ANATOMIE PATHOLOGIQUE
L’anatomie pathologique de la méningite cérébrospinale suppurée au cours de la puerpéralité, nous montre des lésions identiques à celles laissées par les méningites en dehors de cet état.
Ainsi, dans les observations I, XII, XVI, nous remarquons de simples traînées leucocytaires le long des vaisseaux et dans les replis que forme la piemère entre les circonvolutions, la pie-mère étant fortement injectée. Parfois on trouve des plaques concrètes, blanchâtres ou jaunâtres plus ou moins étendues, s’enlevant facilement (Obs. IV, XV.). Quelfois le pus est abondant et entoure complètement ie cerveau, baignant sa convexité et sa base (obs. IE, V, VI, VII, XI), plus rarement sa base seule (obs. Il, XIV, XVII, ou sa convexité seule (obs. IX). Enfin, dans l'observation V, nous trouvons de véritables productions pseudo-membraneuses.
Le processus inflammatoire est étendu aux méninges rachidiennes (obs. II, VII, XTU).
Dans les observations Il et XI les ventricules latéraux renferment du pus franc ; dans les observations IV et VIT le liquide est séro-purulent. Le quatrième ventricule contient du pus crémeux
(obs. IT).
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Le liquide céphalo-rachidien est franchement purulent dans lès cas des observations XVI et XVII. Dans ce dernier cas, le liquide par simple repos, laisse un dépôt de 1 centimètre dans le tube. Dans les observations IX, XI, XIII, le liquide est simplement louche.
Dans le cas de l’observation XVI, MM. Chirié et Gaillard ont trouvé trois foyers de ramollissement cérébral attribués par eux à de l’artérite infectieuse.
Dans les cas de méningite secondaire les lésions
des autres organes sont les lésions ordinaires de pneumonie (obs. XIV et XV), de pleurésie (obs. XI). Dans les autres cas on n’a pas trouvé de lésions viscérales.
La malade de l'observation XIV présentait une ancienne cicatrice déprimée du diamètre d’une pièce | de, 2 francs, résultant d’une ancienne fracture du crâne, il y avait perte de substance de l'os et adhérence de la cicatrice au cerveau. On peut se demander s’il n’y avait pas là une cause pouvant favoriser la localisation dela méningite. |
Ce court exposé nous montre que ce sont là les lésions banales de méningite cérébro-spinale suppurée.
SYMPTOMATOLOGIE
La marche clinique de la méningite est le plus souvent atypique, et cette irrégularité a été la cause des hésitations et des erreurs de diagnostic.
Le symptôme qui apparait le premier et qui domine ensuite le tableau clinique de la maladie est la céphalée. La malade se plaint d’abord de légers maux de tête, puis la céphalée devient violente, généralisée, fatiguant beaucoup la malade par sa persistance. La douleur augmente progressivement, régulièrement et sans rémission, comme sans crises gravatives.
Les convulsions ont été signalées dans la moitié des cas, mais leur localisation est variable. Une seule fois(obs. 6), elles étaient généralisées etaccompagnées d'émissions involontaires d'urine. Dans les observations I et IX nous trouvons des convulsions peu étendues et de courte durée. Deux fois elles étaient localisées aux membres (obs. XI, XV). MM. Chirié et Gaillard ont signalé (obs. XVI) des secousses convulsives du bras droit de courte durée avec des secousses brusques de latéralité de la tête. Enfin une fois (obs. VII) elles ont été localisées à la
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face. Cette dernière localisation est rare, les convulsions se rencontrent le plus souvent aux membres et sont irrégulières dans leur date d’apparition et leur durée.
Le délire est noté moins fréquemment. Tranquille dans l'observation IV le délire est furieux dans tous les autres cas. Les malades, extrêmement agitées, ont souvent des hallucinations, se débattent, cher” chent à mordre, et sont maintenues avec peine dans leur lit (obs. VII).
Le coma est presque aussi fréquent que la céphalée, nous le relevons dans 10 de nos observations. Ce fut toujours un coma terminal. Souvent il apparut de bonne heure, dans les formes rapides, suivant de très près la céphalée. Ce coma fut le plus souvent complet.
Assez souvent les troubles pupillaires furent notés : 2 fois nous trouvons de l’immobilité des pupilles (obs. XV et XVII), 3 fois de l'inégalité (obs. I, XI, XV), 1 fois du myosis (obs. XVII). Plus souvent on a observé de la mydriase (obs. I, VII, X, XI, XIV, XVI).
Nous venons d'étudier les symptômes cardinaux, abordons maintenant les symptômes accessoires.
