‹ MénandreChapitre 90 sur 212 · SUR LE THEATRE ATHÉNIEN · texte numérisé non relu

SUR LE THEATRE ATHÉNIEN

appelée les Villes; et dans une suite d'antithèses spirituelles le contraste entre les Grecs et les Égyptiens était mis en lumière : « Nous ne pouvons pas nous allier : l'esprit de a nos mœurs et de nos lois n'est pas le même. Tu t'age- « nouilles devant le bœuf, et je le sacrifie à mes dieux. « Tu regardes l'anguille comme un être céleste, moi, je la « regarde comme un plat exquis. Tu ne manges pas le porc, « et je ne connais pas de viande plus agréable. Tu adores « le chien, et je le bats quand il me vole mon repas. Nous « n'avons pour prêtres que de vrais hommes, vous ne « voulez que des prêtres mutilés. Quand tu vois un chat « triste, tu pleures : moi, je le tue et l'écorche volontiers. « La musaraigne est une puissance chez vous ; dans mon « pays, elle n'est rien l. »

Mais, malgré sa tendance marquée à présenter des types généraux, la comédie moyenne ne négligea pas entièrement les caractères individuels et précis. La satire personnelle, bien qu'elle eût adouci sa figure et sa voix, était encore directe etk franche. Les poètes commencèrent cependant dès lors à chercher dans leur propre imagination des personnages neufs et originaux, représentant non plus un métier, ou une classe de la société, ou les mœurs particulières d'un peuple, mais une forme seulement vraisemblable ou possible de la nature humaine. Tel était le diseur de proverbes2 d'Antiphane; et Cervantes a

i Anaxandride, Tlàlziç, fr. unie-, Mein. ,Fr. Corn. Gr., III, p. 181. aAntiphane, Hapotpa^6(jL£vo; , ap. Pholinm, Lex., p. 538, 25; Mein., Hist. Crit. Corn- Gr., p. 278.

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