NOEL
Il y a donc eu un brusque afflux de polynucléaires, de formation récente, car ils sont à contours nets et parfaitement conservés.
Le 17 décembre. La ponction lombaire a beaucoup soulagé le malade; la céphalée est légère et la fièvre a de nouveau disparu.
Le 21 décembre, on fait une huitième ponction lombaire : liquid à peine louche. La formule leucocytaire indique la réapparition de la lymphocytose :
EMERDIOOV EE SERRE ENT TER ope voile 60 Polynucléaires . .
Grands monos
Le 24 décembre. Le malade, très amélioré depuis sa dernière poussée, semblait presque complètement guéri et en pleine convalescence, lorsque, brusquement, la céphalée reparaît, accompagnée de vomissements et d’une légère élévation thermique.
Le 25 décembre, on pratique une neuvième ponction lombaire, le liquide est un peu louche et donne un culot abondant.
La formule leucocytaire s’est de nouveau modifiée.
POLYAUCICDITES MERS D TN NT rt done 84 MID CYLE SRE NS AE CN Rue 12 GRANSÉMONC EMA EP E E EN ETMS T ECR. d
Il y a donc eu une nouvelle poussée aiguë avec afflux de polynucléaires, en tous points comparable à la précédente.
Le 26 décembre. Le malade va de nouveau beaucoup mieux, on pratique une dixième ponction lombaire. On retire 15 cent. cubes d'un liquide à peu près limpide. La formule leucocytaire montre le retour de la poussée lymphocytique.
Lymphocytes . RTE lon AIT
TEEN PERTE 60 BONHNCIRES RESTE CORRE UC 40 3 janvier. — L'amélioration continue, mais le signe de Kernig
subsiste.
Onzième ponction lombaire : liquide absolument eau de roche. Culot de centrifugation presque inappréciable. Lymphocytose pure.
12 janvier. — Tous les phénomènes aigus ont disparu, mais le malade reste extrêmement faible et très amaigri; il présente de l’incontinence des sphincters et des phénomènes délirants intermittents. Pas de modification des réflexes, le signe de Kernig persiste à un degré léger. |
Douzième ponction loinbaire, liquide eau de roche. Malgré une centrifugation prolongée, le culot est invisible. Néanmoins, on y trouve encore quelques très rares lymphocytes.
PRE Ne
30 janvier. — Le malade est maintenant en pleine convalescence et sa guérison peut être considérée comme complète; les légers troubles mentaux et l’incontinence des sphincters ont complètement disparu.
Le malade s'alimente et engraisse rapidement. Le signe de Kernig a disparu.
Restait à établir la nature exacte du diplocoque trouvé en si grande abondance dans le liquide céphalo-rachidien de la première ponction. Nous avons vu qu'il se montrait comme un diplocoque intracellulaire, en grain de café, ne prenant pas le Gram, et présentant par conséquent tous les caractères morphologiques du méningococeus intracellularis de Weichselbaum.
La culture du liquide céphalo-rachidien sur bouillon peptoné donna des résultats positifs en vingt-quatre heures ; le bouillon est trouble et d'aspect homogène ; on y trouve en culture pure des diplocoques, dont un certain nombre groupés en tétrade ne prenant pas le Gram. Les cultures sur bouillon glycériné poussent également avec facilité. Sur gélose simple, le microbe pousse mal, mais il se développe par contre avec une grande facilité sur gélose-ascite, donnant des colonies translucides, en nappe, et peu saillantes. Ce germe pousse donc avec plus de facilité sur les milieux usuels que ne le fait le méningocoque de Weichselbaum.
Plusieurs inoculations à la souris, pratiquées dans le tissu cellulaire, dans la cavité pleurale et dans la cavité péritonéale sont restées sans effet.
