‹ Mendiants et vagabondsChapitre 9 sur 56 · J.-J. JUSSERAND, Op. Cit., p · texte numérisé non relu

J.-J. JUSSERAND, Op. Cit., p

2. Fr. Paulsen, Grûndung, Organisation und Lebensordnungen der deutschen Universitâten im Mittelalter. — Cité par J.Janssen, l'Allemagne à la fin du moyen âge, traduction Paris, Paris, 1887, t. Ier, p. 73.

Cette situation se modifia profondément quand sévit d'une manière permanente la guerre, bientôt suivie par la famine et la peste, ses fidèles compagnes. Au bout de quelques années, les terres demeurent sans culture, les famines sont de plus en plus fréquentes, les villages deviennent déserts. Les paysans ruinés se réfugient dans les forêts, où ils vivent en brigands, à moins qu'ils ne préfèrent gagner les villes, où les mendiants sont dès lors innombrables. D'autres émigrent vers des pays plus paisibles, comme les Flandres. Pétrarque, traversant la France sur la fin du règne du roi Jean, ne reconnaît plus ce pays si prospère jadis ' .

Si la paix survenait, c'était un autre fléau. Les soldats licenciés ne se soucient pas de se remettre au travail. Ils forment ces bandes de brabançons, écorcheurs, routiers, malandrins, dont les historiens nous énumèrent à chaque page les méfaits et qu'on tenta vainement, à plusieurs reprises, de détourner sur l'étranger.

Aussi les rois et leurs conseillers se préoccupaientils, aussitôt la paix rétablie, d'assurer l'ordre par une série de mesures coercitives. Déjà Charlemagne et saint Louis, en recommandant d'exercer l'hospitalité envers les passants, prescrivent de prendre des précautions contre les mendiants 2. Nombreux sont les conciles qui ont fulminé contre les moines en rupture de ban, ces « gyrovagues », dont saint Augustin dénonçait jadis l'hypocrisie et les excès 3. En pleine guerre de Cent Ans, le 27 février 1350, Jean-le-Bon avait rendu une ordonnance souvent citée comme le point de départ

\. Senilium, lib. X, ep. 2. Cité par Levasselr, Histoire des classes ouvrières en France, 1859, t. Ier, p. 423.

2. Voir notamment dans Iî.vi.u/.k. Capitularia Regum Francorum, 1780, in-fol., t. Ier, cap. a, un capitulaire de 794, § 33, col. 268, et un autre de 806, § 10, col. 484. — Voir aussi Établissements de saint Louis, cl». 3i, dans Isambf.rt, Anciennes lois françaises, t. Ier.

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