Vide supra
Le texte ne nous dit rien de la couleur des indigènes, qu'il qualifie d'indiens, mais nous savons qu'ils sont d'un brun foncéy ont la chevelure abondante et frisée et appartiennent à la race mélanésienne. Nous ue trouvons non plus dans cette relation que de vagues détails sur les pirogues dont certaines sont fort grandes et quelques-unes à balancier; enfin ce qui nous est dit des productions de cet archipel est tout à fait insuffisant, car on y trouve,outre l'igname, le taro, l'arbre à pain et la banane qui ne suffisaient pas, avec le produit de la pêche, à nourrir une population alors très nombreuse, mais qui est aujourd'hui si clairsemée qu'on en entrevoit la disparition prochaine.
Mendana ne reçut aucune récompense de sa hardie tentative et de sa glorieuse découverte. Les îles qu'il avait trouvées n'étaient pas le continent austral qu'on avait rêvé. Leur pauvreté, l'absence de l'or, mobile, à cette époque, de toutes les entreprises, la férocité des habitants, rien de tout cela ne pouvait engager le vice-roi et à plus forte raison le roi d'Espagne à organiser une nouvelle expédition. Aussi Mendana resta-t-il inoccupé, méditant sur ses lauriers, jusqu'à ce qu'il pensât trouver une occasion favorable pour recommencer une exploration qu'il crût devoir être plus fructueuse et établir dans l'archipel qu'il avait découvert, sinon nommé, et qui correspondait si peu aux trésors que Salomon en aurait tirés, une colonie définitive.
Car s'il avait pris possession de ces îles au nom du roi d'Espagne, que valait ce titre si l'on ne pouvait l'appuyer d'une occupation effective?
Celte occasion, Mendana dut l'attendre vingt ans. Il s'agissait cette fois de retrouver les îles Salomon et d'y fonder une colonie. Le vice-roi du Pérou D. Garcia Hurtado de Mendoza, marquis de Canete, donna à Mendana le titre d'adelanlado et lui fournit toutes les facilités désirables pour réunir le nombre de soldats et de matelots dont il avait besoin. Mendana emmenait avec lui sa femme Isabelle Barreto, ses
trois beaux- frères et confia la conduite de la flotte comme pilote majora Pedro Fernandez deQuiros qui devait s'illustrer à son tour dans un voyage de découvertes postérieur.
Mais, dès les premiers jours, le maître de camp, Pedro Marino Manrique,et Quiros ne s'entendirent pas, échangèrent quelques paroles blessantes; Tesprit dominateur et hautain du premier devait avoir sur l'issue de la tentative la plus déplorable influence.
Vivres, gens et navires ayant été réquisitionnés dans les vallées de Truxillo et de Sawa, dans les ports de Santa, Cherrepe et Paita,\es quatre navires Sainte-Isabelle^ Saint- Philippe, Sainte-Catherine et la capitane appelée Saint- Jérôme quittèrent définitivement le Pérou le 16 juin 1595. L'expédition ne comprenait pas moins de trois cent soixantedix-huit personnes dont deux cent quatre-vingts en état de porter les armes. Un grand nombre étaient mariés, une quinzaine de mariages furent célébrés au cours du voyage et les jeunes filles qui n'avaient pas trouvé preneur pendant l'expédition purent facilement se marier aux Philippines.
La route fut dirigée au sud-ouest, puis à l'ouest, si bien qu'on remonta de 9® et demi jusqu'à 14% et au bout d'un mois d'une navigation sans incident à travers le Pacifique, qui, cette fois, parut bien mériter son nom, on découvrit une île qui, selon la coutume, reçut le nom du saint qu'on fêtait ce jour-là 21 juillet, et fut appelée Madeleine; son nom, indigène était Fatou-Hiva.
C'est sur la côte méridionale de celle île qu'atterrit Mendana. Au moment où la flotte s'approchait d'un port qu'on apercevait parfaitement du bord, une flotte de 70 pirogues sortait. Chacune de ces embarcations contenait de 3 à 10 hommes, ce qui pouvait faire une centaine d'individus qui pagayaient ensemble tandis qu'un certain nombre d'autres indiens suivaient à la nage. Ces pirogues avaient de chaque bord un balancier de bambou qui, portant sur la mer, les empêchait de chavirer.