Notre collègue M. Dopter, à qui nous. avons montré nos cultures, a bien voulu, avec la plus grande obligeance, identifier ce microbe d’une façon exacte et à établi que nous avions affaire au Diplococcus siccus, variété de pseudoméningocoque qui se distingue du vrai méningocoque par les caractères suivants :
1° Les cultures sont sèches, adhérentes aux milieux solides et très difficiles à émulsionner dans les milieux liquides, les cultures de méningocoque étant, au contraire, beaucoup plus molles et d’une émulsion facile ;
2° Le microbe, est fortement agglutiné par le sérum antiméningococcique à 1/100, plus faiblement à 1/200, mais il présente les mêmes caractères d’agglutination avec un sérum normal. Il n’est pas agglutiné par l’eau physiologique ;
3° L'épreuve de la fermentation des sucres a montré qu'il faisait fermenter le glucose, le maltose et le lévulose, alors que le vrai méningocoque ne fait pas fermenter le lévulose.
La différenciation du diplocoque trouvé dans les fosses nasales n’a pas été faite d’une façon complète, mais nous avons pu l'isoler et en
TEE
obtenir des cultures pures sur gélose-ascite, ayant les mêmes caractères macroscopiques et microscopiques que celles du diplocoque du liquide céphalo-rachidien; il s’agit donc bien, selon toute vraisemblance, du même agent pathogène.
Os. 6. — Méningite à D. flavus. Bacinsky, observation 5, dans l’article : Ueber Meningitis cerebrospinalis pseudo-epidemica, Berliner klinische Wochenschrift, 1907, p. 388.
L'enfant, âgé de un an et onze mois, fut amené à l'hôpital le 19 février 1907; il était dans le coma, avec une forte raideur de la nuque et 40 degrés de température. I mourut dès le 3° jour, après être resté sans connaissance avec une raideur de la nuque, une contracture générale très marquée et 41°5 de température tout à fait à la fin. |
L'autopsie montra une méningite purulente en nappe, de toute la convexité du cerveau, et très peu de la base. Pas de tuberculose. La moelle épinière est libre de tout enduit purulent; la pie-mère est un peu terne avec des reflets rouge jaunâtre. Légère otite des deux côtés.
Les recherches bactériologiques ont donné les résultats suivants: Le pus de la convexité du cerveau contient des cocci disséminés, sans aspect caractéristique.
Dans la culture I sur agar en boîtes ou en tubes ont poussé des staphylocoques blancs et dorés. Mais, en outre, on voit : des colonies délicates, très ténues que l'examen microscopique montre constituées par des germes ayant l'aspect de streptocoques. Après repiquage sur agar-sérum et sur agar ordinaire, ils poussent assez abondamment en confluant. En bouillon, dépôt assez épais. Ils sont Gram positifs.
L'inoculation à la souris (1/2 cc.) la tue après deux jours. Les préparations directes du sang du cœur de l'animal montrentles leucocytes chargés de cocci ressemblant à des méningocoques. Ils se présentent sous la forme de diplocoques, les uns extra, les autres inlracellulaires. Repiqués sur agar, ces germes poussent bien à la température de la chambre, contrairement au méningocoque; leurs cultures ont un aspect jaunâtre: ils sont Gram positifs. Cultivés en bouillon, ils ne présentent ni chainettes, ni tétrades. Ils sont vraisemblablement des M. flavus.
Dans quelques milieux de culture ensemencés avec le pus de la convexité du cerveau, il pousse aussi des colonies délicates qui, réensemencées sur bouillon, forment des chaïnettes longues et typiques de streptocoques. Ils sont pathogènes pour la souris. La moelle fournit des résultats analogues à ceux du cerveau,
Dans le pus de l'oreille gauche : des staphylocoques, des pneumocoques qui, inoculés, donnent des microbes encapsulés chez la souris.
Ni avec le pus du cerveau, ni avec celui de la moelle ne cultiveront des pneumocoques.
OBs. 7, de ProcHAskA, in Z'hèse de FAURE-BEAULIEU.
