ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Tous les cas dont nous rapportons les observations n'ont pas reçu le contrôle de l’autopsie. Lorsque Îla vérification anatomique à pu être pratiquée, elle a montré des lésions d'intensité très variable.
Une fois les méninges mises à nu, il est rare qu’on les trouve tapissées d’une épaisse couche purulente. Cependant, le fait n’est pas impossible. Pour nous en convaincre, nous n'avons qu'à nous reporter à l'Observation XV, où Lôüwy nous parle d’une méningite survenue à la suite d'une otite aiguë récidivée qui aboutit à la mort après une évolution de deux jours, sans qu'aucun symptôme auparavant n'ait attiré l’attention sur la mastoïde. L'auteur déclare que le cerveau flottait dans le pus qui avait envahi même la convexité.
La plupart du temps, l’évolution de la maladie a
PEN pes été beaucoup trop rapide pour qu’une suppuration aussi marquée ait pu se constituer. Cependant, la méningite n’en est pas moins caractéristique.
A l'ouverture du crâne, on est habituellement ‘frappé par une congestion veineuse généralisée, et très intense de la dure-mère qui, d'autre part, présente souvent des adhérences partielles à l’endocrâne. La même congestion veineuse se retrouve au niveau des méninges molles.
Sur ces dernières on constate, en outre, des exsudats purulents. Ils sont surtout apparents au niveau des vaisseaux, le long desquels ils se disposent en traînées blanchâtres. On en trouve un peu partout, car un des principaux caractères de la méningite otogène foudroyante est d’être diffuse. Toutefois, cette généralisation n'empêche pas le processus suppuratif de prédominer en certains points. La base est généralement plus atteinte, quoique les plaques purulentes ne soient pas rares au niveau de la convexité. La pie-mère du cervelet et du bulbe offre des lésions comparables à celles que nous avons rencontrées pour le cerveau. Dans la région du chiasma, la présence du pus est à peu près constante. Lorsqu'on a récliné la masse encéphalique, nous dit l'observation XIX, on voit sourdre du pus par l’orifice supérieur du canal rachidien.
Quelquefois, sans être strictement unilatérale, la méningite prédomine avec évidence sur un hémisphère. Cette latéralisation peut être en rapport avec celle de l'oreille qui a été le point de départ de l'infection.
Di À l’autopsie du malade de l'observation I qui avait eu une otite gauche, on trouve une méningite purulente très intense le long des vaisseaux du lobe gauche et surtout au niveau de la région temporale.
Les coupes du cerveau et du cervelet ne montrent pas de lésions macroscopiques.
Lorsqu'on arrive sur le rocher, on peut en général reconstituer la voie par laquelle a pénétré l’infection. Mais il est aussi des cas où elle ne laisse aucune trace derrière elle. |