‹ MéningitesChapitre 43 sur 58 · ES · texte numérisé non relu

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fréquence des rechutes au cours de la méningite cérébro-spinale.

La réaction rachidienne a été celle que l’on observe en règle générale : liquide clair au début, puis légèrement trouble, avec polynucléose au début, lymphocytose à la fin.

Ons. 3. — Observation de méningite cérébro-spinale à paraméningocoque, présentée par MM. Wipaz et WEISsENBACH, à l’Académie de médecine (séance du 23 juillet 1912).

Louise V..., couturière, âgée de quarante-deux ans, entre à l'hôpital Cochin dans la nuit du 14 au 15 juin 1912, parce qu’elle souffre de maux de tête violents, de courbature et de fièvre, le tout ayant débuté depuis une semaine.

Jusqu'au jeudi 7 juin, elle n'avait encore accusé aucun malaise, elle n'avait souffert ni d’angine, ni de coryza. Dans la nuit du 7 au 8, elle est réveillée brusquement par des maux de tête qui diminuent d’ailleurs d'intensité dans la journée ; elle ne peut aller à son travail. Le lendemain, elle se sent fatiguée, elle souffre d’élancements dans les jambes, mais les maux de tête sont moins violents. Le dimanche 9 juin, vers quatre ou cinq heures du matin, les maux de têle réapparaissent plus violents, les douleurs dans les jambes s'exaspèrent et la malade s'aperçoit qu’elle a de la peine à mobiliser ses membres inférieurs ; tout mouvement provoque de vives douleurs dans les articulations. Elle a des frissons, elle ne présente ni vomissements, ni nausées ; elle est constipée. Dans les jours qui suivent, l’état s'aggrave, la malade ne peut fléchir la tête sans éprouver de très violentes douleurs de la nuque, la céphalée persiste avec maximum au niveau de la nuque et du front ; la malade se décide à entrer à l'hôpital.

Le 45 juin, nous nous trouvons en présence d’une malade couchée en chien de fusil, la tête en extension, et l’idée de méningite vient immédiatement à l’esprit. Les contractures sont intenses: raideur de la nuque, colonne vertébrale figée avec contracture des muscles des gouttières, flexion des jambes sur les cuisses, et des cuisses sur le bassin. Il est impossible de fléchir la tête en avant et toute tentative provoque une vive douleur. Le signe de Kernig est des plus nets : on note de même l'existence des signes de Brudzinski, signe de la nuque et réflexe centro-latéral.

Le ventre est légèrement rétracté.

Les réflexes rotuliens et achilléens sont exagérés ; il n’y à pas de signe de Babinski. La mobilisation est douloureuse, mais il n’existe pas sur les téguments de zone d’anesthésie ou d’hyperesthésie. Raïie vaso-motrice nette. Aucun trouble des réservoirs.

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La céphalalgie est intense, continue, elle siège au front et à la nuque. Par contre, il n'existe aucun signe psychique, ni torpeur, ni excitation; la malade, très lucide, répond parfaitement aux questions et donne des détails précis sur le début de l'affection. Le visage est animé, les pommettes colorées; sur la lèvre inférieure et sur l'aile du nez à gauche siègent deux bouquets de petites vésicules d’herpès apparues la veille. Il n'existe aucune autre éruption sur les téguments. Rien du côté des yeux, pas de strabisme, pas de diplopie, réflexes normaux.

L'examen des différents viscères apporte peu de renseignements intéressants : la langue est saburrale, il n'existe ni nausées ni vomissements, la constipation est opiniâtre depuis trois jours. On ne note ni dyspnée ni troubles respiratoires, l’auscultation des poumons est négative. Au cœur, les bruits sont normaux. Le foie et la rate ne sont pas augmentés de volume.

La température est à 39°7; le pouls ample, bien frappé, sans irrégularités, bat à 120 degrés. Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine.

En présence des symptômes constatés : céphalée intense, raideur de la nuque, contractures, signe de Kernig, fièvre élevée ; en l'absence de tout symptôme du côté des oreilles, de tout traumatisme antérieur, du début brusque, nous pensons à une méningite aiguë et pratiquons la ponction lombaire.

Rien d'ailleurs à signaler dans les antécédents de la malade, elle a toujours été bien portante, elle est mariée et a deux enfants.

Personne dans son entourage n’a présenté avant elle de symptômes analogues. Toute enquête touchant la contagion possible est restée négative.

PONCTION LOMBAIRE. — 20 cent. cubes de liquide très trouble, coule en jet. Après centrifugation, culot purulent jaune verdâtre abondant. Le liquide centrifugé présente par la chaleur un louche d’albumine.

Cytologie. — Le culot étalé se montre exclusivement formé de polynucléaires altérés.

Sur les lames colorées au bleu de toluidine, on trouve des diplocoques en grains de café, toujours intracellulaires, réunis le plus souvent par groupe de six où huit, parfois en tétrades : ils sont peu abondants, un polynucléaire sur 300 en moyenne en contient. Ils sont décolorés par la méthode de Gram.

Le pus ensemencé sur gélose-ascite a donné en vingt-quatre heures des colonies typiques, exclusivement formées de diplocoques en grains

de café, parfois en tétrades, de dimensions inégales, ne prenant pas le Gram.

