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C'est du scherzo qu'elle parle

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pensée ou le sentiment, témoignent d'un idéal « étrange » en effet et « nouveau ». Celui de Mozart est plus pur et plus pathétique celui de Beethoven. Mais souvent, en écoutant la musique de Mendelssohn, on se souvient d'un mot de Nietzsche : « Tout ce qui est divin a les pieds légers. » La réciproque est vraie aussi quelquefois et la légèreté peut être divine. Shakespeare encore, et toujours le Shakespeare du Songe, a parlé de « Pâme agile et pétulante de la gaîté ». Elle circule, cette âme, à travers une grande partie de Tœuvre de Mendelssohn. La Nuit de Walpuîgis (d'après le poème de Gœthe), autant qu'une nuit de prière et de rites sacrés, est une nuit de sabbat et de charivari fantastique. Mendelssohn mettait à composer la partition, et plus encore à l'orchestrer, tout l'entrain de ses vingtdeux ans. « Écoute et admire », mande-t-il de Rome à sa sœur (printemps de i83i). « J'ai composé depuis Vienne la première Nuit de sainte Waldpurge, de Gœthe... La chose a pris tournure, mais elle est devenue une grande cantate avec orchestre complet, et on peut la rendre très gaie, car il y a, au commencement, des chants de printemps et une foule de morceaux du même genre. Aux cris des hiboux, au bruit que font les veilleurs avec leurs fourches et leurs manches à balai, vient se joindre le

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vacarme des sorcières, pour lesquelles j'ai, tu le sais, un faible particulier ».

De Naples, un peu plus tard : « Il faut que je retourne à mes sorcières ; pardonnez-moi donc d'en rester là pour aujourd'hui. Je suis très indécis sur le point de savoir si je dois ou non faire usage de la grosse caisse dans ce morceau. Les pincettes, les fourches et les bruyantes cliquettes m'y engagent, mais la modération m'en dissuade... En tout cas, il faut dans ce morceau, faire un grand vacarme ».

Plus tard encore, de l'Isola Bella : « La Nuit de sainte Waldpurge est tout à fait achevée... La seule personne qui la connaisse jusqu'à présent, c'est Mozart^ Il en a été tellement enchanté, que je me suis diverti encore des drôleries auxquelles j'étais déjà accoutumé ».

Sans doute les scherzos de Mendelsshon ou ses finales, et plus généralement, en dehors de la Walpûrgisnacht^ le reste de ses œuvres légères, n'ont rien de « drôle », ou seulement de plaisant; mais elles n'ont rien non plus que de spirituel, d'alerte, de vif et de vivant. Pareille à l'antique Apollon pour la jeunesse et pour la lumière, cette musique semble, comme lui, marcher ou plutôt courir sur les sommets.

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