XXII OCTOBRE. PP. KAUKAL ET RICHTER
la réconcilie avec l'Eglise et avec Dieu et recueille son dernier soupir. Mais dans cet exercice d'héroïque charité, il avait aspiré lui-même le fatal poison, et trois jours après il alla recevoir au ciel la récompense de son sacrifice.
Litlerse annuie Provinc. Austr., anno 1738 (Archiv. Rom.).
* Le vingt-deuxième jour d'octobre rappelle la mémoire des Pères Melchior Kaukal et Samuel Richter, morts l'un et l'autre à Briinn, au service des pestiférés, le premier en 1645, le second en 1648.
Le P. Melchior Kalkal, dès le début de sa vie religieuse, avait fait de si grands progrès dans la vertu et acquis une telle expérience des voies de Dieu, qu'il fut, avant même sa troisième probation, chargé de la formation spirituelle des novices. Et certes, disent les historiens, il pouvait leur servir de modèle, par son union avec Dieu, sa dévotion filiale à la très sainte Vierge, son obéissance d'enfant aux supérieurs, son ardeur joyeuse à rechercher et à remplir les emplois les plus humbles, son zèle apostolique. Atteint de la peste dans une des terres du collège, non loin de Briinn, pendant qu'il prodiguait ses soins aux pauvres gens de la campagne, il mourut sur un peu de paille, \lans une maison ruinée par les Suédois, ouverte à tous les vents, sans remède d'aucune sorte, mais plein d'une joie extraordinaire d'être ainsi privé de tous les secours et adoucissements qu'il aurait pu trouver auprès de ses frères. Il expira le sourire sur les lèvres, à l'âge de quarante ans, il en avait passé vingt-et-un dans la Compagnie.
Trois ans plus tard, le P. Samuel Richter succombait à son tour.
Il n'avait que trente-six ans, et en avait passé dix-huit sous l'étendard de saint Ignace. Trois mois entiers, il s'était dépensé avec une ardeur admirable au service des victimes du terrible fléau. Le dernier mois, comme s'il avait pressenti que son heure était proche, il se purifiait chaque jour de ses moindres fautes dans le sacrement de pénitence, et au saint Sacrifice prenait comme en viatique le corps du Seigneur. Le P. Richter était le soutien, la consolation des pauvres et de tous les malheureux. II s'appliquait à lui-même ces paroles du psaume : « Tibi derelictus est pauper, orphano tu eris adjutor ; Le pauvre vous a été confié, vous serez l'appui de l'orphelin » (Ps. 10. 14.). Un jour, il était revenu au collège brisé de fatigue et mourant de soif. Or, au moment où il allait prendre un verre d'eau, on l'appelle pour un malade. Il laisse aussitôt son verre sans même l'approcher de ses lèvres, et se met en chemin, consumé par une autre soif plus ardente qu'il a hâte d'étancher. Beau sacrifice en vérité, dit le P. Patrignani, et non moins admirable que celui du saint roi David refusant de boire l'eau que ses braves lui avaient apportée et l'offrant en sacrifice au Seigneur. (II Reg. 25. 16.)
P. Melchior Kaukal. — ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 5, lib. 4, n. 131, p. 200. — Alegambe, Heroes, p. 424. — Tanner, Societ. Jesu apostulor. imitatr., p. 727. — Patrignani, Menol., 22 ottob., p. 170.
P. Samuel Richter. — Schmidl, Op. cit. t. 5, lib. 5, n. 94, p. 481. — Alegambe, Op. c, p. 443. — Patrignani, Menol., 22 ottob., p. 171. — Na- DAsi, Afin. dier. ineinor., 22* octob., p. 238. — Drews, Fasti..., 22* octob., p. 413.