‹ MénandreChapitre 91 sur 212 · DES DIVERS ELEMENTS · texte numérisé non relu

DES DIVERS ELEMENTS

montré, près de deux mille ans plus tard, quelle peut être la puissance comique d'un tel personnage, riche de toute la sagesse des nations, et débitant avec une verve intarissable tous les dictons où elle est déposée , pour arriver à celui qui convient le mieux à la circonstance dont il est frappé. Comment pourrions - nous désormais trouver risibles les inventeurs de longues généalogies, puisque nous-mêmes nous nous efforçons de rendre un ancêtre Grec à Sancho Pança, le paysan espagnol?

Toutefois, l'art dramatique attendait encore une représentation plus complète et mieux ordonnée de la nature humaine. La comédie ancienne avait cherché l'homme dans la vie publique et dans les vices ou les défauts dont le contrecoup pouvait atteindre les intérêts de l'État. La comédie moyenne s'était indirectement rapprochée de la vie privée; mais tantôt elle avait abusé des types et des allégories, tantôt elle avait borné ses observations à quelques parties restreintes de la société. La comédie nouvelle mit sur la scène la vie intime de la société tout entière, et tout l'homme lui-même , ce sujet divers et ondoyant. Ménandre et Philémon, les premiers, comprirent et créèrent les caractères comiques, tels qu'ils ont été compris et reproduits dès lors dans toutes les littératures. A eux appartient l'honneur d'avoir ouvert la voie dans laquelle a marché et prospéré la grande comédie. Arrêtons-nous donc un moment à considérer cette nouvelle phase de l'art dramatique et les causes qui ont fait sa richesse et son empire.

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