D'une voix forte, les indigènes montraient du doigt leur port, semblant encourager les étrangers à y pénétrer et répétaient souvent le mot Anatut ou Analut.
Arrivés près du bord, ils offrirent aux Espagnols des cocos, des noix d'une espèce inconnue, une sorte de pâte enveloppée dans des feuilles, le popoi, faite des fruits de Tarbre à pain, des bananes et des fragments de bambous remplis d'une eau excellente. Ils regardaient émerveillés les marins, les soldats armés et les femmes accoudées pour les voir.
L'un d'eux fut hissé à bord, l'adelantado lui donna, car il était, comme ses compatriotes, complètement nu, une chemise et un chapeau. Enchanté du cadeau, il appela ses compagnons pour l'admirer et l'on en compta bientôt une quarantaine sur la capilane. Parcourant le navire avec désinvolture, touchant à tout, s'emparant de ce qui leur convenait, prenant les hommes à la barbe, ils chantaient, dansaient, afin de témoigner leur joie des cadeaux de vêtements et de bibelots qu'on leur avait faits ; bref, ils ne tardèrent pas à devenir gênants et incommodes. On leur fit entendre par signes qu'ils eussent à regagner leurs pirogues, ils ne voulurent pas comprendre. C'est alors que le général fit tirer un coup de couleuvrine qui les épouvanta si bien qu'ils sautèrent tous à l'eau.
L'un d'eux cependant s'était cramponné à une manœuvre et ne voulait pas quitter le vaisseau; pour lui faire lâcher prise, un soldat lui donna sur la main un coup d'épée. Ayant regagné sa pirogue à la nage, l'indien montra sa blessure à ses compagnons, cette vue les enflamma de colère. L'un d'eux muni d'un parasol fit ranger les canots en bataille et un vieillard portant la main à sa barbe ou retroussant sa moustache semblait menacer les Espagnols et exciter les siens au combat.
Les pierres lancées à coups de fronde tombèrent bientôt sur le tillac tandis qu'une grêle de javelots projetés à la
main volaient contre les navires. Un soldat fut atteint et blessé.
Peu endurants et habitués à considérer comme de peu de prix la vie des indiens du Pérou, les Espagnols firent plusieurs décharges d'arquebuses, atteignirent le vieillard, blessèrent ou tuèrent sept ou huit naturels et dispersèrent les pirogues.
Après cet acte de sauvagerie qui ne rencontra aucun blâme de la part des officiers, qui paraissent avoir plutôt encouragé leurs hommes, un canot monté par trois insulaires, du côté de qui semblent avoir été la bienveillance et la douceur, s'avança vers les vaisseaux; lorsqu'il fut arrivé assez près, un des voyageurs se leva tenant d'une main un rameau vert, de l'autre une étoffe blanche. C'était une démonstration pacifique, elle fut appuyée par des signes et des gestes par lesquels l'hommesemblait inviter les bâtiments à entrer dans le port.
Presque blancs, les indigènes de la Madeleine étaient grands, bien faits, avaient de beaux traits réguliers, avec des dents blanches et des cheveux d'un blond roux, longs et fiottants ou tortillés en chignon sur le sommet de la • tête. Tatoués en bleu, ils portaient sur le corps des dessins de poissons ou d'autres figures. La population de la Madeleine devait être considérable car, outre ceux qui étaient venus sur les pirogues ou à la nage, des vaisseaux on apercevait une foule énorme sur le rivage.
Cette île, haute, montueuse, coupée de vallées où semblaient vivre ses habitants, était taillée à pic sur le bord de la mer; le seul port qu'on y rencontra fut celui de la côte méridionale. Le général ne la reconnut pas pour faire partie de l'archipel des Salomony elle n'était d'ailleurs, d'après son estimation, qu'à mille lieues de Lima, c'était donc une nouvelle découverte.
