X SEPTEMBRE
* Le dixième jour de septembre de l'an 1679, mourut à Trêves le Frère Coadjuteur Jeax Bult, parfait modèle, dit l'auteur de sa notice, de charité, d'humilité, de modestie religieuse et de régularité dans les offices de linger et de manuducteur. 11 gardait avec un soin si jaloux la pureté de sa conscience, qu'il eût mieux aimé mourir, disait-il, et être précipité vivant dans les enfers, que de se rendre coupable du moindre péché véniel délibéré. A l'exemple de notre Bienheureux Père, il ne laissait passer aucune heure du jour sans soumettre toutes ses actions à un examen sévère.
Pour se rendre plus conforme à Jésus-Christ, il s'était engagé à supporter en silence et sans excuse toutes les injures et calomnies dont il pourrait être l'objet, et à recevoir joyeusement et sans tergiversation, comme de la main de Dieu, tout ce qu'il plairait aux supérieurs de lui ordonner. Le F. Bult s'endormit plein de confiance dans les mérites de son Sauveur et dans l'intercession de la Bienheureuse Vierge, en l'honneur de laquelle il avait coutume de jeûner tous les samedis. Il était âgé de quarante-neuf ans et en avait passé vingt-sept dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunct. Provinc. Rheni Iiifer. (Arc/uç. Rom,). A, G. I. — T. II. — 26.
* Le dixième jour de septembre de l'an 1759, mourut en Californie le P. Ferdinand Konsag, de la Province d'Autriche, né à Warasdin en Croatie. Dès l'âge de quinze ans, il s'était enrôlé sous la bannière de saint Ignace ; et à vingt-neuf ans, après les épreuves ordinaires du noviciat, de la régence et des études, il était arrivé dans la mission de Californie. Il fit d'abord l'apprentissage de son zèle dans plusieurs réductions ; il fut ensuite chargé de celle de saint Ignace et la gouverna jusqu'à la fin de sa vie, pendant vingt-deux ans. Il ne laissait pas de travailler au salut des infidèles ; et plus de six cents Indiens, convertis et baptisés par lui dans une terre située plus au nord, formèrent la réduction de Sainte-Gertrude. Plus d'une fois aussi, les supérieurs lui confièrent des missions importantes, qui l'obligèrent à de longs et pénibles voyages.
Il ne serait pas facile, écrit le P. Clavigero dans son Histoire de la Californie, de compter les milles que fit cet homme infatigable, soit qu'il se portât d'une extrémité à l'autre de sa vaste mission, soit qu'il entreprît des excursions lointaines au milieu des tribus idolâtres, ou qu'il allât à la découverte dans ces régions encore inexplorées en grande partie, et poussât ses reconnaissances jusqu'au fieuve du Colorado, soit enfin qu'il parcourût comme visiteur les différentes stations de missionnaires, échelonnées sur les côtes et dans l'intérieur de l'immense péninsule. Et ce qui redouble l'admiration, ajoute l'historien, c'est que le P. Konsag fît ces courses sans fin avec une santé toujours chancelante. Et cependant, comme si ce vaillant apôtre avait été insensible à la fatigue, on le voyait, dès que son escorte faisait halte pour prendre quel-
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que repos, se mettre à genoux et s'entretenir longuement avec Dieu, ne voulant point d'autre délassement. Aussi, dit en terminant le P. Clavigero, le P. Konsag a-t-il mérité, par ses vertus exemplaires et ses travaux apostoliques, que son nom soit rangé parmi ceux des hommes les plus illustres de la Californie. Il mourut à l'âge de cinquante-six ans, il en avait passé quarante-et-un dans la Compagnie et vingt-sept dans la mission.
Clwigero, Storia délia California, t. 2, p. 139 et pnssim. — Fluvia, Apostolicos Afanes... lib. 3, c. 9, 10, 11, p. 391 et suiv. — Sommekvogel, Biblioth., t. 4, p. 1191. — Stôger, Scriptor. Prov. Auslr., p. 193»