‹ Méningites cérébrales et cérébro-spinales au cours de la puerpéralitéChapitre 27 sur 32 · OUT · texte numérisé non relu

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la cyanose, bref, semblait au premier abord avoir eu des attaques d'épilepsie, bien qu’elle n’écumät pas, qu’elle n’ait pas de signe de Babinski, et que les crises soient très longues et répétées. Nous apprenons de plus que, depuis un certain temps, la malade présentait des flots d’albumine dans les urines. ;

Nous assistons d'ailleurs bientôt à une de ces crises, qui ont un caractère épileptiforme avec trois périodes, clonique, tonique et coma. Nous constatons en même temps une grosse albuminurie. Les accès sont subintrants,et se continuent presque sans interruption. Devant cet état grave et la malade étant manifestement enceinte, nous la faisons passer le 12 décembre dans le service de chirurgie, où le soir même elle fait une fausse couche de six mois. A la suite de cet accident, le coma persiste toute la journée du lendemain, puis le sujet reprend ses esprits et peut nous donner quelques renseignements. Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires et personnels, sinon une scarlatine survenue à l’âge de treize ans, et un nervosisme assez marqué. Jamais la malade n’a eu auparavant de convulsions ou d'attaque de quelque nature que ce soit. En somme, nous portons le diagnostic qui s'impose de crises éclamptiques typiques, d'origine puerpérale.

L'examen systématique et détaillé de l'appareil nerveux, pratiqué à plusieurs reprises, ne nous révèle rien d'anormal. Les autres organes sont d’ailleurs absolument intacts. Pas d'hypertension artérielle, le pouls régulier, égal, bat à 84. Le foie et les fonctions hépatiques sont normaux à tous

égards ; rien à signaler à ce point de vue dans les urines.

Pas de polyurie, pas d'éléments anormaux dans les urines, en dehors de l’albumine.

13 décembre. — Au matin, une première ponction lombaire donne issue à un liquide grisätre, faisant issue avec une tension énorme, et dans lequel le culot de centrifugation est formé d’une véritable purée de polynucléaires, de quelques mononucléaires, et de quelques rares globules rouges, sans qu'il y ait d’albumine en quantité anormale dans le liquide. L'examen direct n’y révèle aucun microbe. A la suite de cette opération, survient une amélioration notable ; la malade commence à causer et l’albumine disparaît presque complètement des urines, sans qu'on puisse cependant, semble-t-il, attribuer ce phénomène à la rachicentèse.

14 décembre. — Une deuxième ponction lombaire laisse écouler un liquide claire sous une tension normale ; il contient une quantité sensible d'albumine, de nombreux globules rouges, des polynucléaires et surtout des monos ; le pourcentage est le suivant : 25 à 30 leucocytes par champ microscopique, dont trois mononucléaires petits et moyens pour un polynucléaire. La culture du culot sur bouillon ne donne rien au bout de quarante-huit heures. L’inoculation au cobaye et à la souris n'aboutit à aucun résultat; le cobaye est indemne un mois après ; quant à la souris, elle meurt au bout de six jours, mais sans que l’autopsie puisse révéler de lésion appréciable, et sans que l'examen bactériologique du sang de l'animal ne décèle de microbe.

16 décembre. — L’albumine reparaît en quantité notable dans les urines ; le soir survient une nouvelle crise d’éclampsie, suivie d’un état comateux qui exige une saignée de

500 grammes.

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17 décembre. — La malade est encore dans le coma. On lui fait une troisième ponction lombaire. Le liquide n’est pas en hypertension et sort goutte à goutte. IL y a, par contre, une grande quantité d’albumine : La cytologie révèle dans le culot des globules rouges, mais déjà moins nombreux, et une formule lymphocytaite prédominante, avec quelques polynucléaires (44 à 50 lymphocytes ou moyens mononucléaires, 3 à 4 polynucléaires par champ microscopique). A la suite de cette ponction l'amélioration se reproduit etse poursuit.

19 décembre. — Le sujet est en bon état. Il n’y a plus d’albumine dans les urines. Une quatrième ponction lombaire donne issue à quelques centimètres cubes d’un liquide dont l’albumine a presque disparu, et dont la réaction cellulaire s'est sensiblement atténuée ; il existe des globules rouges et des leucocytes appartenant presque exelusivement à la classe des lymphocytes.

21 décembre. — La malade, en excellent état, rentre en médecine, où nous la surveiïllons quelques jours, sans voir reparaître de phénomènes anormaux.

17 janvier. — Nous pratiquons une dernière ponction lombaire, avant que le sujet quitte l'hôpital. Le liquide très clair sort goutte à goutte, et on a de la peine à en recueillir quelques centimètres cubes dans lesquels la formule est redevenue presque normale ; il existe cependant encore un certain degré de Iymphocytose.

rer février. — Nouvelle crise semblable à la première, qui se répète ; il y avait de l’albumine dans les urines. Nous

n'avons pas d’autres renseignements sur ces accidents qui disparurent complètement à la fin de février.

Nous avons revu depuis la malade. Elle n’a plus souffert

jamais de semblables troubles.

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