CHAPITRE IV
SYMPTOMATOLOGIE
Puisque nous avons affaire à une méningite rapidement diffuse, il faut nous attendre à rencontrer chez elle les mêmes symptômes que dans les autres méningites aiguës généralisées. Il nous suffira donc de signaler les particularités dont quelques-uns d’entre eux peuvent être l’objet par suite de l’origine auriculaire et de la rapidité de l'infection.
a) Vomissements. — Le vomissement marque souvent le début des accidents méningés. Qu'il soit unique, ou qu'il se produise plusieurs fois, sa nature varie. S'il n’est pas rare qu'il prenne l’aspect du vomissement cérébral, simple évacuation sans efforts, on le voit très bien aussi s'accompagner de nausées. La présence de vomissements alimentaires abondants est facilement expliquée chez des sujets qui,
bre jusqu’au voisinage de la mort, ont pu vivre leur vie habituelle, et qui s’alimentent comme en pleine santé quelques heures où même quelques minutes avant que se déclare leur méningite.
b) Constipation. — La constipation ne nous arrèêtera pas, car l’évolution de la maladie est trop rapide pour qu'on puisse en tenir compte.
c) Céphalée. — Beaucoup plus importante est la céphalée. Quelquefois partie de la région auriculaire, elle se généralise rapidement à toute la tête. D'une violence extrême, elle ne se laisse calmer par aucun médicament et s’exaspère sous l'influence des causes les plus minimes.
d) Fièvre. — Une élévation notable de la température s’observe dès qu'apparait la méningite. Deux cas sont à envisager. Dans l’un, nous nous trouvons en présence d'un sujet qui n'avait pas de fièvre. Dans l’autre, au contraire, l’otite prémonitoire de la complication méningée a délerminé une réaction fébrile, mais peu importante. Rappelons, toutefois, qu'on voit fréquemment la fièvre ainsi que Îles autres phénomènes aigüs de l'otide s’atténuer ou disparaître au moment où va survenir la méningite.
Quoiqu'il en soit, dès que cette dernière éclate, on observe une ascension brusque et élevée du thermomètre, qu'il s’agisse d’un fait entièrement nouveau, ou de l’aggravation subite d’une fièvre déjà existante.
Les constatations qui précèdent sont nettement confirmées par plusieurs observations.
Dans l’Observation XVI et dans celle de Wicart, nous trouvons des malades qui, après avoir présenté pendant plusieurs jours une fièvre moyenne en rapport avec un état pathologique de l'oreille, étaient redescendus à une température normale. Dès les premières manifestations de la méningite, le thermomètre s'élève à 4o° ou Ar°.
Dans l'Observation XVIL, il s’agit d’une malade qui est en traitement pour otite suppurée. Le matin, sa température est de 38°3, mais son état général ne donne aucune inquiétude. À 3 heures de l’après-midi débute la méningite. Le thermomètre a monté de deux degrés. Il marque 40°3.
Une fois apparue, l’hyperthermie se maintient pendant toute la durée de la maladie. On a même signalé quelquefois que le corps conserve sa chaleur pendant très longtemps après la mort.
Toute règle, il est vrai, a ses exceptions. Aïnsi, dans l'observation IT, nous voyons la fièvre n’apparaître que peu de temps avant la mort, et après tous les autres symptômes.
e) Pouls. — Quoi qu'il ne soit pas toujours e:: rapport avec la température, le pouls est généralement mou et rapide.
Aux réactions générales de l'organisme, comme l'élévation thermique et la tachycardie, nous joindrons certains faits moins fréquents comme les sueurs profuses et un amaigrissement considérable