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LA DÉVIATION DU COMPLÉMENT

Les travaux de Bordet et Gengou sur la déviation du complément avaient une portée générale. Des expériences capitales faites par ces auteurs devait, en effet, découler un procédé précieux pour le diagnostic des maladies infectieuses. C'est ainsi que cette méthode fut employée pour le diagnostic de la fièvre typhoïde (Widal et Le Sourd), de la dysenterie (Dopter), de la fièvre de Malte (Ch. Nicolle et Givre). Elle est utilisée aussi pour le diagnostic de la méningite cérébro-spinale et la différenciation des germes qui la causent.

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Voici la technique du procédé de déviation du complément, et nous donnons comme exemple celle que nous avons pratiquée dans le cas de notre observation de méningite (observation Had)

La réaction de Bordet-Gengou comprend deux temps :

1° L'antigène et l'anticorps sont mis en présence du complément. Il y a fixation du complément.

Antigène —- anticorps + complément — Fixation du complément.

2 Il faut, dans un deuxième temps, mettre en évidence cette fixation du complément. Pour cela, on ajoute des globules rouges sensibilisés qui, dans le cas de réaction positive, ne doivent pas shémolyser.

Car s’il n’y a pas eu fixation du complément :

Complément libre globules sensibilisés — Hémolyse.

Mais si le complément est fixé, pas d’hémolyse.

Nous employons comme :

1° Antigène : Comme antigène nous avons pris une émulsion bactérienne dans l’eau physiologique stérile. Cette émulsion était franchement trouble.

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2° Anticorps : Constitué par du sérum de lapin immunisé, chauffé trente minutes à 56 degrés.

3° Complément : C’est du sérum de cobaye prélevé aseptiquement.

4° Globules rouges sensibilisés : Mélange de globules rouges de mouton en suspension dans l’eau physiologique avec leur antisérum.

a) Globules rouges : On recueille aseptiquement du sang de la veine jugulaire du mouton; on le défibrine; on centrifuge; on lave deux fois à l'eau physiologique, puis on rétablit le volume primiif. On emploie celte émulsion globulaire diluée à 5 p.100.

b) Le sérum hémolytique : Pour le préparer, nous avons fait à un lapin quatre injections intrapéritonéales de 8 cent. cubes de globules de mouton. Après dix jours, nous avons saigné l'animal aseptiquement, et nous avons réparti dans des ampoules le sérum. Nous avons ensuite chauffé les ampoules contenant le sérum une demi-heure à 56 degrés.

Le titrage de ce sérum hémolytique nous a montré qu'à la dose de 0 cent, cube 1 d’une dilution au 1/20, en présence de complément préalablement dosé et de 1 cent. cube de globules rouges de mouton à 5 p. 100, l'hémolyse était totale en trente minutes à l’étuve.

Nons avons déterminé ensuite le pouvoir antialexique de l'antigène seul dont 1 cent. cube d'émulsion globulaire déviait le complément; et nous avons pris comme dose maxima d'antigène la moitié de la dose maxima n’empêchant pas l’hémolyse.

Mème titrage antialexique de l’anticorps.

Enfin, nous avons dosé le complément du sérum de cobaye en présence de globules rouges sensibilisés.

Quels résultats a donnés l'application de cette méthode ?

Elle a une grande valeur, puisqu'elle repose sur la mise en évidence d'anticorps spécifiques. C’est ainsi que la spécificité du méningocoque est établie d’une façon indiscutable. Dopter, opé-

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