VIII JUILLET
Le huitième jour de juillet rappelle la mémoire des PP. Jean HôRL et ToBiE Eber, empoisonnés non loin de Breslau par un hôtelier luthérien, en haine de la foi catholique et de leur profession de jésuites, pendant qu'ils se rendaient ensemble de Breslau en Bohême. Tous deux étaient encore dans la fleur de l'âge ; le P. Hôrl n'avait que trente-huit ans, et le P. Eber trente-six. Celui-ci, soit qu'il fût de constitution plus robuste, soit qu'il eût absorbé moins de poison, languit jusqu'au huit juillet 1648, le P. Hôrl expira dès le treize janvier de l'année précédente.
Le P. Jean Hôrl avait la réputation de ne reculer devant aucune fatigue, aucune souffrance, aucun danger, quand il était question de pourvoir au salut d'une Time. Il déployait la même énergie dans la pratique de l'obéissance et de la mortification. Il avait un soin extrême de protéger l'innocence des petits enfants, et se plaisait à rendre aux malades, que leur conversion avait trop souvent réduits à la misère et à l'abandon, les services de la plus tendre et de la plus héroïque charité. Pour mieux assurer le succès de ses travaux, le P. Hôrl se plaçait sous la protection spéciale de la trèssainte Vierge, en l'honneur de laquelle il jeûnait tous les samedis.
Le P. ToBiE Eber montrait malgré sa jeunesse un rare talent
pour conduire les âmes à la perfection. La Reine des anges dont il dirigeait les congrégations avec autant de fruit que de zèle, semblait lui apprendre elle-même à se sanctifier et à faire des saints. Il se préparait avec ardeur aux dangereuses missions de la Saxe, par l'étude des sciences sacrées et profanes et par tous les exercices de la vie intérieure, lorsqu'il reçut la glorieuse couronne du martyre, presque au début de ses luttes contre l'hérésie. Il avait passé dix-neuf ans dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem.^ t. 5, lib. 5, n. 29, p. 354.
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