Athènes, un Syrien, « un usurier qui passait quand on allait nous vendre à « l'encan, et qui nous acheta; un homme d'une méchan- « ceté qui ne sera jamais surpassée, méchant à ce point

* Antiphane, TToîr,<r.:; Mein. Fr. Corn. Gr., III, p. 105.

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