I.Von Hippf.l, Die strafrechtliche Bekâmpfung, p
2. Ces interdictions de séjour sont prononcées en vertu de l'art. 3 de la loi du 1er novembre 1867 sur la liberté d'établissement. Cet article permet d'interdire la résidence à tout étranger à la commune qui, depuis moins d'un an, a été condamné par un tribunal allemand pour mendicité réitérée.
Nous trouvons les mêmes différences dans l'organisation des Maisons de travail forcé '. D'après la statistique la plus récente 2, leur nombre est actuellement de quarante-sept, sans compter dix succursales de peu d'importance ; 24 se trouvent en Prusse, 4 en Saxe, 3 en Bavière, 2 en Wurtemberg, le reste est réparti par unité entres les autres pays. En Prusse, ces établissements sont entretenus par les provinces et placés sous la surveillance du président supérieur; quatre d'entre eux sont cependant administrés par des villes. Dans le reste de l'Allemagne, ce sont des établissements de l'État.
Il y a une grande variété dans l'importance des maisons ; depuis Brauweiler (province rhénane) qui peut recevoir 1.900 internés, jusqu'à la succursale de Worms qui en héberge 8, on trouve des effectifs de toute importance. Mais la variété des catégories qui les composent est plus grande encore. Dans certaines contrées, on a conservé une tendance à utiliser la Maison de travail pour les besoins de l'assistance, et on rencontre ces vieillards, ces malades chroniques, ces incurables, dont la présence rend impossible une discipline rigoureuse. Ailleurs, c'est du côté de la répression qu'incline la Maison de travail, on la trouve parfois établie dans les mêmes bâtiments que les maisons de force et de correction.
L'organisation du travail ne varie pas moins. Tantôt
1. Il ne faut pas confondre les Maisons de travail forcé actuelles avec les Maisons de travail ou de correction fondées sur divers points de l'Allemagne dès la lin du seizième siècle (Nuremberg, 1588) et surtout au dix-septième. M. le professeur von Hippel a montré que l'on doit voir dans ces derniers établissements l'origine des pénitenciers actuels. [Zeitschrifl fùr]diegesamte Slrafrechtswissenschaft, iS9S, 18m" vol.), 4e et 5e livr.) — Cf. supra, p. 06.
2. Von Hippel, op. cit., p. 132. Les chiffres donnés ont été relevés en
il est agricole, tantôt industriel. On a su heureusement concilier l'un et l'autre à Rummelsburg, près Berlin, où les mieux notés des reclus sont employés à la culture des champs d'épandage des eaux d'égout provenant de la capitale. Ce système donne de bons résultats; les ouvriers préfèrent le travail au grand air à celui de l'atelier et la crainte d'être réinternés les incite à travailler suffisamment et suffit à prévenir toute évasion ' .
On voit que, malgré la sévérité des textes législatifs, la répression du vagabondage n'est point encore parfaite en Allemagne. Il y a une vingtaine d'années, on évaluait couramment de deux à trois cent mille le nombre des individus sans ressources ni occupation qui parcouraient les diverses parties de l'Empire. Ce nombre s'était accru considérablement à la suite de la crise industrielle qui sévit vers 1878. L'initiative privée entreprit alors de compléter l'œuvre de la législation pénale par un ensemble de mesures destinées à offrir un concours et un appui à tout individu de bonne volonté momentanément dénué de ressources. En opérant la sélection, toujours si difficile, entre l'ouvrier sans ouvrage et le mendiant professionnel, on assurait d'autant mieux l'efficacité d'une répression qui ne risquait plus de s'égarer sur des gens uniquement malheureux.
Déjà des efforts avaient été faits pour venir en aide à l'ouvrier de métier voyageant en quête d'ouvrage. Les associations ouvrières, fondées en 1847 par l'abbé Kolping, avaient voulu renouer les traditions hospitalières des anciennes corporations. Elles se syndiquèrent en 1864, au Congrès de "YVurzbourg, pour former une vaste union et, à partir de ce moment, les diverses