‹ Mendiants et vagabondsChapitre 22 sur 56 · II. — Pays-Bas · texte numérisé non relu

II. — Pays-Bas

On constate en Hollande, dès la fin du seizième siècle, l'existence de maisons de travail [Tuchthuis) destinées à renfermer des mendiants et ivrognes dans le but de les amender en leur donnant l'habitude du travail. L'occupation la plus habituelle consistait à râper du bois pour les hommes et à filer la laine pour les femmes, d'où les noms fréquemment usités de Rasphuis et Spinnhuis.

La première maison de ce genre fut ouverte en 1596 à Amsterdam * . Elle était divisée en deux quartiers, l'un pour les mendiants, l'autre pour les mineurs placés en correction par leurs familles. Une seconde maison recevait les femmes mendiantes, ivrognes ou prostituées. Cet établissement d'Amsterdam a joui pendant deux siècles d'une grande notoriété et a servi de modèle aux nombreuses maisons de travail ouvertes en Allemagne (Zuchthaus, Rasphaus, Spinnhaus) et aussi en Belgique 2.

L'institution a été modifiée par la suite lorsqu'on a introduit dans ces maisons des criminels condamnés à l'emprisonnement; le caractère répressif a dominé de

\. La maison de correction de Bridewell, à Londres, destinée aussi aux mendiants et ivrognes, a été ouverte des 15o,'î, mais on n'y trouve pas le caractère éducatif qui caractérise le Tuchthuis d'Amsterdam, et ies maisons fondées à son exemple.

Lne description humoristique de l'institution d'Amsterdam a été publiée en 1622 à Leyde sous le titre : Miracula San Raspini redivivi. M. le professeur von Hiopel en a publié le texte comme annexe a l'important article que nous citons, p. 79.

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