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une crise uratique à la fin de l’accès, ce qui, avec les pigments biliaires, qui existent toujours, donne aux urines cette coloration brun noirâtre si fréquente dans cette maladie. Enfin l’albuminurie est la règle dans l’accès éclamptique : une urine renfermant peu ou même pas d’albumine avant la crise, en contient, lors de cette dernière,une quantité parfois très grande, et qui disparaît souvent brusquement après l'accès.
De plus, dans la méningite, on ne rencontre pas les œdèmes, inconstants d’ailleurs, ni la bouffissure de la face, signalés dans l’autre affection.
Le coma méningé n’est en somme que le symptôme terminal de la maladie ;'il est [la dernière manifestation d’une période de calme et de dépression,et précède en général la mort de quelques heures : il est habituel et presque toujours complet.
Le coma éclamptique,au contraire, succède immiédiatement à la crise ; il n’est pas rare de le voir céder dans les intervalles qui séparent les crises lorsque celles-ci ne sont pas trop rapprochées. Enfin il peut faire défaut.
On sera aidé, dans la différenciation, par une série de signes qu’il importe de rechercher sans toutefois leur accorder une trop grande valeur, car ils manquent souvent : ainsi la raideur de la nuque, existant sans autre contracture, la position en chien de fusil, les cris hydrencephaliques, lorsqu'ils existent, indiquent une lésion méningée.
Un observateur attentif égarera rarement son diagnostic ; cependant dans certains cas, le doute peut
persister après l'étude détaillée des symptômes : il faudra alors avoir recours à deux procédés qui permettent presque à eux seuls de faire le diagnostic différentiel : l'étude de la tension artérielle et l’examen du liquide retiré par ponction lombaire.
Il convient de noter tout d’abord que, d’après les recherches de M. Vaquez et Nobécourt, Queirel et Raynaud, Chirié (thèse inaugurale), la tension artérielle n’est pas modifiée du fait de la grossesse.
Les crises méningées s’accompagnent d’abaissement léger de la tension ; il est malheureux que dans les observations que nous avons citées, cette tension n’est été mesurée qu’une fois (obs. XVI) où elle fut de 14 centimètres de mercure.
Dans l’éclampsie, au contraire, nous voyons l’hypertension précéder la crise (M. Vaquez), atteindre une constante élevée, subir des oscillations en rapport avec les accès, puis redescendre lentement à la normale. L'absence d’hypertension permet, pres-
que à elle seule, de rejeter le diagnostic d’accès éclampsique.
M. Brindeau a justement insisté sur la haute valeur diagnostique présentée par l’examen du liquide céphalo-rachidien ; on doit toujours le pratiquer, car la ponction lombaire, faite avec asepsie et méthode, n'offre aucun danger :
Dans les méningites cérébro-spinales, le liquide jaillit avec une grande tension, il est louche, parfois trouble ou même franchement purulent : cependant M. Netter, en 1898, a fait remarquer qu'il peut être
tout à fait exceptionnellement clair et transparent. L'analyse peut y montrer une proportion d’albumine beaucoup plus forte qu’à l’état normal; il renferme toujours une quantité considérable de polynucléaires, et l'examen bactériologique y décèle la présence de micro-organismes pathogènes.
L'examen du liquide céphalo-rachidien a été aussi pratiqué dans l’éclampsie ; dans ce cas, il est hypertendu, absolument clair, transparent, parfois teinté en jaune par la dissolution de l’hémoglobine ; il est rarement sanglant macroscopiquement, comme le rapportent MM. Bar et Maygrier, mais il l’est toujours microscopiquement, ce qui esl dû & aux épistaxis méningées des hypertendus » (Vaquez).
Cependant, M. Villaret et Tixier rapportent (in Gazette des Hôpitaux, année 1905, n° 139) dans un cas qu'ils ont étiqueté éclampsie, des résultats de rachy-synthèse tels que nous avons tenu, étant donnée la rareté de leurs constatations, à rapporter leur
observation en entier :
La nommée Rosalie P..., est transportée d'urgence à l'hôpital Broussais, dans le service de notre maître M. le professeur Gilbert, salle Gübler, n° 5, le 11 décembre 1906. C’est une femme de vingt et un ans qui a été trouvée sans connaissance dans sa chambre, et présentait depuis plusieurs-jours des crises nerveuses, sur lesquelles nous pouvons obtenir quelques éclaircissements des voisins : la malade se mordait la langue, au niveau de laquelle nous constatons d’ailleurs
quelques cicatrices récentes, se blessait la tête, présentait de
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