L'expédition reconnut ensuite dans le nord l'île de San Pedro qui parut peu élevée et couverte de bois, puis longea
le rivage méridional de la Dominica^ embouqua le canal qui la sépare de Santa Christina et vint jeter l'ancre sur la côte ouest de cette dernière dans un havre qui reçut le nom de port de la Madré de Bios.
Selon Mendana, la Dominique aurait eu un aspect enchanteur; à de vastes plaines y succèdent de riantes collines couronnées de bois épais. Tout autre est la description qu'en a tracée George Forster qui la visita en 1 774 avec Cook. Il y voit, au contraire, une terre ravagée par les éruptions volcaniques, toute déchirée et pour ainsi dire encore saignante, car un maigre manteau de verdure laissait apercevoir ses plaies. A quoi faut-il attribuer ces contradictions?
« Si l'on admet, dit Fleurieu*, que les uns et les autres ont également bien vu, il faut admettre aussi, ce qui n'est pas improbable, que, dans l'intervalle des deux siècles qui se sont écoulés entre les deux voyages, l'île de la Dominica a éprouvé le terrible effet de quelqu'une de ces grandes convulsions de la nature qui défigurent totalement les parties de la surface de notre globe sur lesquelles leur ravage s'est exercé. »
De la Dominique, à la vue des vaisseaux, étaient sortis beaucoup de canots portant un grand nombre d'insulaires dont quelques-uns parurent plus foncés de peau que les autres; tous faisaient des signes pour déterminer les Espagnols à aborder, mais les vents étaient contraires et l'on ne voyait pas déport.
Ces quatre îles reçurent de Mendana, en témoignage de reconnaissance pour l'aide qu'il avait reçue du vice-roi du Pérou, le nom de las Marquesas de Mendoça. Nous les appelons simplement aujourd'hui îles Marquises,
Aussitôt arrivé à Sainte-Christine, le général envoya le maître de camp avec une vingtaine de soldats chercher une aiguade. Environnés bientôt par de nombreux canots,
1. Claret de FleurieU) Voyage autour du monde fait pendant les années 1791, 1792 et 1793 par Etienne Marchand. Pari», an VI, 5 vol.i§i-§ avec atlas fol., t. I, p.. 103. :
les Espagnols lirèrent quelques coups de feu pour se dégager et tuèrent un certain nombre d'insulaires. L'un d'eux s'étant jeté à la nage avec un enfant dans les bras fut atteint d'une balle et coula à pic. Quiros demanda au soldat qui l'avait tué pourquoi il avait tiré sur cet homme inoffensif et avait ainsi fait deux victimes.
« Pour montrer que je mérite toujours ma réputation de bon tireur.
— Parbleu, voilà une réputation qui te sera bien utile pour aller en enfer ! > répondit Quiros.
On voit par cet exemple, et nous en aurons malheureusement au cours de cette étude plus d'un autre à montrer, combien peu. de cas les Espagnols faisaient d'hommes qu'on n'aurait pu leur persuader être leurs semblables.
Pendant que le maître de camp procédait à la recherche infructueuse d'une aiguade et d'un port, quatre indigènes entrés dans la capitane s'emparaient d'une petite chienne qu'il affectionnait tout particulièrement et se jetaient à l'eau en l'emportant. Qui sait si cet événement futile ne développa pas la haine qu'avait conçue cet officier pour les indiens et ne contribua pas à l'échec de l'expédition?
Et cependant cette population était vraiment douce et différente de celle que Mendana avait rencontrée à son premier voyage. C'est ainsi que le lendemain, le maître de camp ayant débarqué, traça une raie sur le sol et interdit aux indigènes de la dépasser, ce dont ils se gardèrent, et, leur ayant demandé de l'eau, ils apportèrent des cocos et des fruits. Là se trouvaient quelques femmes qui leur parurent fort plaisantes et très faciles. Ayant trouvé un ruisseau, le maître de camp fit remplir quelques futailles et voulut les faire charger par les indiens qui s'y refusèrent et s'enfuirent. Ce fut un nouveau prétexte pour les cribler de coups d'arquebuse.
