XXXI AOUT
* Le trente-et-unième jour d'août, trente-troisième anniversaire de sa naissance, mourut à Munster en 1G76 le P. Josse Velïman, célèbre dans sa Province pour sa dévotion à la très sainte Vierge et aux âmes du purgatoire. Quand il était professeur au collège de Munster, c'est à la vie de l'auguste Mère de Dieu qu'il empruntait presque tous ses sujets de composition ; ses poésies, ses déclamations théâtrales avaient pareillement pour thème habituel les louanges de cette bonne Mère. Aussi ses élèves se faisaient-ils remarquer entre tous leurs condisciples par leur modestie et leur piété.
L'autre dévotion du P. Veltman était la dévotion aux âmes du purgatoire ; il l'avait également inspirée à ses écoliers; et ceux-ci, pour venir en aide à ces âmes souffrantes, faisaient la sainte communion tous les troisièmes dimanches du mois. Une mort prématurée emporta rapidement ce fidèle serviteur de Dieu. Quand il fut sur le point de rendre le dernier soupir, on lui présenta le crucifix. Il le contempla quelque temps avec amour ; puis baisant les mains du Sauveur : « Salut, dit-il, mains adorables et toujours bénies, que vous me frappiez ou que vous m'épargniez ». Il appli-
qua ensuite ses lèvres avec un grand sentiment d'humiirté et de confiance sur la plaie du côté, et peu après il expira.
Suminar. vitx defunctor. Profane. Rheni Infer. [Archiv. Rom.).
* Le trente-et-unième jour d'août de l'an 1709, mourut au collège de Vienne le Frère Coadjuteur AndeéPozzo, né à Trente en Tyrol, peintre et architecte célèbre. 11 avait d'abord fréquenté les classes du collège de la Compagnie dans sa ville natale ; mais son goût pour la peinture le fit bientôt renoncer à l'étude. A vingt-trois ans, obéissant à l'appel d'en haut, il alla frapper à la porte du noviciat de Milan, sans autre intention que de servir Notre-Seigneur dans les offices les plus humbles et de sauver son âme. Quand il eut terminé ses deux années d'épreuve, les supérieurs estimèrent qu'il était de la plus grande gloire de Dieu de seconder ses heureuses dispositions et ils lui ordonnèrent de reprendre ses pinceaux.
La première œuvre un peu considérable du F. Pozzo fut la décoration de la coupole de l'église de la Compagnie à Turin. Appelé ensuite à Rome pour s'y perfectionner à l'école des grands maîtres, il se vit, contre toute vraisemblance et contre toute raison, ce semble, appliqué pendant cinq mois aux plus durs et aux plus grossiers travaux de la cuisine. Les supérieurs voulaient ainsi l'établir solidement dans l'abnégation et le mépris de lui-même, et l'armer contre les tentations de l'orgueil et de l'ambition. Le bon