‹ MénandreChapitre 7 sur 212 · Parios iambos, dit Horace, Epist. 1, xix · texte numérisé non relu

Parios iambos, dit Horace, Epist. 1, xix

2 Aristote, Poèï., III, 5.

3 Plutarque, Vie de Solon, XXIX, 5.

4 Les philosophes Thaïes, Anaximandre, Anaximène étaient de Milet, ainsi que les historiens logographes Gadmus, Hécatée, Dionysius; Phérécyde et Gharon , leurs contemporains et leurs émules, étaient nés, le premier à Léros, petite île toute voisine de Milet, et le second à Lampsaque, colonie milésienne.

s Ainsi se formèrent les trois grandes écoles Ionique, Éléatique, et Italique ou Pythagoricienne. Les Ioniens, curieux des faits et s'appuyant sur l'expérience, mais d'une imagination aventureuse, et se lançant dans les hypothèses, avaient pour sujet favori les phénomènes extérieurs de la nature (Aristote les appelle : o£ 7rpÔTspov cp'jatoXôyot. — De anima, III, ir, 9) ; et ils en tiraient, sur l'origine des choses, des systèmes qui n'élaient qu'une lutte continuelle entre leur ignorance et leur sagacité. Dans la colonie Phocéenne d'Élée, au contraire, ce ne fut pas sur l'expérience, mais sur des principes métaphysiques, non sur des faits sensibles, mais sur l'idée même de la divinité, que Xénophane fonda sa doctrine; et développée après

Il PREMIÈRE ÉPOQUE

La poésie lyrique change aussi, selon les peuples : chez les Éoliens, elle parle au nom du poëte seul, célèbre les événements de la vie privée ou raconte les émotions intimes de Famé, et ne touche aux affaires de l'État que pour exprimer des opinions personnelles et des passions partiales ; chez les Doriens, elle est chantée en chœur, dans les cérémonies publiques, et surtout dans les fêtes religieuses, au nom des citoyens réunis. Dans la musique, compagne fidèle de la poésie lyrique, cinq styles se distinguent, qui portent les noms de cinq peuples, et qui s'approprient à différents ordres de sentiments; témoins irrécusables des penchants divers qui caractérisent les Lydiens, les Phrygiens , les Doriens, les Ioniens et les Eoliens l. 11 n'est pas jusqu'aux genres les plus modestes et les plus limités, comme la fable, qui n'aient leurs subdivisions ; « Une fable libyenne

lui par ses compatriotes Parménirle et Zenon, elle resta la philosophie spéciale de la ville qui avait été sou point de départ, et ne s'établit point hors d'Élée. Mais aucun exemple ne montre aussi bien que celui de Pythagore combien, pendant cette première période de l'histoire grecque, la différence des races agissait puissamment sur la direction des travaux intellectuels. Ionien d'origine, et fidèle d'abord au génie de sa race, adonné à toutes les recherches, aux mathématiques, aux spéculations abstraites, à peine Pythagore est-il établi parmi les Doriens d'Italie, que ses efforts se tournent d'un autre côté, et toutce qu'il avait acquis jusque-là se transforme pour servir à organiser et à régler la vie terrestre de ceux qu'il enseigne, à établir un corps de morale austère et le cadre invariable d'une vaste association, à réduire la science de la politique et de la religion en des traditions pratiques qui puissent se transmettre et durer.

1 Pratinas, fr. III, Wagner, Fragm. tragic. grœc, p. 9.

« raconte, » dit Eschyle * , « qu'un jour , l'aigle blessé « regarda les plumes de la flèche qu'il avait reçue, et dit : « Ce sont nos propres ailes qui fournissent l'instrument « de notre perte. » La Libye, la Cilicie, Chypre, Sybaris 2, d'autres pays et d'autres villes encore avaient leurs faimlistes particuliers; et déjà en Grèce les critiques remarquaient dans les différents recueils des caractères différents : chez ceux-ci, la fable 3 avait pour personnages des animaux seulement, chez ceux-là seulement des hommes, ici elle roulait sur des contes impossibles, là sur des faits vraisemblables4. Que dire encore? Tous les exemples que nous pourrions citer arrivent à cette même conclusion : chez les Grecs, pendant la première période de leur histoire littéraire, tout était morcelé et local. Il n'y avait aucune ville privilégiée qui fût le rendez-vous déboutes les muses et le tribunal suprême du goût : point de centre. Il n'y avait aucun genre de poésie ou d'études qui fût cultivé en commun par toutes les races et dans tous les États : point d'unité 3.

i Plutarque, de Musicâ, XVII. — Aristote, Politic, VIII, v, 22; VIII, vu, 12. — Pratinas, fr. I et II, Wagner, Fr. trag. gr., p. 9.

2 42e fragment des Myrmidons.

3 Tbéon, npoyupào^a-a, c. ni (Walz, Rhet. grœc, i, p. 172); cfr. Aristot., Rhétor., II, 20, 2. Il y parle des fables, et, les classant, il dit : oï AîatoTîeiot xai Aiêvxoi,

* Apthonius , npoyu[jLvà(7(j.axa, c. i (Walz, Rhet. grœc, i, p. 59). Cfr. Mnésimaque , 4>ap [xaxoucoXrjc; ; Meineke , Frag. corn, grœc, m, p. 577.

s De ce que nous venons de dire, il ne faut pas conclure que la

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