Comme le havre où avait débarqué le maître de camp avait un mauvais fond, comme la sortie en était difficile, Mêndana, très affecté des plaintes et des récriminations des
soldats, voulait continuer son voyage, lorsque le maître de camp découvrit un port qui lui parut tout à fait sûr. Le 28 juillet, l'adelantado y prit terre avec sa femme et ses principaux officiers, y entendit la messe et prit solennellement possession de tout Tarchipel au nom du roi d'Espagne.
Il est inutile de rapporter les événements qui marquèrent le séjour des Espagnols aux Marquises^ c'étaient tous les jours des escarmouches nouvelles et nous devons reconnaître que tous les torts appartenaient à ceux qui prétendaient apporter à ces sauvages la civilisation et le christianisme, religion qui repose sur l'amour de ses semblables.
Citons cependant un dernier exemple de la cruauté inutile des Espagnols. Onze indiens débarqués de deux canots étaient venus leur offrir des cocos; voyant qu'on ne répondait à leurs démonstrations amicales qu'en chargeant les arquebuses, ils regagnèrent leurs pirogues.
Avant de les avoir atteintes, cinq gisaient à terre. On les poursuivit en bateau tout en tirant ; deux purent gagner les montagnes, quatre furent trouvés morts dans les pirogues, on les dépeça à coups de couteau et on les exposa en quartiers pour faire peur aux autres.
Notez que nous ne faisons que traduire ici des documents espagnols qui rapportent les faits sans un mot d'indignation ni de blâme !
Le général aurait voulu installer dans ces îles une colonie, il désirait y laisser trente hommes pour la plupart mariés, mais ils s'y refusèrent et Mendaîia qui ne paraît pas avoir su jamais imposer sa volonté à ses subalternes, fit lever l'ancre le 5 août, après avoir fait planter trois croix.
Les textes que nous avons sous les yeux abondent en détails de toute nature sur les productions et les ressources de VWq Sainte-Christine. Les indiens étaient superbes, mais quelques-uns paraissaient moins blancs que ceux de la Madeleine, Leur langage, leurs armes, leurs pirogties
étaient identiques. Les maisons étaient construites de même avec couverture en feuilles de palmier. Il y avait des maisons qui semblaient communes, car on y vit quantité de lits à l'intérieur.
Les femmes étaient charmantes; mais Quiros, qui ne débarqua pas des premiers, n'en vit aucune, car on eut soin de les écarter des Espagnols dont les privautés avaient déplu. Elles sont, dit notre texte, plus belles que celles de Lima, éloge qui n'est pas mince, car ces dernières passent encore aujourd'hui pour les plus belles femmes de l'Amérique du Sud.
En dehors du village, les Espagnols remarquèrent ce qu'ils appellent un oraculo. Au milieu d'une place entourée d'une palissade, et dans laquelle, à l'ouest, était percée une porte, s'élevait une case dont la porte s'ouvrait du côté du nord. On y voyait quelques figures de bois mal travaillées au pied desquelles se trouvaient des offrandes de nourriture et un cochon mort dont les Espagnols s'emparèrent.
Gomme ils voulaient prendre les autres provisions, les naturels leur firent comprendre que ces figures et la case étaient pour eux des objets de vénération. Fieurieu se demande si ce n'était pas là un de ces moraî que Cook avait rencontrés à Tahiti.
Avant de quitter avec Mendana l'archipel des MarquiseSy nous devons ajouter que cet archipel se divise en deux groupes celui du sud-ouest, que Mendana venait de découvrir, et celui du nord-ouest, dont on doit la connaissance au capitaine Marchand. Il est donc de notre strict devoir d'associer ici notre compatriote àl'hommage que nous rendons ce soir à Mendaâa.
