‹ Mendiants et vagabonds (volume 2)Chapitre 5 sur 30 · III INTRODUCTION · texte numérisé non relu

III INTRODUCTION

Dis-leur donc que le gueux, mendiant une croAU, A contempler les champs, qui bordent la grand'route, ''a fait soD patrimoine en s'en réjouissant; is-Ieur que des pays, ce gueux, il en a cent; t; dis-leur que ce gueux est riche, le vrai riche, Dssédant ce qui n'est à personne : la friche Èsertfi, les étangs endormis, les halliers ù lui parlent tout bas des esprits familiers- 1 lande au sol de miel, la ravine sauvage, '. les chansons du vent dans les joncs du rivage, : le soleil, et l'ombre et les fleurs et les eaux, ; toutes les forêts avec tous leurs oiseaui.

lut cependant prendre garde. Ce doux fantaiest un faible, et un faible éminemment sugges-

Quand le besoin ou la passion parlent, il est lerci du criminel qu'il rencontrera et qui saura er son concours par un repas ou un verre de

Depuis quelques années, des crimes retentis-

ont été commis, sur divers points du pays, les chemineaux ou des roulottiers. Tout le e connaît les exploits de Vacher, ce sinistre ue, qui semblait doué du dou d'ubiquité, tant iplacements étaient rapides ; le sextuple assasde Nassandres, celui du curé de Saint-Patrice, de la petite Louise Martin à Cboisy-Ie-Roi, !e fait de vagabonds. En 1899, de hardis co-

renouvelaient aux portes d'Aubagne, dans la eue de Marseille, les exploits des « chauffeurs»

«mihut, l'aïsassin de la veave Ballerich, était un vagabond la veille par les fauteurs du crime ; il n'avait encore encouru acondamnalionaponr vagabondage on mendicité. Son premier l'a conduit à l'échafaud.

sur des vagabonds inconnus, et personne nt nait de cette hypothèse.

De tels Faits justifient l'inquiétude de n< pagnes et les réclamations de leurs r( tants. Les sociétés nationales et locales culture, les conseils généraux se sont ému plaintes sont arrivées plusieurs fois à la de la Chambre des députés. Les sociétés ont préparé des projets de réforme, ceux < membres qui fout partie du Parlement se 1 appropriés en leur donnant la forme de prop de loi. A chaque session, la Chambre prome miner la question toujours maintenue à so du jour.

Ce petit livre a pour but d'exposer le moi

qui s'est ainsi produit dans notre pays, d'i

comprendre les causes et l'origine, de sugj

solution à lui donner. Pour trouver la caus

avons dû remonter dans le passé et pré

point où s'est produit l'accident qui, coi

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ntiel et arrête le font

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'S et de tous les tem

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dans les châteaux ou les abbayes. Mais, ur, des hôtes nouveaux arrivaient dans les désignées de loin par un bouquet de houx à l'extrémité d'une longue perche, comme attirait jadis l'attention dos pèlerins de Can- C'étaient des marchands, souvent italiens ou qui conduisaient leurs denrées aux foires de ne, de Lyon ou de Beaucaire; c'étaient des ie rendant aux sanctuaires fameux de Sainte Compostelle ou de Rocamadour, soit pour ■e compte, soit pour celui d'un mort qui avait r son testament auxfrais du voyage. On y trouies moines mendiants, fils de saint François ou Dominique, constamment en quête d'âmes à hérétiques à convertir; des clercs et des éturendant d'une Université à une autre, débipoésies originales, tantôt épiques, tantôt et humoristiques '.

taient des personnages d'une catégorie infés ménestrels, joueurs de luth et de harpe, , dansant, chantant, avalant du feu, condui- )étes apprivoisées ou montrant des marioni barbiers, herbiers, guérisseurs ambulants, urs remèdes pour tous les maux.

IND, La vie nomade et les routes en Angteten

oiinues de ces œuvres poâtiques sont les Ca

a manuscrit du oniiême siècle découvert dans Tabbaja

iren (Baute-BaviÈre). On j trouve ud mélange de

de mysticlame cbrétien, de bon sensel de facétie!

de la poésie lîiique primitive. ScheffclB'eu est largement

>D recueil decbanioQs de table Inlltulé ; >GaudeMiii

Un y trouvait enlin des gens fort peu recomraandables, des criminels échappés à la potence, serfs en rupture de ban, ouvriers fuyant leur corporation, frères lais chassés de leur couvent dont ils conservaient l'habit, le discréditant par leurs vices, faux pèlerins, faux pardonneurs, faux ermites...

Tout ce monde colportait les nouvelles, dénonçait les abus et les violences, répandait les idées de réforme et de changement. Comme le dit un de leurs historiens les plus récents, < ils propageaient certaines notions d'éteodne et de vie active que les immobiles n'auraient pas eues sans cela » ' .

