‹ Mendiants et vagabondsChapitre 5 sur 56 · Cf. Georges Bkrrv, Rapport au Conseil municipal, 1891. Ce · texte numérisé non relu

Cf. Georges Bkrrv, Rapport au Conseil municipal, 1891. Ce

INTRODUCTION. XIII

fourni ces quelques sous, on recourt aux asiles de nuit, municipaux ou privés, dont les gérants reconnaissent bien vite ces visages affalés de professionnels. S'agit-il de familles, elles s'installent volontiers dans quelqu'un de ces repaires qui semblent continuer en notre temps la tradition des cours des miracles, la cité Jeanne-d'Arc (XIIe arr1), le passage Bouchardy (XIIe arr1), les impasses des Malmaisons (XIIIe arr1), le quartier des chiffonniers de Levallois. Ces ruelles ne sont pas seulement des foyers de pestilence où des odeurs spéciales décèlent le manque absolu d'hygiène, ce sont en même temps des centres effroyables de corruption morale. L'enfant qui y grandit est perverti inconsciemment par ce qu'il voit tous les jours, par les propos qu'il entend, par une sorte d'ambiance qui le saisit au berceau et le porte naturellement au délit i. Sur 228 enfants d'âge scolaire habitant la cité Jeanne-d'Arc en 1896, 189 n'avaient jamais été inscrits à l'école et les 39 inscrits étaient prodigieusement inexacts 2. Par contre, c'est là où la mendicité professionnelle, la prostitution clandestine, les métiers interlopes

document résume une intéressante enquête sur les bas-fonds parisiens. Voir aussi le livre si documenté de M. Louis Paolian, Paris qui mendie, Paris, 1893.

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