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2. Bulletin de géographie historique et descriptive^ 1896, p. 271.
de DioSf le capitaine Marchand aperçut à l'horizon une tache sombre qui affectait la forme d'un pic élevé. Le lendemain, au coucher du soleil, il reconnut la même tache et en conclut que ce devait être une terre qui avait échappé à ses devanciers.
Cette terre gisait ouest-nord-ouest et nord-ouest-quartouesl; elle reçut le nom d'île Marchand; c'est l'île Ouapou ou Napu des indigènes. Il résolut de la reconnaître. Son aspect dans cette partie était aussi agréable que varié.
Dans l'après-midi quelques pirogues s'approchèrent du navire et un insulaire monta à bord. Il donna aux poules et aux cochons les noms employés aux MarquiseSy mais il ne parut pas connaître les clous, ce qui fit croire que les communications entre les deux groupes n'étaient pas fréquentes. On lui donna un miroir dans lequel il vit sa figure, ce qui le fit rire aux éclats.
On ne fit qu'un séjour de quelques heures dans cette île, cela suffit cependant pour constater que ces insulaires sont de la même couleur et ont la même origine que ceux de Mendoça; ils étaient moins généralement tatoués cependant, moins bien proportionnés et ne semblaient pas avoir le même penchant au vol. Moins faciles, les femmes de l'île Marchand durent être conduites par quelques vieillards officieux auprès des nouveaux venus dont elles n'approchèrent qu'avec répugnance et en tremblant, (c Les femmes, dit Marchand, très différentes de celles des Marquises^ paraissent plus joufflues et plus grandes; elles sont toutes couvertes d'une étoffe de la même nature que la leur, c'est-à-dire de papier-mûrier. Elles ne s'oignent point d'huile de cocos, mais elles sont ornées de colliers et de guirlandes de fleurs ou de plantes aromatiques très suaves. » Marchand donna à la baie où il avait été reçu si amicalement le nom de baie du Bon Accueil.
Dans le nord. Marchand découvrit successivement l'île Baux {Nouka-Hiva\ les Deux Frères, l'île Masse (Hiaou)^
et rîle Chanal (Haloutou ou Fetouhouhou) et donna à cet archipel le non dHles de la Révolution. Ces îles doivent êlrc réunies, dit Fleurieu, au groupe de las Marquesas de Mendoça pour ne former, dans le système géographique du globe, qu'un même archipel composé de dix îles principales... >
Ici s'arrêtent les reconnaissances de nos compatriotes, nous ne les suivrons donc pas plus loin ; mais on comprendra que, parlant de la découverte des îles Marquises, nous ne puissions passer sous silence un navigateur qui y prit une aussi grande part.
Revenons donc à Mendafia qui était parti pour chercher les îles qu'il avait vues à son premier voyage. La route fut dirigée dans Touest-quart-sud-ouest, pendant 400 lieues. Le général eut la mauvaise idée, trois ou quatre jours après avoir quitté les Marquises^ de dire qu'il ne se passerait pas longtemps avant qu'on trouvât les îles qu'il cherchait. Mais les jours se succédèrent sans qu'on aperçût la moindre terre et les hommes, les soldats surtout, se reprirent à murmurer.
Cependant, le 20 août, on aperçut quatre petites îles basses, aux plages de sable plantées de palmiers et d'arbrisseaux, on leur donna le nom de Saint-Bernard* et comme il ne paraissait aucun port, la flotte continua son chemin. Le 29 août, par 10° 2/3, on reconnut une île basse, ronde, couverte d'une épaisse végétation à laquelle on donna le nom d'île Solitaire. Le général y fit chercher par les deux petits navires de l'eau et du bois à brûler dont manquait la capitane et Ton remit à la voile.
Les bruits les plus insensés couraient à bord. Les uns disaient que le général ne se rappelait plus où se trouvaient les îles Salomon, les autres que la mer s'était élevée et les avait submergées, qu'on allait faire ainsi le tour du monde et qu'on allait pour sûr gagner la grande Tartarie. C'était