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TOURS

Cystologie. — Lymphocytose pure (trente à quarante éléments par champ microscopique). Pas de microbes.

NOTE BACTÉRIOLOGIQUE REMISE PAR M. DOPTER.

Fermentations sucrées. — Le germe dont la culture m'a été confiée présente les mêmes réactions sucrées que le méningocoque : sans action sur la lévulose, il fait fermenter glucose et maltose.

Recherches d'agglutination. — 1° Le germe est agglutiné très fortetement à 1.p. 100 par le sérum antiparaméningococcique. L'agglutination est nulle avec le sérum antiméningococcique.

2 Le sérum de la malade n'agglutine ni le méningocoque, ni les divers échantillons de paraméningocoques conservés au laboratoire, ni le germe qui l’a infecté.

Réaction de fixation. — Le sérum de la malade (6 juillet) est mis en présence d’une émulsion de méningocoque de paraméningocoque et de son germe infectant. La réaction de fixation est négative avec le méningocoque, positive avec le paraméningocoque et son propre germe.

Conclusion. — Le microbe étudié est bien un paraméningocoque.

En résumé, la malade dont nous rapportons l'histoire a été prise brusquement, sept jours avant son entrée dans le service de céphalée, de crampes dans les membres inférieurs, de constipation et de fièvre. Quand nous la voyons pour la première fois, le diagnostic clinique de méningite aiguë s'impose : la céphalalgie, la constipation des contractures intenses, raideur rachidienne, raideur de la nuque, signe de Kernig, la température élevée à 40 degrés, l'herpès, en sont les principaux symptômes; par contre, l'intelligence est intacte, il n'existe aucun phénomène cérébral autre que la céphalalgie. En l'absence de toute cause évidente, traumatisme ou otite, en raison aussi de la brusquerie du début, c’est à la méningite cérébro-spinale que nous pènsons. Une ponction lombaire confirme ce diagnostic : le liquide retiré est trouble, hypertendu, riche en albumine ; les éléments cytologiques sont exclusivement représentés par des polynueléaires altérés. Enfin, on trouve sur les frottis des diplocoques en grains de café, ne prenant pas le Gram, toujours intracellulaires, peu nombreux ayant en un mot tous les caractères des méningocoques.

Nous faisons immédiatement une injection intrarachidienne de 40 cent. cubes de sérum antiméningococcique.

Contrairement à notre attente, l’état général et les réactions méningées ne s'amendent pas; aussi pratiquons-nous à nouveau à deux

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jours d'intervalle, deux nouvelles injections de 30 et 40 cent. cubes de sérum anliméningococcique.

Ces deux nouvelles injections restent également sans effet : la Lempéralure oscille toujours autour de 38 degrés; la céphalée est un peu moins vive, mais la rachialgie, la raideur de la nuque, le Kernig sont aussi intenses; le liquide céphalo-rachidien, moins trouble, contient des polynucléaires, quelques lymphocytes; les méningocoques paraissent plus rares. à

Devant l'évidente inefficacité de la sérothérapie antiméningococcique, faite pourtant à doses élevées, dans une forme de gravilé moyenne, nous envisageons l'hypothèse d'une méningite à paraméningocoques, el nous demandons à M. Dopter l'identification exacte du microbe isolé.

Avant même d'avoir reçu sa réponse, nous pratiquons le 22 juin une première injection intrarachidienne de 40 cent. cubes de sérum antiméningococcique. L'amélioration est surtout sensible le surlendemain : la ponction lombaire ramène un liquide à peine opalescent, contenant de nombreux lymphocytes et quelques polynucléaires. Les méningocoques cette fois ont disparu.

Il s'agissait bien de paraméningocoques, comme nous l'apprend M. Dopter, qui n’a pas constaté d’agglutination de ces germes par le sérum antiméningococcique.

Le 27 juin, l’état s'aggrave à nouveau : la céphalée, la rachialgie, le Kernig s'exagèrent. Le lendemain, outre ces symptômes, on note de la dyspnée du type Scheyne-Stockes; la température s'élève à 39°8. Le liquide céphalo-rachidien est louche, le culot exclusivement formé de polynucléaires altérés, les méningocoques sont aussi nombreux qu'au premier examen.

Nous pratiquons le 28 et le 29 deux nouvelles injections de 40 cent. cubes de sérum antiméningococcique.

L'action du sérum sur cette rechute est immédiate et complète. La température tombe en moins de quarante-huit heures à 36°7; l'état général se relève immédiatement, la céphalée disparaît, l'appétit renait. La raideur de la nuque, le signe de Kernig s’effacent, mais plus lentement. Les caractères du liquide céphalo-rachidien se modifient eux aussi très rapidement : les méningocoques ont complètement disparu le 29 juin, la lymphocytose remplace la polynucléose dès le 4° juillet; le 6 juillet, le liquide est clair, eau de roche, sans culot visible, avec réaction lymphocytaire pure.

Le 12 juillet, la malade était complètement guérie; c'est à peine s’il persistait un léger degré de raideur dans les mouvements d'extension du membre inférieur.

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