La raideur de la nuque est fréquente, 4 fois elle fut complète (obs. I, VII, X, XIII, XIV), 1 fois légère (obs. IX). La raie méningitique fut très nette dans les observations XIV et XV. Un symptôme aussi fréquent que la céphalée et qui la précéda une fois (obs. XVII) c'est le vomissement. D’abord ali-
= 49 — mentaire, il devient ensuite bilieux, survenant sans cause apparente, le plus souvent sans effort. Nous relevons ce symptôme 7 fois dans nos observations (obs. I, II, III, V, VII, XV, XVII). La constipation a été signalée 2 fois seulement (obs. III et XV).
Rarement on a noté des contractures. Cependant dans l'observation II] la malade étaiten opistothonos. La contracture avait envahi les membres supérieurs chez la malade de l'observation X. La malade de l’observation I présentait une légère contracture de tous les membres. La position en chien de fusil a été signalée une fois (obs. I). Une fois on a rencontré du strabisme.
La fièvre a été un phénomène constant parfois peu considérable (temp. 385), elle oscille en général autour de 4o degrés, présentant du reste dans sa marche d’assez grandes variations, descendant par moment à la normale (obs. XV) parfois au-dessous (obs. XVII) pour remonter le soir à 40 degrés.
Le pouls est au début en rapport avec la température mais à mesure que la maladie fait des progrès il y a dissociation. Il devient très rapide : ainsi observation VI la température est à 38°2, le pouls à 140 ; observation VIIT la température est à 1 degrés, le pouls à 160 ; observation VII la température est à 38*4, le pouls à 180. L'étude de la tension artérielle est plus importante, celte tension est abaissée, Elle n’a été prise qu’une seule fois dans nos observations, elle
était de 14 centimètres de mercure.
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Les urines ne sont pas modifiées, et contiennent rarement des éléments pathologiques. Cependant l'observation V nous montre une grande quantité d’albumine. Dans les observations IT, IV, VI, VII on a trouvé un louche.
Partout ailleurs,les urines étaient normales, Signa- ‘lons enfin qu’à aucun moment leur quantité et leur aspect n’a varié.
L'hyperesthésie est signalée une fois (obs. XV), mais jamais on n’a trouvé d’anesthésie. Les cris hydrencéphaliques sont cités deux fois (obs. VII, XV).
Les réflexes patellaires sont le plus souvent normaux, cependant nous les trouvons abolis dans l'observation XVI, exagérés dans les observations XIV et XV:
Le Kernig positif et complet qui serait si utile à observer, n’a été signalé que dans les observations IT et XIII. Une fois il n’était même qu’ébauché (obs. XVII).
Un procédé clinique qui mérite d’attirer particulièrement notre attention, c’est la ponction lombaire.
Le liquide céphalo-rachidien sort avec pression et présente des altérations. 11 est d'aspect louche, souvent même franchement purulent. Enfin l’examen cytologique y décèle des leucocytes, parfois en grande quantité, et les micro-organismes, causes de l’infection.
La ponction lombaire a été pratiquée dans 8 cas (3 faits de Brindeau, 1 de Fabre, 1 de Chirié et Gaillard, 1 de Genairon et Favre, 1 de Widal et
Lemierre, 1 de Chirié). Dans un cas elle n’a donné aucun renseignement (obs. XIV).
Les résultats obtenus par Brindeau ont été les suivants : une fois le liquide était simplement troubie, une autre fois le liquide était louche ne renfermant que des leucocytes et des streptocoques.
Dans le troisième fait le liquide était louche, tournant à la purulence, légèrement ictérique et renfermant des leucocytes et des cocci qui étaient vraisemblablement du streptocoque. Dans ce dernier cas l'examen du liquide était suffisant pour affirmer le diagnostic de méningite suppurée.
Genairon et Favre ont retiré 12 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien légèrement louche, renfermant de nombreux polynucléaires et des diplocoques encapsulés. Chirié et Gaillard ont pu retirer 30 centimètres cubes de liquide opalescent, jaillissant avec force et renfermant en abondance des polynucléaires et des diplocoques intra-cellulaires. Widal et Lemierre ont retiré un liquide franchement purulent.
M. Chirié a retiré 30 centimètres cubes de liquide purulent verdâtre très fibrineux qui,par simple repos, laisse un culot de 1 centimètre, l'examen montra des leucocytes entièrement dégénérés et une grande quantité de diplocoques encapsulés, intra et extracellulaires prenant le Gram.
En somme, sauf dans le cas de Fabre où la ponction. fut négative, le liquide céphalo-rachidien a toujours présenté des altérations en rapport avec l’inflammation méningée.