B... H., dix-neuf ans, garcon de brasserie, est apporté à l'hôpital le 24 octobre 1903 dans un état très grave. Le 22 octobre, il est tombé malade avec une fièvre élevée. Depuis le 23 octobre sont apparus des symptômes de méningite. Le malade, inconscient, ne peut donner par lui-même de renseignements. D'après sa mère, tout le reste de la famille aurait une bonne santé; lui-même aurait eu la rougeole dans l'enfance et pas d’autre maladie depuis. *
24 octobre. — Homme de taille moyenne, de charpente peu robuste. Peau pâle et sèche; température axillaire, 39°1. Coma complet; le malade fait seulement de temps à autre quelques mouvements des mains pendant qu’on l’examine. Raideur de la nuque très marquée, la tête est très peu mobilisable latéralement, pas du tout en avant : on peut soulever le malade par l'occiput. Pas de plaie ni de cicatrice. Yeux à moitié ouverts, globes tournés en haut et en dedans. Pupilles normales réagissant vite et bien à la lumière. Enduit fuligineux sur les lèvres et la langue. Pas de cicatrices au cou, pas d'adénites. Rien au poumon. Respiration régulière, accélérée à 32.
Rien au cœur. 100 pulsations. Ventre plat et tendu, rate et foienon palpables. Vésicule séminale gauche augmentée de volume.
Rien aux testicules. Réflexe crémastérien normal des deux côlés, de même le réflexe rotulien. Pas de Babinski.
À chaque contact, le malade crie et remue les mains. Il perd ses urines. Constipation. Pas de modifications du fond de l'œil.
26 octobre. — Apathie plus profonde, moins d'hyperesthésie cutanée. Par la ponction lombaire, il ne s'écoule pas de liquide.
28 octobre. — On peut recueillir un peu d'urine. On n'y trouve ni albumine ni sucre ni diazo-réaction. Pas de sédiments.
La température, dans les premiers jours, reste fébrile ; aujourd'hui, il y a des rémissions jusqu’à 37°4, mais le malade prend 0 gr. 30 de pyramidon.
30 octobre. — Inconscience moins complète, il demande à boire; mais il retombe à midi dans le coma complet. Légère rougeur de la papille à l'examen ophtalmoscopique Pouls à 180, petit, précipité. Respiration irrégulière, 60.
Sur bouillon-ascite se forment alors les pellicules minces caracté-
Le po.
ristiques, et au microscope on reconnait les caractères du gonocoque.
Par repiquage sur gélose-ascite, le microorganisme obtenu se comporte comme le gonocoque; ilne pousse pas sur gélose glycérinée. Les petites colonies ne peuvent être considérées que comme des colonies de gonocoque, et on ne peut les confondre avec le méningocoque. Prise de sang à la basilique médiane.
31 octobre. — Mort à six heures du matin.
Autopsie, le même jour, à 10 heures. À l'ouverture du sac dural de la moelle, il ne s'écoule pas de liquide. Dans la région du renflement cervical, très forte hyperesthésie des méninges molles, vaisseaux de la pie-mère très tortueux; entre les renflements cervical et lombaire, il \ a exsudat purulent, crémeux, adhérent, plus abondant encore sur les parties inférieures de la moelle. Sur les coupes, la moelle ne montre pas d’autres lésions qu’une rougeur diffuse dans la région cervicale, et quelques plaques calcaires dans la région dorsale.
Crâne dolichocéphale, diploé très développé. Coagulum récent dans le sinus sagittal supérieur. Légers dépôts de fibrine sur la face interne de la dure-mère; réplétion et état contourné des vaisseaux de la piemère; aux deux côtés des veines, il y a exsudation commencante. Dans les fosses de Sylvius, pas de tubercules, non plus que dans les autres régions du cerveau et de la moelle. Dans les régions isolées de la convexité cérébrale et de la base, il y a des dépôts petits, épais, Jaunes, purulents, notamment dans la région du vermis cérébelleux supérieur. Oreille moyenne intacte des deux côtés.
Cerveau congestionné, vu sur les Fo longitudinales et (raser sales usuelles; quelques petits foyers isolés grisätres, grands comme des têtes d'épingles.
Dans les poumons et le cœur, pas d’autres lésions que de petits foyers pneumoniques dans les deux lobes inférieurs.
