XIV SEPTEMBRE
Le quatorzième jour de septembre de l'an 1645, mourut à Klausenburg le P. Etiexxe Szini, hongrois. Après trois années de rudes travaux parmi les chrétiens esclaves des Turcs, Dieu lui ménagea, contre toute espérance humaine, la faveur d'un des plus ardents ennemis de l'Eglise, Bethlem-Gabor, qui lui permit de s'établir en Transylvanie; et pendant vingt-neuf ans, jusqu'à sa mort, le P. Szini fut à peu près l'unique défenseur de la foi dans ces contrées d'où tout autre jésuite était banni. Son dévouement, sa prudence et sa franchise, que les hérétiques eux-mêmes déclaraient au-dessus de tout soupçon, triomphaient des plus invincibles obstacles. Bethlem-Gabor se faisait souvent un jeu de confondre les ministres de sa secte, en opposant ù leur mollesse la dure et laborieuse vie de ce jésuite, missionnaire, catéchiste, maître d'école, et toujours prêt à se mettre en marche, malgré le poids des années, pour aller au loin sauver l'àme de quelque moribond.
Une des maximes du P. Szini, au milieu de tant de fatigues, était qu'un disciple de saint Ignace ne doit pas se traiter délicatement, s'il veut suivre Jésus-Christ et sauver des âmes. Quand il était accablé de fatigue, quelques regards jetés sur le crucifix, que lui avait donné le P. Aquaviva, lui rendaient force et courage. Bien
qu'il fût seul in. medio nationis pravn\ il faisait ses exercices spirituels et observait toutes ses règles avec une inviolable fidélité. Et comme quelques-uns s'étonnaient de le voir attentif, jusque dans les plus menus détails, à toutes les délicatesses de la pauvreté : « Ah ! répondait-il, c'est ce que j'ai appris à Rome pendant mon noviciat ».
Dieu l'avait revêtu d'une singulière puissance pour chasser les démons du corps des possédés, à la grande admiration du peuple, mais en même temps à la grande confusion des ministres hérétiques. Dès que le P. Szini eut rendu le dernier soupir, les habitants de Klausenburg accoururent pour vénérer son corps. « En vérité, disaient-ils, si tous les jésuites ressemblent à ce saint homme, on n'aurait pas dû les chasser de Transylvanie ». Le P. Szini mourut à l'âge de soixante-cinq ans, il en avait passé quarante-deux dans la Compagnie.
Nadasi, Annus (lier, memor.^ 14* sept., p. 165. — Patrignani, Menolog., 14 sett., p. 110.
* Le quatorzième jour de septembre de l'an 1724, mourut à Munich le P. François IIofer, tyrolien, religieux vénéré comme un saint par les Nôtres aussi bien que par les étrangers, et dont la mémoire, dit l'auteur de sa notice, mérite d'être conservée avec celle des grands hommes de la Compagnie. Les premiers mots qui sortaient de ses lèvres à son réveil, étaient ceux-ci : « Allons, mon âme, mourons à ramour-propre, et vivons uniquement à l'amour de Dieu ». Toute la vie du P. Hofer ne fut en effet qu'un perpétuel