En 1788, le capitaine Etienne Marchand revenait du Bengale lorsqu'il rencontra, sur la rade de Sainte-Hélène, le capitaine anglais Portlock. La conversation étant tombée sur le commerce, sur les articles qui étaient le plus avantageux à acheter et ceux dont la défaite était le plus facile. Marchand apprit de son interlocuteur que les peaux de
loutre étaient pour rien sur la côte occidentale de FAm.érique du Nord et atteignaient en Chine des prix considérables; on pouvait en même temps se procurer dans ce dernier pays un chargement pour l'Europe.
De retour à Marseille, le capitaine Marchand détermina son armateur M. Baux à tenter l'opération. Mais la navigation dans le Pacifique exigeant un navire capable de résister aux tempêtes, on fît construire un bâliment de trois cents tonneaux, le Solide, qui partit le 14 décembre 1790.
Marchand était un officier instruit et qui s'était préparé par la lecture des voyages antérieurs à l'expédition dont il avait le commandement. Aussi, lorsqu'après avoir doublé la Terre de Feu, il s'aperçut que l'eau contenue dans ses futailles commençait à se corrompre, n'hésita-t-il pas, au lieu de gagner aussitôt, comme il en avait l'intention, la côte nord-ouest de l'Amérique, à chercher l'archipel des Marquises qui lui semblait le plus rapproché et qui le détournait le moins de la route qu'il voulait faire.
Le 12 juin 1791, on aperçut l'île de la Madeleine, la plus méridionale du groupe. Les calculs de Marchand, dont la relation a été retrouvée il y a peu de temps par M. Saint- Yves*, celui-là même qui accomplit en ce moment une mission du ministère de l'instruction publique dans l'Asie septentrionale, et de son second, le capitaine Ghanal, dont la relation a été publiée par Fleurieu, ces calculs, disonsnous, avaient été faits avec une telle précision qu'il atteignait les Marquises « après une traversée de soixante-treize jours depuis la vue du cap Saint-Jean de la Terre des États, sans prendre connaissance d'aucune terre et seulement en tirant de l'emploi constant des observations astronomiques toute la sûreté de la navigation, au milieu d'une mer où les courants agissent dans des directions et avec des effets qui déconcertent et rendent inutiles tous les moyens, tous les
1. Voir Bulletin de géographie historique et descriptive, 1896, p. 260 ol suiv.
Ccllcuis, toutes les méthodes ordinaires du pilotage ».
Et celui qui rend ainsi témoignage de la science du capitaine Marchand, s'y connaissait bien, c'était le capitaine de vaisseau Fleurieu*, qui fut membre de Tlnstitul et qui a publié à la fin du siècle dernier nombre de travaux relatifs aux découvertes maritimes où la science historique est aidée d'une méthode critique qui repose sur l'expérience.
Après avoir relevé la Madeleine, Marchand se dirigea sur San Pedro, reconnut la Dominique et Santa Cristina. Il y mouilla à la baie de la Madré de Bios où il fut accueilli par les cris raille fois répétés : Tayo, Tayo I Amis, Amis !
Notre compatriote ne pouvant s'y procurer le nombre de cochons dont il avait besoin dut visiter plusieurs autres ports de Santa Cristina,
Nous ne pouvons nous arrêter, malgré tout l'intérêt qu'elles présentent à cause de leur précision remarquable, sur les informations recueillies par Marchand*. Quelques mots cependant sur le tatouage, seul vêtement de ces indigènes puisque le climat n'en exige pas d'autre. «Ces dessins sont distribués avec la plus grande régularité, ceux d'un bras et d'une jambe correspondant exactement à ceux de l'autre, et cette bigarrure, en raison de sa symétrie, ne fait pas mauvais effet. »
Avec les individus le genre de coiffure se modifie. La mode, d'ailleurs, régnait en souveraine aux Marquises aussi bien qu'à Paris. Les uns portaient des colliers de graines rouges, d'autres une sorte de hausse-col fait de tablettes d'un bois léger. Hommes et femmes avaient les oreilles percées et cependant on ne leur vit généralement pas y suspendre des objets un peu lourds. Cependant « on a vu une jeune Mendoçaine se pavaner en portant, en manière de hausse-col, le plat à barbe de fer rouillé qu'elle avait