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22 mai. — Etat paraissant sensiblement le même, le malade pourtant, malgré sa raideur, s’alimente; il y a toujours de la diarrhée, la tête est impossible à mobiliser sans arracher des cris au malade. Température, 37°4.
23 mai. — La raideur persiste toujours, la tête est toujours aussi renversée en arrière, l'enfant paraît complètement inconscient, on a beaucoup de mal à l’alimenter.
24 mai. — Température, 37°6. L'enfant paraît être dans le coma, mouvements incoordonnés des membres supérieurs. Ponction lombaire. Liquide trouble, albumineux.
Polynucléose abondante.
Quelques microbes sur les lames.
On refait une injection de 10 cent. cubes de sérum A. M.
Mort. Température, 39°4.
L'autopsie révèle la présence d’exsudats purulents donnant bien l'aspect de méningite à méningocoque.
Le liquide de ponction lombaire porté à M. Dopter a permis d'idenhifier un paraméningocoque.
OBs. 2. — Observation de méningite à paraméningocoque chez un nourrisson, présentée par MM. P. MENETRIER et P. BRopin, à la
Suciété médicale des Hôpitaux, le 7 juin 1912.
W... (Raymonde), six mois et demi, est amenée à l'hôpital Tenon, salle Valleix, le 13 octobre 1910, pour des convulsions accompagnées de vomissements.
Le début de la maladie remonte à la fin de septembre.
Le 29 septembre au matin, la mère s'aperçoit que tout le corps de l'enfant est couvert de petites taches rouges qui bientôt se réunissent et confluent, sans cependant intéresser la face. En même temps existe un malaise général; l'enfant, jusque-là toujours très bien portante, pleure au moindre contact.
L'éruption dure deux jours et demi, puis disparaît, mais l'enfant reste mal en train. Ils’agissait sans doute d’un rash rubéolique.
Le 7 octobre, elle a un vomissement bilieux; le 9, elle présente à plusieurs reprises des convulsions localisées au côté droit avecrotation des yeux du même côté. Les jours suivants, ces convulsions se reproduisent, des vomissements surviennent après chaque tétée et, en présence de la répétition de ces symptômes alarmants, la mère l'amène à l'hôpital le 13 octobre.
À l'examen, ce qui frappe immédiatement, c'est l'abattement de l'enfant, abattement qui contraste avec l'aspect général robuste et
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vigoureux : le regard est vague, sans expression, les membres inertes, la tête retombe en arrière.
La température est de 38°2, les différents organes paraissent normaux, l'appétit est conservé; l'enfant, élevée au sein, boit régulièrement, gloutonnement. Les signes méningés sont minimes; il n'existe pas de Kernig, pas de raideur de la nuque, mais seulement une distension marquée des fontanelles. Les vomissements ont cessé, mais dans l'après-midi surviennent de nouvelles convulsions; une ponction lombaire est pratiquée.
Elle donne un liquide hypertendu, albumineux, renfermant de nombreux diplocoques et, dès le lendemain, on institue un traitement par le sérum antiméningococcique de l'Institut Pasteur.
Après évacuation d’une quantité correspondante de liquide céphalorachidien, on injecte :
10 cent. cubes le 15, 10 cent. cubes le 16; le 17, 10 cent. cubes; 5 cent. cubes, le 20; 10 cent. cubes le 24.
L'état, au lieu de s'améliorer, s'aggrave.
Les signes méningés s’accentuent; la distension des fontanelles, les convulsions, les vomissements persistent et, en outre, apparaissent du Kernig et de la raideur de la nuque.
L'étude de la courbe thermique et les résultats fournis par la ponction lombaire montrent en outre l'inefficacité absolue du sérum employé. |
Après chaque injection, la température, loin de s’abaisser, s'élève, et cette élévation persiste encore pendant plusieurs heures, ainsi qu'en témoigne la courbe prise toutes les trois heures; il ne s’agit donc pas là d'une simple hyperthermie vespérale, mais bien d’une hyperthermie provoquée, et l'abaissement de la courbe après la suppression du traitement est venue confirmer cette interprétation.
Le culot provenant de chaque ponction lombaire montre un très grand nombre de microbes, tant intra qu'extracellulaires ; ce nombre reste toujours aussi considérable et sensiblement le même qu'à la première ponction; le sérum est donc sans action sur les éléments microbiens.
Devant l’insuccès de la sérothérapie, les injections de sérum sont abandonnées; la malade est traitée par des bains chauds toutes les trois heures et des ponctions décompressives. |
La température, qui, pendant l'emploi du sérum, avait atteint el dépassé 40, retombe alors et se maintient entre 38 et 39 degrés.
Le tableau clinique se complète. Aux symptômes antérieurement constatés, s'ajoutent des troubles respiratoires et des troubles oculaires.
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L'enfant est pâle, abattue, s’alimentant difficilement, ne réagissant que faiblement aux excitations; de temps à autre reparaissent les vomissements et les convulsions; celles-ci ne sont plus seulemert limitées au côté droit et consistent maintenant en contractions toniques plutôt que cloniques.
La respiration est rapide, pénible, irrégulière, avec pauses de durée variable; le pouls est irrégulier.
On note de l'irrégularité pupillaire, du strabisme convergent, du ptosis de la paupière gauche. Les selles sont diarrhéiques et verdâtres.
L'état reste ainsi stationnaire, avec alternatives d'amélioration et d’aggravation, jusqu'à la fin d'octobre.
A partir de cette époque, rapidement les symptômes s’amendent : la température redevient normale, les convulsions et les vomissements cessent, le strabisme et l'inégalité pupillaire disparaissent, la respiration redevient régulière ainsi que le pouls; l’entant recommence à prendre le sein.
La mère s'aperçoit alors que sa petite fille a perdu la vue.
Un examen méthodique montre une cécité en apparence complète.
Pendant toute la durée de novembre, l'amélioration persiste; la guérison paraît assurée, lorsque, brusquement, sans cause, le 29, à 3 heures de l'après-midi, l’enfant est reprise de convulsions.
Les convulsions siègent surtout dans la face. et les membres supérieurs ; elles sont violentes, extrêmement fréquentes, s’accompagnent de cris au moment des paroxysmes.
La température s'élève rapidement et atteint 41; la respiration s’accélère, le facies s’altère, Les yeux s’excavent, du nystagmus apparaît, la mort survient le lendemain, 30 novembre, à 8 heures du soir.
Opposition à l'autopsie.
Une série de ponctions lombaires ont été pratiquées pendant l’évolution de la maladie.
Au début, le liquide était clair, hypertendu, albumineux.
Le culot renfermait peu d'éléments constitués surtout par des polynucléaires altérés, mais un très grand nombre de microbes, en diplocoques pour la plupart, quelques-uns en tétrades; un petit nombre intracellulaires, la plupart libres.
Les jours suivants, le liquide est devenu légèrement jaunâtre, mais n’a jamais été franchement purulent.
Le culot plus abondant renfermait des éléments en beaucoup plus grand nombre, la plupart altérés et à forte prédominance polynucléaire; les microbes étaient toujours en grand nombre.
A partir de la sédation des symptômes cliniques, le culotest devenu