‹ Méningite otogène: à forme foudroyanteChapitre 31 sur 33 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

(Inédite, due à l’obligeance de MM. Lannois et SARGNON).

M. J..., caporal au 325° d'infanterie, blessé le 14 février 1915, par balle ayant pénétré à la partie externe de l’orbite droit, et sortie au niveau de la mastoïde du même côté, rentre à Desgenettes le 21 mai.

Il se plaint de surdité de l'oreille droite. Le conduit auditif est bourgeonnant et suppure. Légère douleur à la pointe de la mastoïde.

Le 23, gonflement mastoïdien net. Douleur en arrière de la cicatrice. La veille au soir, la température était de 39 degrés. MM. Lannois et Sargnon tentent une intervention. La mastoïde est aplatie au-dessous de l’antre ; carie osseuse à la pointe antérieure de la mastoïde. Pas de cellules mastoïdiennes, mais la curette ramène du tissu spongieux. Suppuration nette, mais peu abondante au niveau de l’antre. Résection de l’aditus par voie externe, mais pas complète. Résection très large du conduit, dont la paroi postérieure est continuelle et bourgeonnante. Suture postérieure totale.

Les suites de l'opération sont très favorables. La température tombe. Pendant une quinzaine de jours le malade va très bien. Il n’a plus de fièvre. On le considère comme guéri.

Le 11 juin, au soir, il se plaint de céphalée, mais n’y attache pas d'importance, car il est sujet aux migraines.

Le lendemain, des accidents de méningite suraigüs apparaissent.

Le 13, nouvelle opération. Curetage de la caisse de l’antre, mise à nu du sinus droit qui est sain, et de la dure-mère. Pas de pus. Trois mouchetures de la duremère sans issue de liquide céphalo-rachidien.

Une ponction rachidienne au début de l'intervention avait donné environ 4o cc. d’un liquide très louche sans hypertension.

Le coma est survenu très rapidement. La température très élevée oscille autour de 4o degrés.

Le 14, au matin, une ponction lombaire donne issue à un liquide purulent abondant et hypertendu. La mort survient dans la nuit.

Autopsie. — A l'ouverture du crâne, la dure-mère adhère par places à la voûte et présente une congestion veineuse très intense.

Vascularisation veineuse également très marquée de la pie-mère, surtout au niveau des lobes pariétaux, et plus spécialement à droite. Quelques traînées purulentes le long des vaisseaux pie-mériens.

À la base, plaques purulentes au niveau du chiasma. Les sinus sont très congestionnés. Pas de thrombose du sinus latéral droit. La dure-mère se détache bien en général, mais semble adhérer plus intimément à la face postéro-supérieure du rocher gauche. A droite, au niveau du toit et de la scissure de Glaser, elle est dépolie et épaissie sur ses deux faces. En outre, exsudat purulent sur sa face interne.

Pas de pus au niveau du conduit auditif interne droit. A la partie interne de la scissure de Glaser, à droite, on note une déhiscence qui n’est pas suppurée. Au niveau

PR a du toit de la caisse du même côté, point d'ostéïte avec perte de substance très apparente. |

Pas de lésions de l'oreille interne droite.

Traînés purulentes sur la pie-mère du cervelet. Pas de lésions du cervelet ni du cerveau.

Examen du liquide céphalo-rachidien (Professeur P. Courmont). — Liquide louche. Gros culot. Polynucléose.

Pas de méningocoques, mais cocci groupés en diplocoques et en chaînettes, intra et extra-cellulaires, gardant le Gramm.. Apparences morphologiques en faveur du streptocoque plutôt que du pneumocoque.

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