Rate petite. Reins congestionnés, sans autre lésion macroscopique. La vessie contient un peu d'urine trouble, la muqueuse est saine, les plexus prostatiques montrent des thrombi frappants par leur quantité. Dans le milieu du testicule droit, il y a une formation radiée fibriueuse. À la coupe de la prostate, on voit sourdre un bouchon purulent du conduit éjaculateur. Dans la vésicule séminale gauche, pus jaunatre; la droite est normale. Dans l’urètre, pas de sécrétion purulente pas de rétrécissement.
Diagnostic anatomique. — Méningite purulente spinale; exsudats purulents sur le cerveau; foyers encéphaliques multiples, Schluckpreumonie lobulaire des lobes inférieurs. Contenu purulent dans la vésicule gauche et le conduit éjaculateur. Cicatrice fibreuse du testicule. Thrombis des plexus prostaliques.
Examen bactériologique. — Dans les frottis du pus des vésicules séminales et des méninges, on colore par le bleu de méthylène des diplocoques intracellulaires qui ressemblent identiquement à ceux d'un frottis de pus urétral blennorragique.
Décoloration par le Gram.
Le pus méningé est ensemencé sur gélose-ascite et sur bouillonascite.
Les cultures montrent au bout de deux jours de petites colonies gris bleuâtre avec état granuleux au centre, bords lobés et fissures radiaires; les diplocoques, au microscope, sont identiques à ceux retirés du sang. Il ne pousse pas d’autres microbes.
Examen histologique. — Des morceaux de vésicule séminale et de moelle sont durcis au formol, à l'alcool et au liquide de Müller. Les coupes de vésicules montrent une accumulation de leucocytes, dont plusieurs contiennent des gonocoques décolorés par le Gram. De même, dans les dépôts purulents de la moelle, on voit par places des diplocoques intracellulaires, tantôt peu nombreux, tantôt très nombreux dans chaque cellule.
Dans certains endroits des préparations, les leucocytes chargés de gonocoques sont les uns contre les autres; ailleurs, on ne trouve pas de diplocoques, les diplocoques libres sont très rares.
Les amas de leucocytes se voient particulièrement dans la région des cornes postérieures et, entre celles-ci, séparent en partie les racines rachidiennes; cà et là, les noyaux des leucocytes sont mal colorables par l’hématoxyline. Les vaisseaux sanguins des méninges sont fortement remplis de sang. Dans la moelle même, les coupes faites à différentes hauteurs ne montrent pas de lésions; dans les coupes durcies au Müller, il n’y a pas de foyers myélitiques, seulement de légères lésions superficielles.
O8s. 8. — Un cas de méningite gonococcique, par le D'R. DE JOossELIN pE JonG, moniteur de bactériologie à l'hôpital de Rotterdam, in Centralblatt für Bakt. und Parasitenhunde, Bd XLV, 1908, p. 501-
H... R..., âgé de dix-neuf ans, ouvrier, célibataire, entre à l'hôpital le 30 mai 1907.
Le 47 mai, il rentrait chez lui après son travail, lorsqu'il se sentit malade, éprouvant déjà depuis plusieurs jours des maux de tête et de la lassitude. Il avait déjà remarqué qu’il ne pouvait ouvrir la bouche toute grande. Il n'avait éprouvé ce fait qu’un seul jour. Il déclara avoir ” déliré un jour au début de sa maladie et jamais depuis.
AU
RE à
Maintenant il se plaint : de fièvre, d'une toux légère après laquelle il rejette quelques crachats blancs, de manque d’appétit, mais d’une soif intense. Un peu de constipation. Miction normale.
IL a toujours été bien portant, iln'a jamais eu d'écoulement d'oreilles.
Il n’a souvenir d'aucun trauma et n’a jamais saigné du nez.
Pendant la nuit, il transpire abondamment. Il est très amaigri.
Père et sœur (une) bien portants. Mère morte d'influenza.
