‹ Mendaña et la découverte des îles MarquisesChapitre 3 sur 5 · Op» cii, t. I, p · texte numérisé non relu

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2. On trouve aussi de fort intéressants détails sur les Marquésans dans: Pailhès, Tour du mondes 1875, second semestre.

dérobé au frater du Solide et un homme porter effrontément la baguette du fusil du capitaine Marchand enfilée dans le trou de son oreille et pendant à côté >.

Cette habitude des Mendoçains de se suspendre au col les objets qu'ils avaient dérobés avait été déjà notée par Mendana et iî avait retrouvé le jour même pendus sur leur poitrine les objets les plus hétéroclites qu'ils avaient volés quelques heures auparavant.

Gook affirme que les naturels des Marquises connaissaient le kava des Tahitiens, car ils donnaient à l'eau-de-vie le nom que porte la plante de gingembre.Yous savez comment se fabrique cette liqueur : on mâche une plante jusqu'à l'avoir presque réduite en bouillie et l'on verse dessus de l'eau que l'on laisse fermenter pendant plusieurs heures. Ce breuvage serait pour nous assez dégoûtant, mais le voyageur ne peut le refuser sans faire injure à ses hôtes et doit le boire — en gardant pour lui ses réflexions.

C'est d'une politesse analogue que furent victimes le capitaine Marchand et ses officiers. Dans un festin auquel ils furent invités, on leur mit dans la bouche des morceaux de viande que, par une attention gracieuse, on avait pris soin de mastiquer préalablement, pour ne pas leur donner la peine de les mâcher. Inutile d'ajouter, n'est-ce pas, que nos compatriotes se dérobèrent aussitôt qu^ils le purent à cette marque exagérée de bienveillance.

Une autre observation très curieuse faite par Marchand, c'est que les cases haussées sur des soubassements en pierre et les échasses dont ils se servent prouvent que leur île était exposée à des inondations.

On peut voir au musée d'Ethnographie du Trocadéro une de ces échasses admirablement sculptée et travaillée. Notre collègue M. le D' Hamy* est l'auteur d'une fort curieuse dissertation à ce sujet.

1 . Hamy (E. T.), De Vusage des échasses chei les insulaires des Marquises {La Nature^ n° 307, 19 avril 1879. 5 llg.).

Enfin Fleurieu, qui a résumé et comparé avec sa sûrelé ordinaire les observations de Mendana, de Forbter et de Marchand, termine ainsi sa peinture des habitants de Santa Gristina.

€ La principale occupation^ des naturels de Santa Gristina, après la pêche, la fabrication accidentelle de leurs armes, de leurs pirogues et des ustensiles à Tusage de Thabitation, est de chanter, de danser, de s*amuser.

« L'expression vulgaire de « tuerie temps > semble avoir été créée pour rendre sensible la nullité des actions qui partagent le cercle de leur vie. >

Il ajoute plus loin : «Ils se fatiguent à ne rien faire. Tranquilles sur leurs moyens de subsistance, ils reçoivent ce que la terre leur donne libéralement et ne songent point t\ la forcer par leur travail à un plus grand développement de ses richesses... Les Mendoçains sont un peuple aimable que le plaisir sans cesse occupe, que tout distrait, que tou t amuse. On peut les comparer à des singes, disons mieux, à des enfants qui désirent vivement tout ce qu'ils voient et n'en font plus aucun cas aussitôt qu'ils en ont joui un moment. >

Quant aux femmes des îles Marquises, Marchand eut occasion d'en voir beaucoup, car elles encombrèrent son navire pendant tout le temps de la relâche. Elles venaient généralement à la nage, dépouillées de tout vêtement et, lorsqu'on leva l'ancre, les adieux furent mouillés des larmes de toutes ces femmes. Elles donnaient leurs faveurs et ne les vendaient pas, ce qui fait rejeter l'idée d'un libertinage effréné, sans qu'on puisse en vérité comprendre à quel mobile elles obéissaient en s'offrant à des hommes qu'elles n'avaient jamais vus et qu'elles ne reverraient jamais.

« L'eau, dit Marchand, est, pour les femmes comme pour les hommes, un élément dans lequel ils restent sans incommodité des journées entières*. >

Un soir que le Solide était ancré dans la baie de la Madré

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