Dans ce personnel mêlé, on peut bien supposer que les pauvres n'étaient pas rares, les mendiants encore moins. Ils n'excitaient toutefois ni étonnement, ni répulsion. L'Eglise prêchait l'aumône aux riches et adnséquence que les pauvres ont le r; les moines mendiants invoquaient s prêchaient que les richesses et le i dangereux pour l'âme que la pauâ. Les jeunes clercs sans ressources s écoles secondaires comme dans les secours gratuits que le concile de o privilège de bon vouloir ». Un erchait à gagner sa vie en se metlUtrui; les savants en engageaient ilier ne se trouvait pas plus humilié de son maître l'office de serviteur >yait s'abaisser en servant son sei-

ung. Organisation und Lebemordnangen d«r "Kefaller. — Cité par J.J^BMeh, tAlUma- ~ '9, Paris, 188T,t. I", p. 73.

eviennent déserts. Les paysans minés se 9 les forêts, où ils vivent en brigands, à ne préfèrent gagner les villes, où les it dès lors innombrables. D'autres émipays plus paisibles, comme les Flandres.

iversant la France sur la fin du règne du sconnaît plus ce pays si prospère jadis '.

urvenait, c'était un autre fléau. Les boIne se soucient pas de se remettre au ti nt ces bandes de brabançons, écorcheu indrins, dont les historiens nous énuQ page les méfaits et qu'on tenta vaineme prises, de détourner sur l'étranger.

3is et leurs conseillers se préoccupaiei i paix rétablie, d'assurer l'ordre par x iures coercitives. Déjà Charlemagne en recommandant d'exercer l'hospital sants, prescrivent de prendre des précs îs mendiants *. Nombreux sont les et ulminé contre les moines en rupture Tovagues », dont saint Augustin dén( pocrisie et les excès ^. En pleine gue e 27 février 1350, Jean-le-Bon avait rer ce souvent citée comme le point de dép

. X, ep. ï. elle par UnssEtn, Biitoire des elaaies

si Èlablisiemenla de sa iti ioia françaises, t. l".

)» optra jnoiweWum, cap. iiï

par eux d'obtempérer à cet ordre, ils seront mis en prison au pain et à l'eaa ; puis, en cas de récidive, mis au pilori, et, à la tierce fois, signés au front d'un fer chaud, pais bannis ».

II. — Toutefois, ce n'est guère qu'à partir de François I" que nous voyons nos rois entreprendre contre les mendiants et vagabonds une lutte systématique et raisonnée qui se poursuivra, sous des formes diverses, insmi'fi In fin Hp l'ancienne monarchie.

Qt tout d'abord l'attention du pouallluaient, par suite de l'extrême es; ne trouvant aucune occupation, mendier pour vivre. L'ordonnance tembre 1523, trace un tableau ef- -oyaume.

lu Parlement du 22 avril 1532 s'efen ce qui touche la capitale. Cet Jules personnes qui peuvent besonque femmes, et qui vivent oy si vet cayemandent par ceste dite ville, ir curer et nettoyer les fosses, rués jner aux rampars et autres œuvres !5 à faire pour le bien, profit et uti-

on prenait des mesures pour arra- [anls errant par les rues qui assu-

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raient delà de les ville d

seatei maltr Enl sang parl'j

Le villes

claration de Saint-Germaîn-en-Laye (16 janvier 1545) recommande-l-elle de nouveau aux Prévôt des marchands et échevlns de Paris d'employer les mendiaiits valides aux ouvrages publics, en stipulant que ceux qui continueront à mendier une fois les travaux ouverts seront punis de la prison et du fouet. Le travail ainsi offert au.t mendiants était donc obligatoire ; une sanction rigoureuse lui donnait le caractère d'une peine autant et plus que celui d'un secours. C'était déjà le travail d'épreuve, la a pierre de touche » qu'on préconisera plus tard pourdistinguerleparesseundet'hommedigned'intérêt.

Henri 11 complète et coordonne ce système par l'édit de Saint-Germain-en-Laye du 9 juillet 1547. L'entretien des pauvres invalides sera désormais à la charge de chaque paroisse*. Les infirmes sans domicile seront

1. Code de l'HÛpiUI Cénér»!, p. «ï, CiW par PiH-niintii, Aaittancepublique à Paris loui C Ancien Régime et Ut Révolution, Paris, i931, p. 70.

i. C'est la conBrnKUan du principe posé en MO par le concile de Tours, 5' canon du eh. lï : ■ Et nnaquieque ciïita» pauperea et egenos iDcolas alimenlis congruentlbus pascal, secundum rires, ul lam *lcini presbyterl qaain cives omnes suum pauperem pascant, qao Qet Ut ipai pauperea per aliénas civitates non fatlgenlur. •

par UD CBpItulaIre de S06. Cbarlemagne avait également disposé que tODie ville aurait soin de ses pauvres el que la cbarge serait lwrl*K^ t entre le clergé et lea habitants (tapra. p. 4, note >J.

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