Eat actuel, 1° juin 1907. -- Le malade est dans le coma complet, il est très pâle, pas d’herpès labial. La langue est rouge, humide, un peu chargée. Les pupilles, d’égale grandeur, réagissent bien à la lumière. Les mouvements des yeux sont normaux. j
Les fonctions du système nerveux ne dénotent aucun trouble.
Le pouls est à 68, non dicrote, régulier. Respiration régulière. Température élevée, au premier jour, 39°7.
Pas de dermatographisme.
La raideur de la nuque et le signe de Kernig sont constatés de facon certaine. Aucune douleur à la pression sur le crâne. Pas de vomissements.
Sauf une légère diminution d'intensité des bruits transmis par la percussion d’un sou au sommet de la partie gauche du thorax, les organes du thorax sont normaux.
De même, l'abdomen ne présente rien d’anormal,
Foie et rate non lperceptibles; pas de météorisme. Pas d’éruption. Pas d'’æœdème. Réflexes rotuliens normaux.
Les urines contiennent des traces d’albumine, pas de sucre. Dans les sédiments, une masse de corpuscules.
Diazoréaction négative.
Les crachats me parurent devoir être examinés : ni tuberculose ni paeumocoques.
Les recherches d'agglutination parle procédé de Widal furent négatives, Lyphus et paratyphus, toutes deux 17/2 6.
Le malade était à l'hôpital depuis quelques jours, lorsqu'on constata à la pression de l’urèêtre un écoulement purulent; celui-ci contient du gonocoque en quantité énorme, presque à l’état de culture pure, intra et extra-cellulaire.
Un examen plus détaillé montre l'existence d’une urétrite gonococcique antérieure.
La fièvre est intermittente, le malade fait connaître alors que, le 9 mai, c’est-à-dire trois semaines avant son arrivée, il a praliqué son dernier coït, et que, depuis, il n’a jamais éprouvé aucun écoulement u rétral ni aucune miction douloureuse.
Le 48 juin, une ponction lombaire est pratiquée ; elle montre que la pression, dans le canal rachidien est élevée ; un liquide légèrement trouble sort par la canule. 10 cent. cubes de ce liquide de ponction me furentenvoyés; je n’ai pu ytrouver ni méningocoques nigonocoques.
Dans l'intervalle, le jeune homme présentait toujours les signes d'une méningite très évidente. La raideur de la nuque et le signe de Kernig sont manifestes le 27 juin. Les réflexes rotuliens sont exagérés des deux côtés. Le malade maigrit énormément.
Le dermatographisme est marqué.
Le 26 juin, une deuxième ponction lombaire est pratiquée. (Voir le résultat de l'examen bactériologique plus loin.)
Le jour suivant, la force musculaire des membres supérieurs est diminuée, les réflexes ne sont pas modifiés, la sensibilité est normale. La force des membres inférieurs est aussi un peu diminuée. Le malade se tient facilement debout, les réflexes rotuliens et achilléens sont normaux à gauche, mais disparus à droite. Les réflexes plantaires ne sont troublés d'aucun côté, peut-être un peu augmentés, pas de clonus. Aucun trouble de la sensibilité. Pas de troubles du côté des sphincters. Pas de décubitus acutus. L’abdomen est un peu affaissé.
Le 2 juillet, un léger degré de surdité et une diminution des mouvements des yeux du côté droit.
On observe un changement très rapide du teint. Le soir, délire très marqué. Le bras droit est raide, la jambe droite a des convulsions. Mictions involontaires.
Le jour suivant. 3 juillet, il est très abattu, il a de l'incontinence d'urine. Les pupilles sont très dilatées, elles réagissent très peu à la lumière, sont également grandes.
Une nouvelle ponction lombaire est faite : on prélève 95 cent. cubes d’un liquide légèrement trouble, dans un tube stérile avec toutes les précautions aseptiques possibles.
La tension du liquide dans le canal rachidien était très élevée. A la suite de cette ponction, on constate une amélioration lrès rapide.
