‹ MénandreChapitre 88 sur 212 · LES ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

LES ÉTRANGERS

« leurs ustensiles ; ils se taisent (ils ont bien raison de se « taire ! un seul mot de leur bouche tue roide) ; ou bien « ils murmurent entre leurs dents quelques paroles dont « ils mangent la moitié. — Combien ce brochet? — Torze « boles.— Ce qui veut dire quatorze oboles l. Ou bien vous « demandez le prix de deux anguilles de mer. — Dix oboles. « — C'est bien cher; en veux-tu huit? — Oui, pour une « seule.— Allons donc, l'ami, ne plaisante pas, et finisce sons-en. — Prix fixe; passe ton chemin; bonsoir.— Cela « n'est-il pas plus amer que le fiel même 2 ? » De ces citations, que nous avons multipliées à dessein, pour montrer comment les poètes de la comédie moyenne entendaient la variété, on peut aisément conclure ce que devaient être ces caractères qu'ils ramenaient si souvent sur la scène, comme le parasite et le cuisinier.

Une autre nouveauté de la comédie moyenne, quant à la création des caractères, c'était l'introduction, devenue fréquente, sur le théâtre Athénien, de personnages étrangers à Athènes. On a bien dans Aristophane Pseudartabas, l'ambassadeur Perse, un Mégarien, un Béotien 3, et des envoyés de Lacédémone 4 ; mais ils ne paraissent pas pour

t Amphis, nXàvoç, I; Mein., Fr. Com. Gr., III, p. 313. — Le texte dit : xT(b poXùiv, pour ôx.xà> oëoXûW : mais notre nom de nombre français, huit, ne se prête pas à une abréviation. Nous avons été obligé de traduire par un équivalent, et de renchérir sur la cherté de ce brochet. La réputation des marchands de poisson Athéniens ne justifie- t-elle pas cette hyperbole?

2 Alexis, 'ATCYXayxwjjLévoç, II; Mein., Fr. Com. Gr., III, p. 391.

s Dans les Acharniens.

u Dans Lysistrate.

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