‹ Mendiants et vagabondsChapitre 4 sur 56 · Revue pénitentiaire, 1891, p · texte numérisé non relu

Revue pénitentiaire, 1891, p

XII INTRODUCTION

parmi « les déserteurs de l'atelier auquel ils préfèrent la balade. Ils s'en vont deux à deux, frappant à toutes les portes, effrayant les gens de campagne, les femmes surtout, dans les champs déserts ou dans les maisons isolées, exigeant l'aumône et, le soir, un gîte; refusant de travailler et se vengeant parfois d'un refus d'assistance par l'incendie d'une meule de blé et l'empoisonnement d'un chien de garde ».

Le vagabondage parisien, au contraire, se compose d'épaves sociales de toute sorte, « d'indigents infirmes et malades, cherchant à Paris l'assistance qui leur fait défaut dans leurs lieux d'origine et dont ceux-ci se débarrassent; de la masse des déclassés, des dévoyés, malfaiteurs d'hier et de demain, en quête d'aubaines suspectes; de paresseux, d'incapables, d'alcooliques, d'imprévoyants; de bohèmes usés, ayant fini de rire, de lutteurs obstinés, vaincus par la vie et poursuivant toujours et n'importe comment une revanche; et enfin de pauvres gens dont la misère et l'adversité ont détruit l'énergie et les forces ».

Cette « pègre », haute ou basse, habite généralement des auberges spéciales où on couche à la nuit pour quelques sous, et dont les plus tonnues se trouvent aux alentours des Halles ou de la place Maubert *. Quand la journée n'a pas

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