Déjà, dès le lendemain de cette ponction, le patient fut beaucoup mieux ; les signes de compression cessèrent ; le malade est tranquille et a entière connaissance. La céphalée est très diminuée. L'incontinence d'urine est passée. La pâleur décroit. Les réflexes sont normaux, ainsi que la sensibilité.
Le 9 juillet, le malade se trouve beauconp mieux; landis que, dans le cours des semaines précédentes, il voyait double, il voit maintenant de nouveau fort bien. x
La raideur de la nuque est en grande partie disparue, le signe de Kernig est encore perceptible, mais à un degré négligeable.
PRET re
Aujourd'hui, le 5 août, le malade ne présente plus de signes de maladie quels qu'ils soient.
Il n'a pas de fièvre; il a un excellent appétit.
Raideur de la nuque, signe de Kernig, et autres signes méningés sont disparus entièrement.
O8s. 9. — I. D. Biex. Contribution à l'étude de la méningite aiguë gonococcique. Wratschebnaja gazeta, 1907, n° 46, analyse in Zentralblatt für innere Medizin, n° 6, p. 144, Bd 29°, 1908.
Observée sur un malade, qui contracta une gonorrhée en septembre 1905, soigné par le permangauate de potasse, vit son écoulement disparaître et se considéra comme guéri.
Environ un an après, il tomba malade et il mourut avec des signes incontestables de méningite.
L’aulopsie confirma le diagnostic posé pendant la vie. Les méninges molles étaient injectées et un peu troubles.
Entre l’arachnoïde et la méninge molle de la partie antérieure de la surface convexe des deux hémisphères, on vit aux parties correspondantes du lobe frontal et pariétal, un amas d’exsudat séro-purulent, sous forme de foyers purulents ou de plaques irrégulières, qui étaient silués particulièrement à droite et sur les bords du sillon longitudinal.
L'examen microscopique montra dans le pus prélevé sur la méninge molle, comme aussi dans le sang du ventricule droit et les sécrétions urélrales, des gonocoques caractéristiques, et cela ne souffre aucun doute, que les gonocoques pénétrés dans la circulation ont pu de là gagner les différents organes.
Ogs. 10. — Méningite gonococcique, par G. HENDERSON el RireuE (Edinburgh). Aeview of Neurology and Psychiatry, vol. VIT, n° 2, p. 75-87, février 1909, analyse de la Aevue de Neurologie.
Un homme de vingt-trois ans, robuste, et de santé parfaite jusqu’alors, est pris, le huitième jour d’une blennorragie, de fièvre, de céphalée intense avec rigidité de la nuque; quelques vomissements. Le lendemain, on fait une ponction lombaire, qui donne un liquide trouble s'écoulant sous forte pression; des polynucléaires, pas de microbes. La ponction lombaire procura un soulagementtrès marqué, mais qui ne se maintint pas; elle fut répétée cinq jours plus tard, et, dans les préparations, on constata un diplocoque ne prenant pas le Gram, libre ou inclus dans les polynucléaires.
Cependant, le genou droit du malade était devenu douloureux, il
OR
était tuméfié; l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil du côté droit était prise de même facon.
Ullérieurement, la maladie évolua avec des phases d’aggravalion chaque fois jugulées par la ponction lombaire, dont l'effet fut toujours sédatif. Pas d’autres incidents qu'un hoquet qui dura huit jours et faillit compromettre la vie du malade, alors que les dangers de la méningite étaient déjà atténués.
Pendant les cinq semaines de maladie, sept ponctions lombaires furent pratiquées. Ce fut le seul traitement actif. Les arthropathies guérirent, elles aussi, si bien qu'après une convalescence de quelques semaines, le sujet avait repris son état de santé antérieur {sans être affligé de ces séquelles que laisse trop volontiers après elle la méringite méningococcique.
La vérification du diagnostic de l'agent pathogène de cette méningite aiguë avec arthrites, et consécutive à une urétrite gonococcique, concentre l'intérêt : un diplocoque avait été constaté dans le liquide céphalo-rachidien ; mais il restait à savoir si une infection gonococcique générale s'était manifestée par une méningite et des arthrites, ou bien si l'infection avait été double : gonococcique (urétrite) et méningococcique (méningite et arthrites) ; aucune tentative de culture ne réussit.