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Hémocullure. — 250 cent. cubes d'eau peptonée ensemencés avec 20 cent. cubes de sang sont restés stériles.

Devant les résultats de la ponction lombaire, nous faisons immédiatement une injection intrarachidienne de #0 cent. cubes de sérum antiméningococcique, après avoir soustrait 40 cent. cubes de liquide céphalorachidien.

16 juin. — L'état général est sensiblement le même, la température a baissé à 38 degrés, le pouls bat à 110 ; mais la raideur‘de la nuque, les contractures, le signe de Kernig persistent. La céphalée à un peu diminué.

PONCTION LOMBAIRE. — 40 cent. cubes de liquide hypertendu, mais purulence moindre ; le culot est moins abondant. Cytologie : polynucléose, quelques lymphocytes. Les microbes paraissent plus nombreux dans les préparations.

17 juin. — La température est remontée la veille au soir à 40 degrés. Les signes méningés n’ont pas rétrocédé. La céphalée seule est moins vive.

Nous décidons de faire une nouvelle injection: 30 cent. cubes de sérum antiméningococcique intrarachidien.

PONCTION LOMBAIRE. — 30 cent. cubes de liquide hypertendu présentant le même aspect louche que la veille. Cytologie: polynucléaires altérés prédominants, quelques lymphocytes. On trouve encore de nombreux diplocoques intracellulaires.

L'ensemencement du culot sur gélose-ascite donne des colonies typiques comme à la première ponction.

18 juin. — Mème état. La céphalée est plus intense.

PoNGTION LOMBAIRE. — 30 cent. cubes de liquide hypertendu, opalescent. Cytologie : polynucléaires, peu de lymphocytes. Nombreux diplocoques intracellulaires. Les cultures sur gélose-ascite restent négatives.

19 juin. — Peu d'amélioration : la malade mobilise un peu mieux Ja tête, mais tous les autres signes méningés persistent. Toutefois la température est à 38°4. Nous décidons de faire une nouvelle injection : 40 cent. cubes de sérum antiméningococcique.

PONCTION LOMBAIRE. — 40 cent. cubes de liquide opalescent. Cytologie: polynucléaires altérés, assez nombreux lymphocytes. On constate sur les frottis la présence de méningocoques, mais moins nombreux qu'aux examens précédents. Les ensemencements sur gélose-ascite restent stériles.

20 juin. — La céphalée est un peu moins vive, la malade souffre surtout des reins ; le Kernig, la raideur rachidienne persistent toujours aussi intenses.

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21 juin. — Même état.

PONGTION LOMBAIRE. — 25 cent. cubes de liquide opalescent. Cytologie : polynucléaires altérés prédominnant, mais nombreux lymphocytes. Pas de microbes.

Cultures négatives.

Hémoculture négative.

22 juin. — L'état reste stationnaire. Les signes méningés persistent : les douleurs rachidiennes semblent plus vives. Dans la nuit, la malade a eu deux vomissements.

Nous décidons de faire une injection de sérum antiparaméningococcique : 40 cent. cubes intrarachidiens.

PONCTION LOMBAIRE. — A0 cent. cubes de liquide présentant les mêmes caractères que la ponction précédente.

23 juin. — Légère amélioration sur l’état de la veille. Pas de vomis-

sements, la céphalée est moins vive. La raideur de la nuque, le Kernig ne sont pas modifiés.

24 juin. — Amélioration nette de l’élat général, la malade a dormi. Température à 38 degrés. Sur la face externe de la cuisse gauche, sur le tronc prédominant à gauche, larges placards d’érythème ortié, très prurigineux.

PONCTION LOMBAIRE. — 30 cent. cubes de liquide légèrement opale: contenu jaunâtre. Cytologie: lymphocytose presque pure, quelques polynucléaires. Pas de microbes.

27 juin. — L'érythème a disparu. La malade souffre à nouveau de céphalée violente, à prédominance frontale. Insomnie.

La raideur de la nuque, le signe de Kernig sont exagérés. De plus, la malade ressent une grande lassitude.

POoNCTION LOMBAIRE. — 20 cent. cubes de liquide hypertendu, louche comme à la première ponction, culot abondant après centrifugation. Albumine fortement augmentée. Cytologie : Polynucléose pure. Diplocoques intracellulaires, ne prenant pas le Gram. Cultures négatives.

28 juin. — L'état s'est nettement aggravé; la température est à 398, le pouls à 118, mais bien frappé, sans arythmie. La malade a été tenue éveillée presque toute la nuit par une céphalée intense. La raideur de la nuque, la contracture abdominale, la raideur rachidienne et le Kernig sont aussi intenses qu’au premier jour; réflexes rotulien et achilléen exagérés: pas de signe de Babinski. Aucun symptôme oculaire, réflexes normaux. Intelligence intacte. La malade présente une dyspnée du type Scheyne-Stockes des plus nettes.

PONCTION LOMBAIRE. — Liquide hypertendu, très louche; après centrifugation, culot abondant jaune. Albumine fortement augmentée.

Cytologie. — Polynucléaires altérés, sans lymphocytes. Dans les

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