Du liquide céphalo-rachidien de la ponction du dixième jour fut inoculé dans le péritoine de trois souris et d'un jeune cochon d'Inde. Le bon état persistant de ces animaux ne s'accorde pas avec la nature méningococcique de l’infection.
L'agglutination fournit une preuve positive : le sérum du malade, recueilli au vingt-sixième jour de sa maladie, agglutinait complètement les suspensions de gonocoque (1 p. 100) en trois heures, alors qu'il n'avait qu'une action agglutinative très faible sur le méningocoque.
Enfin, la fixation du complément a établi d’une facon indiscutable la nature de l'infection ; les auteurs mettaient en présence : 4 cent. cube d'une suspension de gonocoque (antigène), du sérum de cobaye (complément), du sérum du malade inactivé (anticorps), des globules rouges de bœuf et l’anticorps hémolytique. Dans une autre série d'expériences, la suspension de gonocoque a été remplacée par la suspension de Mméningocoque. Tandis que, dans les premières séries d'expériences, l'hémolyse se faisait mal ou ne se faisait pas, dans la deuxième série (méningocoque), cette hémolyse fut toujours complète. La conclusion s'impose : le sérum du malade contenait un anticorps gonococcique thermostable, mais pas d'anticorps méningococcique.
Voici maintenant des observations de méningite dues à des cocci Gram négatifs, qui, incontestablement, pe sont pas des
Le. 44
LISE VOD
méningocoques, mais dont l'identification complète n’a pu être réalisée. S'agit-il de pseudoméningocoques ou de ces germes que nous étudierons sous le nom de paraméningocoques ?
Dans trois observations, il s’agit de pseudo, sans qu'il soit possible de faire entrer ces germes dans une des races particulières que nous avons décrites.
Dans une autre observation, celle observée à l'hôpital Pasteur, il s’agit peut-être de para, mais les recherches bactériologiques sont poursuivies, et une détermination exacte sera donc possible ; l'observation et l'étude bactériologique, seront, du reste, ultérieurement publiées.
O8s. 11, inédite des D'° DarRé et Dumas (1). — Gas de méningite due à un germe voisin du méningocoque, observé à l'hôpital Pasteur.
Gabrielle G..., vingt-neuf ans, entre le 23 avril 1912, à l'hôpital Pasteur.
Le début de sa maladie remonte au 17 mars 1912; ce jour-là, elle s’est sentie indisposée, se plaignant de fatigue, de malaise général, de courbature. Le lendemain, lundi 48 mars, est apparue une céphalée violente, qui a persisté le lendemain s’accompagnant de troubles de la vue (amblyopie). Les symptômes persistent sans amélioration, et le médecin appelé constate tous les signes d'une méningite cérébrospinale. Le 22 mars 1912, on pratique pour la première fois une injection intrarachidienne de 30 cent. cubes de sérum antiméningococcique de Dopter. La ponction est suivie d’une amélioration considérable qui se poursuit le lendemain samedi 23 mars. Mais, le soir, la céphalée reprend, elle s'accentue le lendemain 2% mars, et on doit pratiquer une seconde injection de sérum : cette fois, l'amélioration n’est pas aussi nette ; dès le soir, les douleurs ont réapparu, la contracture est intense et on a recours aux bains chauds à 38 degrés. À partir de ce moment, les symptômes méningés persistent sans s’amender malgré dix-sept ponctions suivies d'injection de sérum, pratiquées du 17 mars au 929 avril; malgré les bains chauds, les frictions de collargol, les injections d’électrargol, les badigeonnages de gaïacol, les phénomènes généraux (fièvre, accélération du pouls, état typhoïde) ne cessent de s'accentuer; des crises convulsives sont survenues à plusieurs reprises
(1) Nous remercions vivement les D's Darré et Dumas d'avoir bien voulu nous communiquer cette très intéressante observation.